Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

4e âge: une bombe à retardement

On le perçoit dans la rue, les transports publics, les commerces et les loisirs: la population helvétique vieillit. Au tournant de 2020, un basculement historique se produira: pour la première fois, la Suisse comptera davantage d’habitants âgés de plus de 65 ans que de moins de 20 ans. Et les démographes prévoient que le nombre d’octogénaires doublera d’ici à 2040. Ils seront alors plus d’un million!

Cette évolution démographique constitue une véritable bombe à retardement: plus on repousse les mesures à prendre dans les domaines sanitaires et sociaux, plus les coûts deviendront incontrôlables. De redoutables défis attendent donc les acteurs politiques et économiques. Parmi ceux-ci figure le financement des retraites, des soins médicaux et des modes d’habitat. Or, le refus de Prévoyance 2020 montre que les citoyens peinent à saisir les enjeux et les conséquences du vieillissement de la population.

Avec des seniors bénéficiant de l’allongement de l’espérance de vie, vivant en meilleure santé qu’autrefois et disposant de moyens financiers accrus, c’est surtout la prise en charge du 4e âge qui soulève le plus d’inquiétude. D’autant que, dès 80 ans, le vieillissement s’accompagne d’une dégradation de la santé.

Si au niveau des infrastructures se dessine un modèle combinant le maintien à domicile, l’appartement protégé et l’EMS (établissement médico-social), rares sont en revanche les propositions qui apparaissent pour tenter de régler les dépenses de soins. Leur hausse, qui s’annonce stratosphérique, se répercutera à la fois sur les personnes âgées, les collectivités publiques et les assurés des caisses maladie. Faudra-t-il se résoudre à créer une assurance spécifique et obligatoire pour couvrir les coûts liés au 4e âge pour éviter que les générations qui travaillent en supportent l’essentiel des charges? Ce n’est pas exclu, au risque de briser la solidarité entre générations.  

Pénurie de main-d’œuvre

Au-delà du financement des retraites et des soins, un autre défi encore plus redoutable attend notre société: qui s’occupera des personnes les plus âgées nécessitant un encadrement pointu? Tous les acteurs de la branche s’accordent au moins sur ce point: la pénurie de main-d’œuvre qui s’annonce en raison du départ à la retraite des baby-boomers compliquera encore une situation déjà tendue sur le front de l’emploi. 

Les nouvelles technologies commencent à apporter un soutien bienvenu, mais elles ne remplaceront jamais le personnel soignant. Son recrutement nécessite une réflexion sur la revalorisation de ses métiers en matière de rémunération et de reconnaissance sociale. 

Le vieillissement démographique oblige les acteurs politiques à mettre en œuvre des solutions audacieuses. En ont-ils l’ambition et le courage?

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