Andreas Ruhlmann

PREMIUM CLIENT MANAGER À IG BANK

Andreas Ruhlmann, diplômé de la John Molson School of Business à Montréal et détenteur du CAIA (Chartered Alternative Investment Analyst), a évolué plus de 10 ans au cœur des salles de marchés de Saxo Bank et de la Banque Nationale du Canada. Il rejoint IG Bank en février 2014 afin de mettre son expérience au profit des clients Premium de la banque.

Spécialiste du marché des devises, des actions et en analyse technique, Andreas développe également de nombreuses formations sur les stratégies de trading, l’analyse graphique, la gestion de risque et la psychologie du trader. Découvrez les formations sur ig.com

Les opinions exprimés dans ce Blog sont celles de Andreas Ruhlmann et non de son employeur.

Faut -t’il croire au rebond du marché boursier ?

Le marché boursier américain a fait volteface, grimpant de plus 15% en un peu plus d’un mois. Les actions étaient trop bon marché pour être ignorées, et la Fed a donné un joli coup de pouce, toutefois il convient de rester vigilent et de ne pas tomber dans la complaisance.

Techniquement l’indice américain du S&P 500 a brisé sa droite de tendance descendante et est passé au-dessus de sa moyenne mobile de 100 jours pour la 1ère fois depuis octobre. La hausse affiche des signes de robustesse avec une large participation à travers les secteurs et la volatilité (VIX) a atteint son plus bas niveau depuis 4 mois, signe de complaisance des investisseurs.

Le SP500 a maintenant retracé plus de 61,8% de la baisse enregistrée entre septembre et décembre, rendant plus probable un retour vers les sommets, toutefois ce ne sera pas sans obstacles.  L’indice doit encore franchir la moyenne mobile de prédilection de 200 jours à 2740$, puis le niveau de 2815$ sur lequel l’indice a butté à trois reprises entre octobre et décembre. C’est un peu les niveaux de dernière chance pour les « Bears ». Au-delà de ces niveaux, la voie est libre jusqu’au plus haut historique de 2942$.  En revanche, il faut prendre garde en cas de retour en-dessous de 2600$, qui raviverait les craintes des investisseurs. Le marché pourrait alors revisiter le bas de décembre.

Qu'est-ce qui a changé depuis décembre ?

  • La Fed : on est passé de 2 ou 3 hausses prévues à pratiquement zéro en 2019, puis d’une réduction du bilan en mode auto-pilote ($50Mrd / mois) à flexible.
  • La stabilisation du dollar ce qui atténue la pression sur les marchés émergents.
  • La BCE : pas de hausse de taux prévu avant 2020.
  • Les banques centrales majeures prévu de rester accommodante face à une inflation en berne.

Qu'est-ce qui n'a pas changé ?

  • L'Europe est toujours un frein : aucun signe de reprise rapide : les PMIs de janvier restent faibles, en particulier dans les grandes économies (l'Allemagne, l'Italie et la France). Le commerce extérieur doit encore se redresser.
  • En Chine, les données sont mitigées malgré les mesures de relance.
  • Le différend commercial entre la Chine et les États-Unis reste non résolu
  • Les dossiers sur le Brexit, en Italie ou encore au sein du gouvernement américain restent en suspens

Les actions étaient trop bon marché pour être ignorées, et la Fed a également donné un bon coup de pouce. Toutefois, les valorisations ne seront bientôt plus aussi peu chères (selon les données Refiniv,  le P/E moyen sur 1 an du SP500 est actuellement de 16x, par rapport à la moyenne de 5 ans d’env. 17x,), tandis qu’une Fed plus accommodante devrait être en grande partie reflétée dans les cours.  Pour un rallye boursier durable, les entreprises devront continuer à démontrer une croissance des bénéfices et des revenus.

Le positif

La pause de la normalisation des banques centrales, puis un dollar plus stable, devrait permettre aux marchés émergents de respirer. Ces derniers pourraient à leur tour aider la Chine et l'Europe. La macro américaine semble également plus robuste que ce que l'on craignait, comme l'illustrent les derniers chiffres de l’emploi. À l’avenir, les investisseurs examineront de près les données macros en signe de confirmation.

Le négatif

Les résultats du quatrième trimestre ont globalement sous-performé par rapport aux trois trimestres précédents, avec un ratio de bons/mauvais chiffres bien plus bas et un nombre important de révisions baissières pour 2019, en particulier dans les secteurs de la technologie, de l'industrie et de l’énergie. Les investisseurs seront beaucoup moins indulgents à l’avenir, alors que les valorisations approchent leur moyenne historique. Bien que les craintes de récession étaient manifestement exagérées, les faibles résultats des entreprises confirment un ralentissement de la croissance, et le stade avancé du cycle économique.

Ce qui pourrait faire pencher la balance

Le commerce international devient la plus grande source d’incertitude pour la croissance mondiale. Les tarifs ont visiblement pesé sur les résultats du 4e trimestre, toutefois cela a incité la Chine et les Etats-Unis à retourner à la table de négociation, et les espoirs d’une résolution ont augmenté. L’évolution des négociations aura un impact déterminant sur les marchés actions.

D’un point de vue technique la probabilité de revenir aux plus hauts de septembre a augmenté, toutefois il convient de rester vigilent et de ne pas tomber dans la complaisance. Après une forte chute de 20% ou plus, les marchés prennent typiquement plusieurs mois a consolider avant d’entamer une hausse durable.  L’économie mondiale est loin de s’effondrer, mais elle ralentie tout de même. Les points positifs doivent encore se matérialises et les entreprises devront faire bien mieux la prochaine fois, tandis que l’issue de la guerre commerciale reste un gros point d’interrogation.

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