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FONDATEUR DES EDITIONS ALPAGA

Editeur, journaliste indépendant et spécialiste en communication, Sébastien Ladermann est passionné de gastronomie et de voitures anciennes notamment. Deux thèmes qui l’inspirent au quotidien dans ses diverses activités, au point de nourrir une intense réflexion sur l’art de (bien) vivre et d'avoir consacré aux plus prestigieux chefs de cuisine lémaniques un ouvrage novateur (Portraits (intimistes) de chefs, paru aux Editions Alpaga) préfacé par F. Girardet, Ph. Rochat et G. Rabaey.

Alvis Graber Super Cabriolet - L’art suisse de la carrosserie

Il fut un temps pas si lointain où l’automobile se concevait d’un côté - châssis et moteur - et s’habillait de l’autre, chez de véritables «artisans-stylistes-couturiers» indépendants, comprenez des carrossiers de talent. Parmi eux un Suisse, Hermann Graber, dont la renommée dépassa largement les frontières étriquées d’un bien petit pays. Il collabora avec plusieurs constructeurs, parmi lesquels Alvis, firme établie en Angleterre, avec qui il allait développer une relation privilégiée. Voici comment naquit l’Alvis Graber Super Cabriolet, un objet roulant à mi-chemin entre un moyen de déplacement - très confortable - et une oeuvre d’art.

L’exemplaire en question vécut les feux de la rampe sur le stand Graber au salon de l’automobile de Genève, édition 1963. Preuve de son élégance, c’est une femme qui sera son premier propriétaire. Sans doute avait-elle un goût sûr pour apprécier une carrosserie au dessin très fin, fluide, sans artifice inutile. Un mélange de Facel-Véga et de Bentley, deux références inspirantes. La qualité de la réalisation laisse songeur, tant le soin accordé au moindre détail - intérieur comme extérieur - semble avoir écarté toute considération de coût.

Au volant, aucune (mauvaise) surprise, bien au contraire. La souplesse du moteur - ainsi que les suspensions typées confort - incite à adopter une conduite détendue, permettant d’apprécier les joies du plein air. La boîte ZF égrène les cinq rapports - une option d’époque - sans aucune difficulté, même à froid. La direction, non-assistée et donc un peu lourde à l’arrêt, devient à la fois agréable et précise en roulant. L’ensemble dégage une grande homogénéité, permettant à quatre occupants de bénéficier des charmes d’une automobile sans caprice, que seuls les initiés sauront identifier.

Peinture et intérieur non restaurés, sauvegardés pourrait-on dire: voilà qui ajoute l’authenticité à la patine du temps. Les inconditionnels du «mieux qu’au premier jour» passeront leur chemin, les autres apprécieront ce témoignage direct d’un passé en voie de disparition (sur 120 Alvis environ carrossées par Graber entre 1951 et 1967, on estime qu’une petite centaine a survécu). Un état et un véhicule emblématiques de l’approche de Christoph Grohe, qui aurait pu être antiquaire ou galeriste. Son credo? Considérer avant tout l’automobile comme un objet en-soi, et non un simple moyen de locomotion. Peu banal et bien vu.

Voiture mise gracieusement à disposition par www.christophgrohe.com

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