Jacques Lemoisson Lastone

HEAD GLOBAL MACRO & ALTERNATIVE INVESTMENT CHEZ CBH BANK

Jacques Lemoisson a pris ses fonctions au sein de la Compagnie Bancaire Helvétique depuis septembre 2018. Il a acquis une expérience internationale sur les marchés des actions auprès de la banque d’investissement JP Morgan à Londres et Paris, puis une expertise dans la banque privée et la gestion d’actifs chez Lombard Odier, puis chez Banque Cramer au poste de CIO à Genève. Tout au long de sa carrière, Jacques Lemoisson a développé une expertise en géopolitique, ainsi que dans les Fintech et le Blockchain. Ce banquier est diplômé de l’ESTACA (Ecole d’Ingénieur Aéronautique).

AIIB vs TPP: un combat de titans pour le commerce mondial

Derrière ces acronymes se cache le plus grand combat d'influence de la planète. Et, c'est l'Angleterre qui a rappelé à tout le monde que l’AIIB n'est pas seulement un jouet politique.

Sous le TPP se cache le Trans-Pacific Partnership, l'accord de libre-échange que les USA veulent signer avec l'Asie pour augmenter le volume d'échanges commerciaux entre ces deux blocs. Le problème est que cet accord met au jour les divergences (entre la Chine et les USA) sur la propriété intellectuelle, la lutte contre la pollution et les aides étatiques. Car il ne faut pas se le cacher: le TPP est une joute entre les deux superpuissances mondiales.

Pour mémoire, l'Europe doit également travailler sur le TTIP (accord de libre-échange avec les USA). J'estime toujours que les Européens traînent des pieds pour signer cet accord et qu’il ne faut souvent pas chercher plus loin pour trouver l’origine de bien des maux européens (suisses y compris).

Mais revenons sur l'AIIB. L'Asian Infrastructure Investment Bank est l'une des nombreuses institutions récentes créées ou "inspirées" par Beijing. En fait, la Chine semble ne plus supporter que l'Asian Development Bank (création en 1966) ait les USA, mais surtout le Japon, pour principaux actionnaires. L'AIIB aura la gestion d'un fonds de 50Mds$ et dont le principal projet est la reconstruction de la route de la soie. Oncle Sam n'a pas apprécié que l'Angleterre soit le premier pays du G7 à s'inviter au Board de l'AIIB... Ceci met dans l'embarras Washington pour deux raisons : 

- le TPP n'est pas encore signé et l'AIIB est une part importante, mais une part seulement, de négociations plus globales.

- l'AIIB met à mal deux piliers de l'influence financière de Washington : le FMI et la Banque Mondiale...

Il ne faut pas se méprendre, ce n'est pas un combat entre deux ennemis mais plutôt deux partenaires se partageant le monde. La Chine prend sa place dans le concert des nations et si les Américains font tout pour garder la leur, c'est au détriment de l'Europe.

Cameron essaye de rattraper le retard vis-à-vis de l'Allemagne et de la France dans les relations commerciales avec la Chine depuis 2013 et ceci, à quelques semaines des élections générales pouvant mener à un référendum sur le maintien de l'Angleterre au sein de l'Union européenne. Si nous parlons souvent du Grexit, le Brexit n'est pas à oublier. L'action solitaire du gouvernement Cameron, concernant sa participation à l'AIIB, ne fera qu'un argument de plus, distillé par Washington aux banques américaines, pour quitter les rives de la Tamise en cas de référendum défavorable... 

 

 

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