Andreas Ruhlmann

PREMIUM CLIENT MANAGER À IG BANK

Andreas Ruhlmann, diplômé de la John Molson School of Business à Montréal et détenteur du CAIA (Chartered Alternative Investment Analyst), a évolué plus de 10 ans au cœur des salles de marchés de Saxo Bank et de la Banque Nationale du Canada. Il rejoint IG Bank en février 2014 afin de mettre son expérience au profit des clients Premium de la banque.

Spécialiste du marché des devises, des actions et en analyse technique, Andreas développe également de nombreuses formations sur les stratégies de trading, l’analyse graphique, la gestion de risque et la psychologie du trader. Découvrez les formations sur ig.com

Les opinions exprimés dans ce Blog sont celles de Andreas Ruhlmann et non de son employeur.

La bourse américaine passe en phase baissière - à quoi s’attendre ?

La bourse américaine entre officiellement en phase de marché baissier avec une correction de plus 20% depuis ses sommets et rejoint donc l’Europe, la Chine et les pays émergents. Les dégâts psychologiques causé par ce genre de baisse ont tendance à durer, autant dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge.

Historiquement en moyenne les phases de marché baissières durent 13 mois, et cela prend 22 mois pour recouvrer les pertes.  Autant dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge.

Les indicateurs graphiques flashent « rouge » avec des mouvements significatifs et généralisées qui vont au-delà d’une correction saine.  Autant l’analyse des cours, la profondeur de marché ou encore les performances relatives entre secteur ; tous privilégient une continuation de la baisse.

Pourtant les stratégistes de Wall Street restent optimistes pour l’année 2019 en raison des fondamentaux encore solide. En effet, hormis un ralentissement notable de l’immobilier, la consommation, l’emploi ou encore les bénéfices des sociétés restent encourageants. Les indicateurs de récession tel que l’inversion de la courbe des taux américains envoient également des signaux « orange pas rouge » ; une récession étant peu probable avant 2020.

Number of major Wall Street strategists who think the S&P will fall next year:

Zero. pic.twitter.com/gpS3qX2ZiI

— Carl Quintanilla (@carlquintanilla) December 22, 2018

Toutefois dans le contexte macroéconomique actuel, les fondamentaux ont plus de chance de se détériorer que se s’améliorer :

1. Le resserrement monétaire : après des années d’injection de liquidité à taux bas, les banques centrales sont forcées de prendre le chemin inverse face à la dette publique et des entreprises atteignant des niveaux records. La Fed ne monte pas seulement ses taux, elle réduit également son bilan à hauteur d’environ $50 milliards par mois (le resserrement quantitatif). La BCE a mis un terme à son programme d’achat tandis que le Japon pourrait être la prochaine à suivre, ce qui contribuera à une réduction des liquidités à une échelle mondiale.

2. L’augmentation du coût de la dette :  les écarts de taux entre les obligations des entreprises américaines et les bons de trésors a fortement augmenté depuis le mois d’octobre, mais ils restent à des niveaux historiquement faibles. Le coût du crédit a de bonne chance de continuer à augmenter au vu du resserrement monétaire global qui, a moyen-long terme, impactera indubitablement les marges, l’investissement et la croissance.

3. Les résultats des entreprises ont connu une croissance hors norme en 2018, toutefois les effets de la reforme fiscale devrait s’estomper en 2019, tandis que l’impact des tensions commerciales commence à se faire sentir (ex : FedEx récemment).  La hausse du coût crédit fera également effet de vent contraire et pourrait faire surgir des premiers cas de d’insolvabilité.

    Bien que les banques centrales puissent ralentir le pas de la normalisation et qu’une résolution rapide des différents Sino/US pourrait soutenir le marché boursier, la confiance des investisseurs sera difficile à restaurer dans un contexte macro-économique de moins en moins favorable.

    En revenant au graphique du SP500, la configuration est passé baissière avec, entre autre, le franchissement du plus bas de février. L’indice a formé un plancher temporaire à 2340, avec un violent rebond comme c’est typiquement le cas durant les marchés baissier plus volatile. Survendu à court-terme, le SP500 a de bonne chance de prolonger son rebond, toutefois celui-ci devra faire face à une importante zone de résistance entre 2630 et 2815. Seul un franchissement de cette zone, au-dessus de 2815, invaliderait le scénario baissier. 

    Le marché peut évoluer de 3 manières : significativement à la hausse, significativement à la baisse ou horizontalement. Un retour à une tendance haussière en 2019, semble peu probable.

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