Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

A quoi servent les agents immobiliers?

Voilà maintenant de nombreux mois que le secteur de l’immobilier est tendu en Suisse romande, que les transactions diminuent et que les prix dégringolent. Cela a encore été confirmé il y a quelques jours par le cabinet d’analyse Wüest & Partner dans la dernière édition de son «Monitoring Immobilier»: les prix des appartements, des villas et des PPE baissent clairement et cette tendance va se poursuivre cette année. En cause, un frein à la demande, des conditions d’octroi de crédits durci, des banques qui ne veulent plus financer les acheteurs considérant les prix surfaits, etc. L’euphorie est terminée sur le marché suisse du logement. 

Cependant, l’information n’a pas l’air d’être parvenue jusqu’aux régies immobilières et jusqu’aux vendeurs. Certains essaient encore de monnayer leurs biens à des prix complètement hors marché. Une annonce proposait récemment un terrain au prix de 4500  francs le mètre carré dans la campagne genevoise (alors que dans cette région, il est plutôt estimé aux alentours de 2000 francs)… Un autre bien, proposé au départ pour le prix de 8 millions de francs sera cédé au final à la moitié de ce montant. 

Ces exemples justifient cette question: de qui se moque-t-on? Les agences immobilières et les propriétaires vivent-ils sur une autre planète pour espérer vendre certains biens trois fois plus cher que le prix du marché? Le rôle des professionnels de l’immobilier n’est-il pas justement d’évaluer un bien à son juste prix, et, le cas échéant, de ramener à la raison certains vendeurs qui espèrent encore toucher le jackpot? Faut-il leur rappeler que l’ère des riches acquéreurs venant des pays de l’Est, prêts à débourser des millions de francs sans broncher pour une maison quelconque est bel et bien terminée?

Trop d’exagérations

Malheureusement, face à la concurrence des différentes régies de la place, les agents immobiliers sont parfois tentés de faire miroiter des montants indécents aux futurs clients, se garantissant ainsi l’obtention du mandat de vente. D’autres espèrent tout simplement obtenir une commission plus grande. Quoi qu’il en soit, après plusieurs mois (voire même parfois plusieurs années), ces derniers finiront par convaincre leurs clients de baisser le prix du bien pour enfin le fixer sur celui du marché… 

Seulement, cette politique «d’exagération» des prix décrédibilise leur métier et fait perdre un temps précieux à tous les différents acteurs du secteur, eux compris. S’ils se veulent vraiment des professionnels, ils doivent non seulement prendre conscience de la réalité du marché, mais aussi raisonner leurs clients trop gourmands. En résultera probablement un bien plus grand nombre de transactions… et au final, tout le monde sera gagnant.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

"Tout ce qui compte.
Pour vous."