Alex Franck

AMBASSADEUR HUMANISTE INDIGNÉ

Alex Frank fut Ambassadeur Humaniste auprès de Chefs d’États et Dirigeants. Il est le dernier représentant d’une lignée qui opère dans l’ombre depuis 2500 ans et est à l’origine des moments les plus éclairés de l’Humanité. Les membres de cette lignée sont les personnages les plus secrets de l’Histoire. Aucune encyclopédie ne relate leur existence, même s’ils l'ont rédigée. Vous ne les trouverez pas sur Wikipédia, bien qu’ils l’aient fondé. Seuls quelques gouvernants, artistes et scientifiques les connaissent.

Aujourd'hui retraité et sans influence, Alex Frank vit en Suisse, pays fondé par la lignée. Il sort aujourd'hui de l'ombre pour lancer un appel à la raison et interpeler directement l'opinion.

Retrouvez Alex Frank dans l'essai qui retrace l'histoire secrète de la lignée de Socrate à nos jours sur amzn.to/2kJrjzt

et sur Facebook @LeManifesteAlexFrank ou Twitter @AlexFrank1751

Désir d'Europe, désir d'Union?

Que l'Europe pourrait-elle apprendre de la gouvernance Suisse?

Il est de bon ton en ce moment de critiquer l'Union Européenne.

Il est vrai que l'UE ressort meurtrie de cette énième crise en peu de temps. On remarquera que le rythme des crises s'accélère et qu'à chaque fois l'édifice se fissure un peu plus: crise financière de 2008, crise de la dette grecque, crise migratoire, crise pandémique.

La libération in-extremis de centaines de milliards d'Euro ne fera pas oublier la désunion qui l'a précédé.

Les appels au sursaut de quelques dirigeants européens et de la société civile signalent que l'envie d'Europe est pourtant toujours aussi présente. Toute la question est de savoir si ce désir des uns l'emportera sur le désamour et la déception des autres.

La crise sanitaire aura au moins un mérite. Le mot crise nous vient de krisis en grec, qui fait référence au jugement et au discernement.

Une crise, c'est l'instant des choix


Les appels se font pressants pour plus d'Europe, mais selon quelle Gouvernance?

Les appels se font pressants pour plus d'Europe: plus d'Europe de la santé, plus d'Europe solidaire, plus d'Europe qui prévient et protège. Comment prévenir et gérer une crise globale qui ne connaît pas de frontière sans une coopération à l'échelle transnationale? Pandémie aujourd'hui, environnement demain?

Les États-Unis d’Europe et plus de fédéralisme sont une des réponses que l'on entend et lit le plus souvent.

Mais qu’appelle-t-on fédéralisme? quelle Gouvernance l’encadrerait?

Plus l’ensemble à gouverner est vaste et divers, plus sa Gouvernance doit être soigneusement réfléchie.

La Gouvernance, c'est définir le but d'un système et son organisation, en équilibrant les forces, pouvoirs et contre-pouvoirs, qui l'influencent. Un équilibre qui ne devrait pas être figé, mais dynamique, pour évoluer et se reconfigurer par lui-même.

Quel est donc le but de l'Europe et comment sont organisés les pouvoirs et contre-pouvoirs? Qui dirige? Qui est souverain?

La Suisse est un des premiers exemples historiques de fédéralisme.

Sa Gouvernance avait un but: rassembler des communautés différentes par leur langue et leur culture, soucieuses de préserver leur autonomie, mais désireuses d'unir leur destin pour se co-protéger dans un espace de liberté partagé.

"Un pour tous, tous pour un" est gravé dans la coupole du parlement fédéral depuis 1902.

La Confédération Suisse a créé de multiples instances démocratiques fédérales et cantonales qui peuvent sembler complexes, mais qui ont pour fonction d'équilibrer les pouvoirs et préserver l'union des différences.

Dans sa grande sagesse politique, la Suisse a institué la démocratie directe pour s'assurer que même quand les pouvoirs sont délégués à des représentants, le peuple reste le seul souverain, ce qui responsabilise tout le monde.

Face à la démocratie directe Suisse, l'Initiative Citoyenne Européenne (ICE) fait bien pâle figure et est dans un état quasi végétatif, rien de comparable en tout cas aux débats qui rythment la vie civique suisse 3 ou 4 fois par an.

Si la crise pandémique fait demander plus d'Europe, cela ne saurait être une garantie de succès.

La bureaucratie, la tentation autoritaire et le manque de transparence qui guettent tout pouvoir centralisé, en particulier quand il est vaste, peut fragiliser le plus beau des projets humanistes et menacer la Liberté elle-même.

Et si le but est uniquement économique, comment opérer les choix budgétaires difficiles à accepter dans l'immédiat, mais qui sont nécessaires pour préserver l'avenir non marchand? Comme, par exemple, constituer des réserves stratégiques de masques, développer des systèmes de santé résilients, préparer des plans d'endiguement des pandémies (dépistage, traçage et quarantaine ciblée).

Pour faire passer l’idée d’Europe fédérale, il faudra convaincre les citoyens

La crise pandémique révèle aux citoyens en général, et aux citoyens européens en particulier, ce qu'un État peut, ou aurait pu et dû, apporter d'anticipation et de protection. Elle révèle que l'échelon transfrontières est nécessaire.

Les européens seront enclins à réclamer plus d'Europe si le projet est désirable.

Il sera dès lors nécessaire de clarifier ce que l’on entend par Europe fédérale, quel est son but et son organisation.

Une Gouvernance démocratique, transparente et citoyenne devra y être associée, sans quoi les citoyens devenus responsables et éduqués pourraient bien refuser d’être traités en enfants à qui les grandes personnes qui les représentent ne peuvent pas tout dire et décident sans eux.

Des citoyens qui veulent savoir que leur poids est plus grand que celui des lobbyistes qui en cette période de crise assiègent par Skype et WhatsApp les élus et les fonctionnaires européens. Face aux lobbyistes, leurs 2 milliards d'Euro de budget annuel et leurs 48'000 employés (pour 700 députés et 30'000 fonctionnaires européens environ), les citoyens européens n'ont que leurs votes nationaux pour s'exprimer, tous les 5 ans.

Des citoyens qui ne demandent pas seulement de leur État du bien-être économique, mais aussi du bien-être et du être tout court, pour reprendre le droit à la vie et à la recherche du bonheur de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis d’inspiration humaniste.

Car cette crise le montre: sans la santé, comment l’économie peut-elle tourner? Et sans l'Environnement, comment préserver la santé et l’économie?

Ce n’est pas l’un ou l’autre, ou l’un avant l’autre, c’est l’un et l’autre.

Des citoyens enfin qui sont d'accord de s'unir à l’État en général et le seraient peut-être de s'unir à une Europe fédérale en particulier, mais si le contrat social est clarifié et respecté. Le contrat social est à la base des démocraties modernes, du concept d’État et de société civile et civilisée.

Le contrat social

Selon Rousseau, l'individu s'unit à l'ensemble social et y préserve sa liberté. Il est à la fois sujet et souverain. En tant que sujet, il obéit aux lois qui le protègent. En tant que souverain, il les promulgue.

Par le contrat social, les citoyens délèguent aux États leurs pouvoirs avec une exigence: leur protection, au sens le plus large possible, protection de leurs droits, de leur liberté, de leur bien-être et de leur vie.

Des citoyens qui par le contrat social remettent "en dépôt" leur statut de souverain de manière conditionnelle, mais ne l’acceptent que si les contre-pouvoirs démocratiques sont institutionnalisés et effectifs.

L'effectivité doit pouvoir passer par le débat transparent et par les urnes, sans quoi elle ne pourrait passer que par la violence et l'insurrection que légitiment Locke et Rousseau quand le contrat social est rompu et que le gouvernement n'est pas fidèle à sa fonction. 

Pour l'Europe, ce n'est donc pas juste une question de mot (États-Unis d'Europe, fédéralisme), mais aussi de contrat social passé avec les citoyens, de Gouvernance, donc de but et d'organisation des pouvoirs, de transparence et d'exercice de la démocratie.

La Suisse, son sens individuel de la responsabilité au service de la cohésion de l'ensemble et sa démocratie directe, que d'aucun voudrait d'ailleurs affaiblir, pourraient bien avoir une partie de la réponse à une Europe qui se cherche et s'est comme arrêtée en chemin depuis que ses pères fondateurs visionnaires ne sont plus, eux qui l'avaient créée dans un désir de paix, en se servant de l'économie comme moyen et non comme fin (puisqu'il faut bien être en vie pour commercer) et qui l'ont laissé à des gestionnaires qui semblent avoir oublié le but humaniste d'origine et avoir perdu le plan reçu en héritage. 

Le désir d'Europe est bien vivant, tout comme le désir d'Union. La Suisse, quoiqu'elle en vote, regarde ce projet avec un mélange d'envie et de désolation. L'Europe pourrait-elle s'inspirer de la gouvernance Suisse avec l'esprit ouvert?

L'Union Européenne peut-elle se remettre en marche et ré insuffler du rêve d'union qui redonne envie de faire les prochains pas?

Comme disait Ed Murrow sur CBS, "Good night and good luck".

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