Marmierpascal

DIRECTEUR DE SWISSNEX CHINA

Après avoir passé plus de 10 ans à Boston, Pascal Marmier a récemment rejoint un autre réseau swissnex, celui de Chine basé à Shanghai. Passionné de science et d'innovation, il travaille avec son équipe à promouvoir l’excellence de la Suisse dans ces domaines, renforcer les liens académiques en Chine et créer une communauté d’innovateurs et d’entrepreneurs. Gradué de l’Université de Lausanne, Pascal a aussi suivi une formation postgrade à Boston University et obtenu un MBA de MIT. En plus de chercher les meilleurs talents en science et technologie, il essaie aussi de trouver les meilleurs endroits pour courir dans une ville à forte densité de population.

A la chasse aux talents émigrés!

Un article paru dans la NZZ et repris par le Temps parle des efforts du Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique (FNS) pour encourager le retour des chercheurs au pays. L’article cite l’exemple de la Chine et il est donc intéressant de se pencher sur les stratégies du Gouvernement chinois dans le domaine de la chasse aux talents.

Les “returnees” (parfois aussi appelés “sea turtles”, un jeu de mot sur le terme haigui) sont très recherchés dans les branches techniques, la finance et les cercles académiques. Comme la Chine a un grand appétit de connaissance et de "know-how", ces émigrés sont une source de connexions et de nouvelles compétences extrêment intéressante. Le réservoir est très large puisqu'uniquement un tiers des 2 millions parmi ceux partis étudier à l’étranger est revenu au pays.

On les retrouve souvent à des postes importants, aussi bien dans des startups que des multinationales, et également comme professeurs dans les universités. Les grandes sociétés sont très actives dans le recrutement de cette élite, mais plusieurs programmes étatiques existent pour les inciter au retour.

Le programme le plus ambitieux, le “1000 talents plan”, est mis en application par le gouvernement central mais aussi par des provinces ou même des villes comme Shanghai. Il offre des primes de 150'000 CHF, ainsi que des soutiens pour les recherches de ceux qui voudraient poursuivre une carrière académique en Chine. Sont également soutenus par le programme les financiers et les entrepreneurs. Tous doivent pouvoir justifier de qualifications dans leur domaine à l’étranger et s’engager à rester en Chine pour 3 ans.

L’élément le plus surprenant de ce programme? Il est ouvert aux étrangers, comme l’explique le site web. Comme on le sent en vivant ici, l’intérêt pour toute compétence pointue est très soutenu. Les conférences invitent de nombreux experts. Même pour des meetings plus modestes, il n’est pas rare qu’une invitation soit munie d’une offre pour couvrir les frais de transport!

Les talents académiques suisses sont pour l’instant plutôt rares en Chine, puisqu’il n'y a en ce moment qu'un seul chercheur soutenu par le FNS. Pas utile donc de déployer de grands moyens pour rapatrier les cerveaux, mais par contre il serait très utile de mieux étudier les mécanismes d’incitation au retour et de découvrir comment les divers acteurs économiques et académiques planifient de transformer les compétences des nouveaux arrivés en gains économiques!

 

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