Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

200e CHRONIQUE / Plus d'un million de signes parus!

Il n'y a que le premier pas qui coûte. Et encore, ne revient-il pas toujours très cher. Le 22 mai 2013 a ainsi paru la première de mes chroniques sur bilan-ch. J'en arrive à la 200e, en ce mardi 10 décembre. Avec une moyenne de 5000 signes, j'atteins donc le million de caractères. En fait, comme mon webmaster me le reproche souvent, je tends souvent à dépasser cette norme. Je dois être, en réalité à 1,2, voire 1,3 million de lettres. L'équivalent d'un livre. D'un vrai. Pas d'un roman Gallimard publié avec un gros interligne.

Quelle impression est-ce que cela fait? A vrai dire, aucune. Comme le disait bien avant moi Voltaire, un clou chasse l'autre. L'oubli intervient rapidement. Pour tout vous avouer, je ne me souviens pas de grand chose. Peu d'expositions se révèlent impérissables. Leurs souvenirs finissent par s'estomper et se mélanger. Certaines d'entre elles auront juste été sauvées ici d'un silence complet. Le vacarme médiatique orchestré autour de pseudo événements crée de nos jours de profondes injustices. Suffit-il vraiment de brandir l'argument publicitaire et d'avoir une bonne attachée de presse pour tout acheter?

Des lieux peu fréquentés

Le problème, et je m'en rends bien compte au vu de la masse des invitations reçues, c'est que le nombre des producteurs culturels dépassera bientôt celui des consommateurs. En littérature, il existe probablement déjà davantage d'auteurs que de lecteurs. Les expositions prolifèrent depuis dix ans comme des champignons, avec le risque de ne pas trouver leur public. Il m'est arrivé de nombreuses fois, depuis mai, de me retrouver dans des salles de musée ou des galeries désertes. J'ai parfois même été le seul visiteur, avec la tentation d'éteindre la lumière en repartant. A quoi bon?

Il en va bien sûr de même avec les blogs. Je me refuse ainsi à connaître le nombre de mes lecteurs quotidiens. Je n'ai envie ni de me déprimer, ni de tenter d'augmenter l'audience avec des sujets supposés plus populaires. Beaucoup de blogueurs crient ainsi dans le désert. Ils symbolisent un monde à la fois autiste et créatif. Les deux choses ne sont pas incompatibles. Chacun produit initialement pour lui-même, pour autant qu'on puise ici parler de création.

Une pile par mois à la poubelle

Si l'échec a parfois des motifs, il n'existe aucune raison pour ne pas continuer. Je suis frappé, chaque semaine, par le nombre de choses, intéressantes ou du moins significatives, que je n'aurai pas traitées. Faute de temps. Chaque mois, je jette un pile de papiers non utilisés. Trop tard. Périmés. D'autres accrochages, de nouveaux livres, une actualité plus proche auront pris leur place, même s'il est bon de parler de choses parfois décalées. Hurler les loups n'apporte finalement que quelques décibels supplémentaires.

Dans ces conditions, je vous donne rendez-vous à demain. Un rendez-vous lointain. Il y a quelques jours déjà que je ne suis plus derrière mon clavier genevois, où je fais mes gammes de petit Mozart. Je me trouve en fait à Paris, histoire de regarnir le garde-manger. L'article du mercredi 11 décembre remonte en fait à un précédent séjour dans la capitale française. Ce que vous lisez ne suit aucun ordre chronologique de vision. Ce sera le 11 décembre du culturel lourd. Il en faut aussi. Photo (Steeve Iuncker/X): Tiens, c'est moi! J'ai trouvé ça par hasard sur Google.

Prochaine chronique le mercredi 11 décembre. Le Louvre sort des limbes Jean Cousin Père et Fils, deux peintres du XVIe siècle français. Attachez vos ceintures!

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