Alex Franck

AMBASSADEUR HUMANISTE INDIGNÉ

Alex Frank fut Ambassadeur Humaniste auprès de Chefs d’États et Dirigeants. Il est le dernier représentant d’une lignée qui opère dans l’ombre depuis 2500 ans et est à l’origine des moments les plus éclairés de l’Humanité. Les membres de cette lignée sont les personnages les plus secrets de l’Histoire. Aucune encyclopédie ne relate leur existence, même s’ils l'ont rédigée. Vous ne les trouverez pas sur Wikipédia, bien qu’ils l’aient fondé. Seuls quelques gouvernants, artistes et scientifiques les connaissent.

Aujourd'hui retraité et sans influence, Alex Frank vit en Suisse, pays fondé par la lignée. Il sort aujourd'hui de l'ombre pour lancer un appel à la raison et interpeler directement l'opinion.

Retrouvez Alex Frank dans l'essai qui retrace l'histoire secrète de la lignée de Socrate à nos jours sur amzn.to/2kJrjzt

et sur Facebook @LeManifesteAlexFrank ou Twitter @AlexFrank1751

Ose savoir

"Ose savoir" écrivait Kant. La Démocratie est fragile. Actuellement, elle est attaquée partout. Du rapport de la CIA sur son rôle dans le coup d'état au Chili, à la crise actuelle au Venezuela, parcourons l'Histoire qui de nouveau nous interpelle. En jeu: Démocratie, Liberté et Justice sociale.

[ndlr: quelques mises à jour précisées dans le texte ont été apportées à ce billet le 17 mai 2019]

Ose savoir écrivait Kant

On le sait, la Démocratie est fragile. Actuellement, elle est critiquée et attaquée partout.

Je sais qu’il est difficile d’écrire les mots qui suivent dans un climat partisan qui veut opposer et cliver entre des partis pris économiques et politiques.

Ce climat éloigne pourtant d'un enjeu plus profond et crucial.

La question n'est pas "est-on de gauche ou de droite", mais plutôt "peut-on en débattre, a-t-on le choix et quel équilibre trouve-t-on entre les partis pris des uns et des autres". En bref, la Démocratie est-elle vivante et libre? Car si elle ne l'est pas, tous les autres enjeux disparaissent...

Le vrai débat, contre-poison des démocraties illibérales

On appelle démocratie illibérale (lire ces articles Wikipedia en anglais et en francais, deux versions légèrement différentes mais complémentaires) une "fausse" démocratie qui en a les apparences, mais qui, dans les faits, nous prive de liberté.

Comment échapper à cette destinée d'une démocratie qui deviendrait autocratie?

Ce n'est pas une question d'idéologie économique ou de politique partisane. On peut être pour ou contre les stratégies et tactiques de gestion d’un gouvernement. Cela arrive dans tous les pays. On le voit actuellement en France et ailleurs. Mais au moins devrait-on pouvoir débattre et avoir le choix.

Le débat est nécessaire et utile. Encore faut-il qu’opposition et élus débâtent de manière civique et coopèrent au-delà de leurs différences et partis pris, pour le bien commun des générations actuelles et futures.

Mais que penserait-on d'une opposition qui boycotte une élection présidentielle, ne joue pas son rôle de contre-pouvoir, refuse le débat, quitte la table des négociations et tente de s’arroger le pouvoir en dehors des urnes? Que penserait-on d'ingérences étrangères dans un pays pourvu d'institutions démocratiques, de blocus économique, de non-respect d'un peuple souverain?

Cela ne sonnerait-il pas la fin de la Démocratie?

C'est le vrai débat auquel appelle la crise au Venezuela. Car cela pourrait bien arriver chez nous si on n’y prend garde… Serait-ce d'ailleurs déjà le cas?

Médias, animez ce débat-là, car c’est le véritable enjeu pour nos Libertés et le type de société juste auquel nous aspirons.

« Ose savoir » écrivait Kant, « Sapere Aude ». Osons poser les bonnes questions pourrait-on écrire aujourd’hui et attendre des médias.

Contre les réalités alternatives (fake news) et les "éléments de langage", exigeons la nécessaire épreuve des faits et le rappel du jugement de l’Histoire.

Pour mémoire et selon ce rapport rédigé par la CIA elle-même le 18 septembre 2000, relisons l’histoire de l’interventionnisme au Chili dès 1962 pour empêcher la libre élection d'Allende en 1964, puis déstabiliser sa présidence après son élection en 1970, jusqu'à créer un climat de tension favorisant le coup d’état de Pinochet de 1973 et ses milliers de morts et exilés.

En voici quelques éléments du préambule traduits du site web de la CIA, je cite :

  • Lors de la période précédant les élections présidentielles de 1970, le «Comité 40» (ndlr : selon la CIA, sous-cabinet ministériel d’abord appelé Groupe spécial 5412, puis Comité 303, chargé de superviser les opérations sous couverture) a chargé la CIA de mener des «opérations de destruction» afin d'éviter une victoire d'Allende
  • Dans le cadre de la stratégie «Track I» visant à empêcher Allende de prendre ses fonctions après les élections du 4 septembre, la CIA a cherché à influencer un second vote du Congrès requis par la Constitution, car Allende n'avait pas obtenu la majorité absolue
  • Dans le cadre de la stratégie «Track II», la CIA avait pour mission de chercher à provoquer un coup d'État afin d'empêcher Allende de prendre ses fonctions
  • Alors que M. Allende était en poste, le Comité 40 a approuvé la réorientation des opérations «Track I» qui a fourni des millions de dollars pour renforcer les partis politiques d'opposition
  • La CIA a également fourni une assistance aux groupes militants de droite pour saper le président et créer un climat de tension


Quel rapport avec le Venezuela?

    La crise économique et politique est évidente. Mais est-on au clair sur qui est le pompier et qui est le pyromane? D'où vient la crise économique actuelle? Comment justifier l'ingérence étrangère? Pourquoi parle-t-on de dictature? Pourquoi ce pays est-il le front d'une nouvelle "guerre froide" entre Russes, Chinois et la grande majorité des pays membres de l'ONU d'un côté, États-Unis et alliés Européens de l'autre, bien que des lignes de fractures apparaissent en Europe comme le rappelle TV5 Monde (billet mis à jour le 17 mai 2019)? Y a-t-il un lien avec le fait que le Venezuela possède les deuxièmes plus riches ressources pétrolières?

    FoxNews, qu’on ne peut guère traiter de média "de gauche", s'est fait l'écho le 7 mai dernier du rapport coécrit par Jeffrey Sachs et le Centre pour la Recherche Économique et Politique (CEPR) basé à Washington. Jeffrey Sachs est économiste et Conseiller Spécial auprès du Secrétaire Général de l'ONU, depuis Kofi Annan à Antonio Guterres en passant par Ban Ki-moon.

    “Les Sanctions économiques comme punition collective: Le cas du Venezuela”

    Ce rapport critique les sanctions US imposées au Venezuela depuis 2017:

    «Les sanctions et la reconnaissance d’un gouvernement parallèle ont accéléré les privations […] Nous constatons que les sanctions ont infligé et causent de plus en plus de dommages très graves à la vie et à la santé humaines, y compris environ plus de 40'000 décès entre 2017 et 2018, et que ces sanctions correspondraient à la définition de la punition collective de la population civile telle qu'elle est décrite dans les conventions internationales de Genève et de La Haye, auxquelles les États-Unis sont signataires […] Ces sanctions sont illégales au regard du droit international et des traités que les États-Unis ont signés et sembleraient également violer le droit américain».

    Est-il osé de faire un parallèle avec les actions "sous couverture" admises par la CIA au Chili et relatées plus haut?

    Dictature? Définissons "dictature"

    Définissons ce mot et prenons garde à ne pas le banaliser et le dévoyer au risque de mettre vraiment en danger la Démocratie.

    Jusque et y compris l'élection présidentielle de 2013, jamais le processus électoral au Venezuela n'a été remis en question par les observateurs internationaux, notamment la fondation Carter.

    L'opposition gagne d'ailleurs les élections parlementaires de 2015.

    Mais dès lors quelque chose change. L'opposition a vu l'opportunité de destituer le Président élu sans attendre les prochaines élections présidentielles. Le bras de fer commence. La situation s'envenime. Alors que le cours du pétrole chute depuis juillet 2014 et que les sanctions économiques s'aggravent, la crise s'étend et les manifestations entraînent des réactions policières.

    Récemment la haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a appelé les autorités françaises à enquêter sur les violences policières commises pendant les manifestations des « gilets
    jaunes » depuis la mi-novembre 2018
    (article du Monde du 6 mars 2019).

    Est-on allé jusqu'à parler de dictature?

    Le gouvernement vénézuelien laisse les journaux et télévisions privés s’exprimer; il n’interdit ni Twitter, ni Facebook, ni YouTube.

    Maduro agit-il en dictateur? La démocratie vénézuélienne est-elle illibérale? Vérifions; mettons des faits sur la table qui le prouvent. Acceptons le débat contradictoire. Voilà un vrai enjeu.

    On peut ou non apprécier les choix politiques et économiques du gouvernement en place. Mais il a été élu. Au non de quoi peut-on alors le sanctionner, l’asphyxier sur le plan économique et tenter de le renverser, autrement que par le débat démocratique et la sanction électorale interne au pays?

    L'opposition au Venezuela joue-t-elle le jeu démocratique et assume-t-elle son rôle de contre-pouvoir de manière responsable?
    En a-t-elle les moyens? a priori oui, jusqu'à preuve réelle du contraire qu'il faudrait présenter dans une perspective historique et pas juste sur les derniers mois.
    Les a-t-elle utilisés? a priori non, car elle préfère tenter de s’arroger le pouvoir dans la rue plutôt que dans les urnes: elle boycotte les élections présidentielles de 2018. Pourquoi n'a-t-elle pas cherché à les gagner? A-t-elle été empêchée de participer? Le processus électoral était-il faussé cette année-là, alors qu'il ne l'a pas été les années précédentes? On ne le saura jamais puisque les observateurs internationaux ne se sont pas déplacés cette fois-ci pour aller vérifier, malgré l'invitation de Maduro.

    Faut-il légitimer une opposition dans un pays démocratique qui tout dernièrement s'allie à des militaires pour fomenter un coup d'état?

    Accepterait-on cette attitude de nos partis d'opposition en Europe? 

    Un gouvernement démocratiquement élu a-t-il le droit de défendre sa légitimité sans être taxé de "dictateur"?

    Notons au passage que l'on est plus prompts à qualifier de dictature et à sanctionner les gouvernements "de gauche", que les vraies dictatures "de droite" comme on en a tant vu en Amérique latine et ailleurs. Il ne me semble pas avoir tant vu de sanctions contre les dictatures de Pinochet au Chili ou la junte au pouvoir en Argentine.


    A ce sujet, on voit poindre déjà des "éléments de langage" dans la presse états-unienne qualifiant le nouveau Président mexicain de personnalité s'arrogeant tous les pouvoirs et faisant reculer la démocratie: "Foreign Affairs: Mexico’s New President Turns Back the Clock on Democracy" (mise à jour du 17 mai 2019).

    Les pays étrangers laissent-ils le peuple vénézuélien décider de son propre sort et tentent-ils de faciliter une vraie médiation politique interne au pays?

    Ne serait-on pas en train de jouer avec un feu qui pourrait un jour se retourner contre nous?

    Les tenants des démocraties illibérales n'opèrent-ils pas déjà à visage découvert dans "nos" démocraties?

    On le voit dans les conflits moyen-orientaux, l'ingérence finit souvent très mal et rejaillit chez ceux qui l’ont provoquée en y déversant migrants et terroristes.

    Pauvre sous-continent d’Amérique latine

    Colonisation, évangélisation forcée, éradication des peuples originaires, pillage des ressources... Puis quand des gouvernements émergent pour que ces pays prennent en main leur destin, on continue le pillage en s’assurant la coopération de gouvernements nous garantissant un accès bon marché à leurs ressources, ou en renversant ceux qui ne coopèrent pas: déstabilisation des gouvernements dont on veut se débarrasser, agitation des foules, ingérences et organisation de coups d’état depuis l’étranger, blocus, gel des avoirs... En orientant les médias pour qu’on ne puisse plus distinguer les pompiers des pyromanes.

    Peut-on laisser ces populations en paix au lieu de souffler sur les braises? Peut-on les aider, au lieu de les enfoncer comme s’ils étaient encore dans notre «jardin» profitant de «nos» ressources?

    L’idéologie des Droits de l’Homme et de la Démocratie

    L’idéologie gauche-droite clivante nous aveugle, car elle nous oppose au nom de dogmes essentiellement économiques, au lieu de nous rassembler sur ce que nous avons en commun; elle nous éloigne ainsi des véritables enjeux globaux et essentiels. Mais pour pouvoir traiter ces enjeux, encore faut-il garantir un débat honnête et transparent et le libre exercice de la Démocratie.

    Il est donc crucial de veiller à ce qu'aucun, de gauche comme de droite, ne tente d’empêcher le débat ou le manipule.

    Sinon, pendant ce temps, abrités derrière ce chaos médiatique et politique, les petits arrangements illibéraux perdurent et les vrais enjeux sont occultés... jusqu'à ce que la jeune suédoise de 15 ans Greta Thunberg en pleur appelle à réagir devant le parlement européen pour le bien des propres enfants des parlementaires qui ce jour-là l'applaudirent.

    Je cite à la fin de ce billet quelques articles de la charte de l'Organisation des États Américains de 1948, elle-même issue de la charte de l'ONU. Les engagements qui y ont été pris sont clairement bafoués en Amérique latine.

    Je n’ai qu’une idéologie, celle de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la Démocratie et des traités internationaux créés au sortir de conflits horribles, dans le but de nous extraire collectivement des plus sombres desseins individuels, pour évoluer vers un monde meilleur et durable de paix, de liberté et de justice sociale.

    Si nous n’y prenons garde, nous évoluerons au contraire vers le «Meilleur des Mondes» d’Aldous Huxley, roman dystopique de 1932, qui décrit un état totalitaire mondial entouré de rares "sauvages".

    Sortons des clivages gauche-droite et interrogeons-nous plutôt sur ce que signifie peuple souverain et libre exercice de la Démocratie.

    Contre les fake news et réalités alternatives, contre les éléments de langage qui pervertissent le nécessaire débat ouvert et transparent, présentons des faits, osons poser des questions et chercher la vérité.

    Osons savoir.

    Contre l'agitation et la peur qui paralysent et obscurcissent le jugement et la raison, semons l'espoir qui libère les énergies et rend les aspirations possibles.

    Comme disait Ed Murrow, journaliste de CBS dans les années 50,

    « Bonne nuit et bonne chance… »




    Extrait de la Charte de 1948 de l’Organisation des Etats Américains, chapitre 4 sur les Droits et devoirs fondamentaux des Etats

    Article 17

    Chaque Etat a le droit de développer librement et spontanément sa vie culturelle, politique et économique. Ce faisant, l'Etat respectera les droits de la personne humaine et les principes de la morale universelle.

    Article 19

    Aucun Etat ou groupe d'Etats n'a le droit d'intervenir directement ou indirectement, pour quelque motif que ce soit, dans les affaires intérieures ou extérieures d'un autre Etat. Le principe précédent exclut l'emploi, non seulement de la force armée, mais aussi de toute autre forme d'ingérence ou de tendance attentatoire à la personnalité de l'Etat et aux éléments politiques, économiques et culturels qui la constituent.

    Article 20

    Aucun Etat ne peut appliquer ou prendre des mesures coercitives de caractère économique et politique pour forcer la volonté souveraine d'un autre Etat et obtenir de celui-ci des avantages d'une nature quelconque.

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