Nicolas Dousse

DOCTORANT EN MICROTECHNIQUE À L'EPFL

Nicolas Dousse est actuellement en Doctorat à l'EPFL dans la section de Microtechnique. Il travaille sur des techniques d'évitement de collisions pour des véhicules personnels aériens (des hélicoptères automatisés avec passagers). Il est actif au sein du Laboratoire des systèmes intelligents. Nicolas est également membre de l'association Drone Adventures qui tend à promouvoir l'usage civile des drones.

Auparavant, il a effectué un Master en Aéronautique à Toulouse à l'ISAE, l'Institut Supérieure de l'Aéronautique et de l'Espace, où il a pu profiter d'un enseignement mixte, entre des professeurs et des ingénieurs d'Airbus, lui donnant un sens plus pratique de l'ingénierie aéronautique.

Nicolas est titulaire d'une licence de pilote d'avion privé avec environ 140 heures de vol à son actif. Il pratique également le parachutisme ayant environ 70 sauts à son actif.

Air14, un meeting aérien servant d’inspiration pour le futur

Comme bon fan d’aviation, je me devais d’assister, la semaine dernière, au premier weekend du meeting aérien Air14 à Payerne. Du coup, je n’ai pas fait les choses à moitié: j'ai passé mon weekend là-bas.

La quantité de démonstrations en vol était impressionnante. Il n’y a eu aucune pause. Durant toute la journée, les patrouilles s’enchaînaient, décollant avant même que les précédentes n’aient atterri. Ceci est tout bonnement exceptionnel. Cela ne se voit pas souvent dans un meeting aérien. Normalement, il y a de légers temps morts permettant de profiter des nombreux exposants présents sur le site. En effet, en plus des présentations en vol, il est possible d’admirer de près de nombreux avions au sol ainsi que de visiter les stands de nombreux exposants vendant des goodies de toutes sortes. Ici, vous devez attendre la fin de la journée pour en profiter.

La quantité n’a cependant pas primé sur la qualité. Toutes les démonstrations étaient à la hauteur des espérances, les programmes maîtrisés et précis. Il est évident qu’à ces vitesses, voler à 3-4 mètres les uns des autres ne laisse de place ni à l’amateurisme, ni à l’improvisation. Les manœuvres sont tellement pures que tout paraît facile à exécuter, mais cela reste une impression. Si vous avez déjà touché un manche à balai d’avion, vous avez pu constater la difficulté de maintenir un cap et une altitude constante même à basse vitesse. Imaginez donc le faire cinq fois plus vite, avec toute erreur provoquant une collision avec votre voisin. Ce que font ces pilotes est tout simplement de l’art à l’état brut.

Mes démonstrations préférées: la patrouille croate et le team PC-7 suisse. Ces deux patrouilles volent sur des Pilatus PC-9 pour les Croates et des Pilatus PC-7 pour les Suisses. La qualité technique de leurs démonstrations était impressionnante. Les PC-9 et PC-7 sont des avions à hélice. Sur de tels avions, la rotation de l’hélice provoque un couple induit dépendant de la vitesse de rotation. En d’autres termes, chaque fois que le pilote accélère ou décélère, son avion est perturbé. Il doit compenser en conséquence afin d’éviter une déstabilisation de sa machine. C’est un élément difficile qui n’est pas présent sur les avions à réaction et qui rajoute de la complexité à leurs prestations.

Je ne peux que vous recommander de participer aux démonstrations de ce deuxième week-end qui promet de fêter dignement les 100 ans des forces aériennes suisses, les 50 ans de la patrouille suisse ainsi que les 25 ans du team PC-7. Le magnifique programme que les organisateurs nous ont concocté pour les deux jours est disponible ici.

La valeur d’un tel meeting

On est à même de se demander ce qu’un tel meeting peut apporter. Il doit bien répondre à un besoin vu les 160'000 personnes présentes le week-end dernier... Mais quel serait ce besoin ?

L’inspiration !

Depuis Icare, l’Homme a les yeux tournés vers le ciel et se demande comment il pourrait explorer et conquérir cet énorme espace à sa disposition.

L’aérospatiale a toujours joué un rôle de pionnier et d’inspiration. Beaucoup d’avancées technologiques du 20ème siècle sont issues du monde aérospatial civil et militaire. Par la complexité de faire voler un objet plus lourd que l’air, il a forcé les ingénieurs à se surpasser brisant les limites de l’imaginable. Imaginez annoncer dans le début des années 1900 qu’un objet pesant 540 tonnes puisse voler. A cette époque, on vous aurait pris pour un fou, alors que maintenant c’est chose courante grâce à l’Airbus A380.  

En un peu moins d’un siècle, nous sommes passés du premier « bond » d’un avion, à des hommes marchant sur la lune et à des avions reliant tous les continents de manière journalière. Par la vitesse, l'avion casse les barrières de la distance : grâce au Concorde, New York était à 3h30 de Paris. Déjà de son temps, l’aérospatiale acheminait le courrier de l’Europe vers l’Afrique et l’Amérique du Sud. L’espace est la prochaine barrière à tomber avec des vols touristiques prévus dans un horizon de 1-2 ans.

Un meeting comme celui-ci déclenche une inspiration bienfaisante nous guidant en ces temps de crises. Puisse ce meeting inspirer de nombreuses nouvelles vocations chez les jeunes et chez les moins jeunes participants.  

Le logo d’Air14 contient une flèche dirigée vers le haut à la place du « 1 » de 14. Selon moi, cette flèche représente une direction à suivre, toujours plus haut, toujours plus proche des étoiles, repoussant toujours plus loin les barrières de l’inconnu.

En tout cas, il m’a conforté dans l’idée de travailler dans le monde aéronautique!

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