Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Acheter au son du canon et vendre au son du clairon

Comme à la bourse, il est peut-être bon d'écouter les dictons de nos aïeuls. Le marché immobilier est calme, les banques sont frileuses, empêtrées dans les scandales internationaux, et tout le monde s’accorde de dire que l’inflation n’est pas loin, ce qui implique mécaniquement une remontée des taux hypothécaires. Alors, comme pour les marchés financiers, il est probablement intéressant d’investir maintenant dans l’immobilier et de fixer les taux sur une très longue durée.

Mais voilà, comme à la bourse, les marchés sont toujours frappés de l’effet "lemming". En effet, il faut acheter une voiture grise, allemande et break, histoire de ne pas se tromper. Mais n’est-ce pas justement un signe d’erreur de faire comme tout le monde ?! En effet, il vaut mieux paraître stupide dans la masse, que prendre des risques qui pourraient nous être reprochés, même s’ils s’avèrent payants à long terme. Un prof d’économie disait: « Quand mon coiffeur me parle d’une action, il faut la vendre ». Il faudrait aussi raisonner à l’inverse.

Ce que le marché a cependant oublié, c’est qu’en 1988, au dernier gros krach immobilier, ceux qui ont beaucoup, voire tout perdu, sont ceux qui possédaient une hypothèque à taux variable avec des moyens faibles (pour ceux qui n’ont pas suivi, il suffit de relire les subprimes, plus proches de nous).

Aujourd’hui, il est cependant possible de fixer les taux à très long terme et de se couvrir ainsi contre cette effrayante et vertigineuse montée. D’autant plus que les banques, ne voulant plus financer (elles ne le disent pas ouvertement car cela leur ferait de la mauvaise publicité), ont renforcé le mode de calcul des charges pour les futurs acquéreurs.

Il est donc temps, à mon avis, de s’intéresser aux objets (neufs ou à construire) et bien placés. Rien n'empêche de flâner jusqu'au 8 juin. En effet, les fondements de l’immobilier restent immuables : location et charges d’entretien réduites, une fois que la qualité du constructeur est reconnue, cela va de soi. Mais, à la différence de ce qui se pratiquait récemment encore, il ne faut pas hésiter à faire une offre, quitte à rougir, un peu. Finalement, bloquer des taux sur le très long terme correspond à avoir un loyer fixe et dormir tranquille. Puis, mon dernier conseil, si la prévoyance a été utilisée pour cet achat, rembourser rapidement, ce ne sera que plus de confort à la retraite.

Mais qui veut sembler plus futé que le voisin, au risque de se tromper ? 

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