<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

2012? Au boulot!

L’année écoulée aura été celle de l’accélération. L’actualité n’a cessé de mitrailler toutes sortes d’événements décisifs. La crise de la dette qui s’est emparée du monde occidental, Etats-Unis et Europe, la fin du nucléaire civil emporté par le tsunami de Fukushima, l’avènement de la Chine comme seconde puissance économique mondiale. A la vitesse s’est ajoutée la complexité. Nous avons désormais dépassé la barre des 7 milliards d’êtres humains sur Terre, autant d’inconnues dans l’équation du vivre ensemble, et chaque année nous produisons autant d’informations que l’humanité tout entière depuis sa naissance.

Notre univers devient tellement conceptuel et virtuel  que les générations les plus âgées ont de moins en moins de prise avec la réalité. Il naît alors une envie collective de comprendre où se dirige le monde et un besoin individuel de se rassurer en se sentant membre d’une communauté. Faire partie d’un groupe a aussi été au cœur des débats de 2011 avec la formule d’Occupy Wall Street, les fameux 99% de la population contre l’aristocratie du 1% qui détiendrait richesse et pouvoir. Les masses qui se sentent volées par l’establishment, les Indignés de Madrid qui font des émules à travers la planète et le Printemps arabe qui pousse à la porte les dictateurs ont rappelé que la révolte, que les dirigeants des Etats craignaient tellement dans le sillage de la crise financière de 2008 (cf. le World Economic Forum de Davos édition 2009), a fini par se lever.

Tout cela pour se retrouver finalement à l’aube de 1789? Bien malin celui qui saura prévoir de quoi demain sera fait car justement accélération et complexité ont rendu impossible toute visibilité. Les économistes sont totalement perdus. Les chefs d’entreprise qui ont chacun leurs petits «trucs», souvent des indices propres à leur secteur d’activité servant d’alarme quand la situation se retourne, se rendent compte que leurs repères ne fonctionnent plus. Et quand le discours des politiques ne rassure plus personne, les idées simples connaissent un grand succès: 99% contre 1%, le vote réactionnaire, le retour du religieux... Mais les prévisions se réfèrent souvent à d’autres époques, et aucune ne ressemble à celle-ci car désormais tout est relié, c’est l’effet de la globalisation. Impossible de regarder par exemple la situation de l’Europe comme si «toutes choses restaient égales par ailleurs» alors que nous savons que les Etats-Unis restent les champions de l’endettement et que la croissance chinoise se trouve hypothéquée par une inflation et une instabilité sociale bien réelles.

Alors? Plus qu’une chose à faire: rester en tête des classements de compétitivité pour la Suisse, seule garantie de notre capacité à générer une croissance basée sur des fondamentaux solides. Et continuer à travailler d’arrache-pied.

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