ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

A Berne de prendre en main l’innovation

Imiter la Silicon Valley? Calquer la Start-up Nation? Partie explorer la scène high-tech bouillonnante en Israël, une délégation suisse est revenue des idées plein la tête. Avec une interrogation principale: «Qu’est-ce qu’elles ont que nous n’avons pas?»

Une question inévitable lorsqu’on assiste à un tel bouillonnement entrepreneurial. Or, chaque plateforme – Tel-Aviv, San Francisco ou Londres – répond à des besoins propres. Avec une R&D et des institutions académiques efficaces, un environnement politique stable, un tissu de PME solide, la Suisse a bâti son hub de pointe à l’image de son histoire socio-économique. Il lui manque pourtant l’impulsion qui pourrait la sortir de l’enlisement actuel. Soit un vrai partenariat privé-public pour l’innovation, orchestré par la classe politique.

Prenons le modèle dual de la formation professionnelle, cher à la Suisse. Un mariage réussi entre le privé et le public qui intrigue et inspire à l’étranger. C’est cette même voie que doit prendre notre politique d’innovation. L’Etat doit assumer son rôle primordial dans l’essor d’un écosystème à succès car les secousses sur le marché du travail n’épargneront pas la Suisse. Le franc fort frappe frontalement les industries exportatrices tandis que la révolution numérique change totalement la donne de l’emploi. La Suisse a souvent pu se reposer sur ses lauriers. Pour combien de temps encore? 

Si le démarrage des start-up est plutôt bien soutenu, il reste indéniable que les jeunes structures se retrouvent souvent dans une impasse lorsqu’il s’agit de financer une croissance pourtant prometteuse. Elles s’exilent vers des bras plus accueillants, ou disparaissent. 

Il va sans dire que la Confédération investit trop peu. Ce ne sont pourtant pas les fonds qui manquent. Les 2000 caisses de pension suisses, et leurs centaines de milliards de francs dormants, pourraient contribuer à renouveler notre économie, lui donner un souffle salvateur, en injectant une micropart de ces fonds dans les sociétés prometteuses. Un tout petit pourcentage qui pourrait pourtant propulser la Suisse parmi les grands centres névralgiques de l’innovation. L’Etat renforcerait le marché du travail national, tout en laissant faire le marché. C’est ainsi qu’il créerait de véritables conditions-cadres avantageuses. 

Les projets de banques d’investissement pour l’innovation soulevaient trop peu d’intérêt dans les hautes sphères politiques. Jusqu'à l'annonce du mercredi 12 octobre: un projet de fonds national de capital-risque pour financer nos hubs innovants, soutenu par les Chambres fédérales et deux Conseillers fédéraux, se concrétiserait dans les mois à venir. Une nouvelle qui soulage. 

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