<p>Entrepreneur</p>

Patrick Delarive est un entrepreneur vaudois actif dans la gestion de fortune, l'immobilier et le showbiz.

Alexis Georgacopoulos m’a appris...

Crédits: Nicolas Genta/ECAL

Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL), Renens. Un mardi midi de février. En pénétrant dans cette ancienne usine devenue l’une des principales hautes écoles d’art et de design dans le monde, c’est avant tout l’espace qui frappe. Des volumes énormes à perte de vue consacrés à l’art. Un lieu, un but si différents du quartier dans lequel le bâtiment se situe.

Si je devais parier, je miserais beaucoup sur l’effet déclencheur de changement produit par l’arrivée de l’ECAL dans ce quartier ouvrier puis populaire de la banlieue ouest lausannoise. Dans quelques années, c’est toute une région qui sera, sans aucun doute, «le lieu branché dans lequel il faudra vivre».

Sur le pas de la porte d’entrée, je suis reçu par l’assistant d’Alexis Georgacopoulos. Le jeune directeur de l’ECAL fut nommé à ce poste à l’âge de 35  ans, il y a trois ans, et a eu la tâche – peut-être – difficile de succéder à son mentor Pierre Keller, personnage «extraordinaire» – je cite – et haut en couleur. De lui, Alexis dit tout simplement: «Il m’a appris tellement de choses.»

Le directeur de l’ECAL a tout d’abord été étudiant dans cette école alors située dans le quartier de la Croix-d’Ouchy. C’était entre 1994 et 1999. Pierre Keller arriva après lui, en septembre 1995.

L’étudiant Georgacopoulos se consacre au design industriel, une branche qui se situe clairement dans l’éveil culturel permanent auquel ses parents l’ont exposé dès son plus jeune âge: «Toutes nos vacances familiales étaient articulées autour de l’art et de la culture.» Sa mère architecte et son père avocat sont des créatifs, dans leur métier respectif.

Après ses études, il obtient un poste d’assistant durant une année avant d’être nommé chef de département et professeur titulaire à l’ECAL à l’âge de
24  ans. Il devient également de fait un proche collaborateur de Pierre Keller. C’est avec lui qu’il s’ouvre à un monde plus large. Du design industriel il entre dans l’art au sens large du terme.

Ses projets s’exposent alors dans le monde entier. Milan, Londres et Shanghai lui ouvrent leurs portes. En 2006, il reçoit une bourse de la Fondation Leenaards, et en 2008 il passe une demi-année à Hongkong à travailler en lien avec la production industrielle locale.

Au cœur de la créativité

Après avoir échangé durant une heure dans la salle à manger VIP, Alexis me fait visiter son univers. Entre deux semestres, les lieux sont presque vides. 

La visite de l’ECAL est un moment merveilleux que je souhaite à tous. Tout est ouvert, comme pour laisser l’énergie de la créativité circuler. On passe de l’univers des arts visuels, graphiques, de la photo au cinéma. On traverse une imprimerie à l’ancienne, dans laquelle professionnels et étudiants s’activent à une rue marchande reconstituée pour un projet de cinéma.

Soudain, on se retrouve dans l’auditoire Ikea estampillé du nom de la célèbre marque, en reconnaissance à son fondateur Ingvar Kamprad, qui donna en son temps – une fois n’était pas coutume – 500  000 francs pour soutenir l’ECAL. Quel merveilleux outil de travail et de créativité. Il faut le visiter lors des nombreuses conférences et expositions ouvertes au public.

Avant de partir, Alexis me montre encore son bureau, en s’excusant presque de sa taille, à la mesure de toute cette école. Je quitte M. le professeur-directeur Georgacopoulos avec une folle envie de faire des études à l’ECAL.

J’ai passé deux heures dans un échange d’une rare sérénité grâce à la personnalité de mon invité. La comparaison avec Pierre Keller est inévitable mais impossible. «Etre à l’opposé de quelqu’un de totalement atypique est une chose plutôt normale…» C’est ce qu’Alexis m’a appris aujourd’hui.

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