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Journaliste

Amanda Castillo est journaliste indépendante. Licenciée en droit et titulaire d'un master en communication et médias, ses sujets de prédilection sont le management et le leadership. Elle est l'auteure d'un livre, 57 méditations pour réenchanter le monde du travail, qui questionne la position centrale du travail dans nos vies, le mythe du plein emploi, le salariat, et le top-down management.

Pour plus de vacances, suivez le rail

Les employés qui s’engagent à renoncer à l’avion pour leurs vacances bénéficient de davantage de congés

Les entreprises se disent de plus en plus concernées par la réduction de leur impact carbone. Pour limiter les émissions de CO2, certains employeurs proposent à leurs salariés de faire du télétravail plusieurs fois par semaine, étant précisé que le trafic routier représente à lui seul 30% de nos émissions. D’autres remboursent une partie de l’abonnement aux transports en commun.

Ces mesures, qui doivent être saluées, ne tiennent cependant pas compte du trafic aérien. Pour rappel, celui-ci est à l’origine de 10% des émissions de gaz à effet de
serre en Suisse, selon l’Office fédéral de l’environnement. En termes plus concrets, un vol transatlantique génère une quantité de CO2 qui équivaut presque à la moitié
de ce que produit en moyenne une personne pour pourvoir à ses besoins ordinaires en termes d’éclairage et de chauffage durant un an.

Sans surprise, prendre l’avion est devenu, pour de nombreux défenseurs de l’environnement, synonyme de crime contre la planète. Très médiatisé ces derniers mois, le flight shaming (la honte de prendre l’avion) a vu un nombre croissant de voyageurs privilégier les transports ferroviaires et maritimes. Problème, ces transports alternatifs sont très chronophages et coûteux. La journaliste Céline Brichet a ainsi calculé qu’il fallait une trentaine d’heures pour se rendre depuis la gare de Lausanne au centre d’Athènes – le voyageur doit sauter dans le train jusqu’à Ancône en Italie, puis prendre le ferry jusqu’à Patras, avant de rallier Athènes en bus – contre moins de 6 heures d’avion. Si l’on considère qu’en Suisse, le droit du travail prévoit 4 semaines de congé par an, difficile d’en vouloir aux salariés qui choisissent la solution la plus pratique et rapide.

Reste qu’effectuer des déplacements relativement courts en avion n’est pas anodin pour le climat. Un vol aller-retour à Athènes représente 700 kg de CO2. En choisissant le train et le ferry, l’empreinte carbone de ce voyage est divisée par cinq. Au Royaume-Uni, premier pays à avoir déclaré l’urgence climatique, Wholegrain Digital, qui développe des sites web, et la compagnie d’assurances Naturesave, ont trouvé une solution. Elles offrent des jours de congé supplémentaires à ceux qui se disent prêts à renoncer à l’avion pour leurs vacances. La mesure a rencontré un vif succès: un quart du personnel chez Naturesave opte pour des transports plus durables. Cette politique profite également à l’employeur. Selon Matthew Van Den Elst, directeur juridique de Naturesave, elle fidélise les employés et indique aux clients qui font attention à leur impact écologique que l’entreprise n’est pas schizophrène. Autrement dit, elle ne tente pas de se donner une dimension éthique et environnementale – ce que d’aucuns nomment le greenwashing – mais applique véritablement les principes et l’idéologie qu’elle prône.

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