Bilan

Voyage au coeur d’une montre

Le secteur a bien des mystères à faire découvrir. L’horlogerie est un monde complexe, au même titre que les garde-temps qui s’y créent. Certaines maisons ouvrent leurs portes au grand public et proposent une initiation aux complications et savoir-faire. C’est notamment le cas de Jaeger-LeCoultre, qui lance en décembre l’Atelier d’Antoine, mais aussi d'autres marques prestigieuses comme Zenith ou Frédérique Constant.

Crédits: Jaeger-LeCoultre

Tic-tac. Ce bruit anodin semble générique de prime abord. Il relève pourtant d’une incroyable complexité. Les oreilles les mieux entraînées peuvent percevoir des différences notables selon les horlogers. Jaeger-LeCoultre a décidé de mettre l’acoustique à l’honneur. La marque a aménagé un espace spécialement pour l’occasion dans sa manufacture, à la Vallée de Joux.

L’Atelier d’Antoine - en mémoire du fondateur Antoine LeCoultre - ouvrira ses portes en décembre, après avoir été présenté à la presse durant l'automne. Il se découpe en trois parties: les visites de la manufacture et les Ateliers Découverte d'une part, et les Masterclass qui débuteront dès le mois d'avril 2021. Le premier atelier découverte s'adresse à toute personnes désireuse d’en savoir davantage sur les subtilités du son. Chacun se pare d’une blouse d'horloger et s’installe sur son tabouret, au sein de la manufacture du Sentier. Les accessoires d’horlogers sont à portée de main: brucelles, loupes d’horloger ou encore fidget spinner à l’effigie de la marque. Ce dernier accessoire a d’ailleurs été mis au point à l’interne.

Crédits: Jaeger-LeCoultre.

L’atelier se déroule en plusieurs mouvements, telle une symphonie. Edoardo, l’expert, revient sur l’histoire de la marque, de la première répétition minute à celles d’aujourd’hui. Les participants sont sensibilisés à la manière dont les pièces sonnent. La forme du timbre modifie la mélodie, tout comme l'alliage qui a été utilisé. Les horlogers se doivent de respecter des codes bien précis afin que leurs montres sonnent de la bonne manière. «Il peut y avoir des défauts de tenue, de richesse ou encore de rythme», résume Edoardo. Il explique que ses collègues doivent parfois finir des pièces à la main afin d'obtenir le son voulu. Pour parfaitement effectuer les réglages, ils disposent d’outils informatiques. L’audiogramme de la pièce leur permet de savoir s’ils doivent accentuer les graves ou les aigus. L’atelier prévoit également des modèles géants de mécanismes, pour que l’amateur puisse y toucher et se rendre compte par lui-même de l’impact de gestes parfois minimes.

Remontée historique

L’atelier remonte l’histoire de Jaeger-LeCoultre pendant trois heures. A mesure que le participant découvre les évolutions acoustiques des modèles, il réalise la grande complexité de cette seule question sonore. Le rôle du Sound Maker est le premier abordé dans ces Ateliers Découverte qui viennent de voir le jour au Sentier. D’autres thèmes seront ensuite à l’honneur, pour assouvir encore la curiosité des férus de Haute horlogerie.

L’horlogerie, ouverte au monde?

A travers son atelier, Jaeger-LeCoultre affiche une volonté de partage. Le partage avec les clients d’une part, mais aussi avec les personnes simplement curieuses et désireuses d’en savoir davantage sur un monde historiquement cloisonné. D’autres maisons proposent également des visites de manufacture ou d’ateliers. Zenith, au Locle, fait découvrir le grenier authentique de Charles Vermot, icône de la marque à l’étoile. Si le Covid-19 les a poussés à repenser la visite de manière à respecter les mesures sanitaires, la visite se recentre sur le patrimoine de la marque et écarte les rencontres avec les employés.

Frederique Constant organise également des visites de sa manufacture genevoise. Elles durent environ une heure et demie, permettent d’explorer divers recoins des bâtiments et se terminent par une exposition permanente: celle de la «manufacture expérience». Lancée en 2019, elle raconte la naissance des garde-temps, de la conception aux étapes finales de l’assemblage. L’histoire des trois marques du groupe, à savoir Frederique Constant, Alpina et Ateliers deMonaco y est également racontée.

Autre particularité: un atelier d’assemblage de montre complète l’offre pour les visiteurs. Un maximum de six adultes se relaient pour assembler un calibre fonctionnel. Le but pour les organisateurs est d’expliquer le nom et le rôle de chacun des composants ainsi que la manière dont ils entrent en interaction. «Vous ferez partie de ceux qui comprennent la pertinence culturelle ainsi que la valeur d’un garde-temps traditionnel», promet la brochure.

Initium propose de son côté la création d’une montre. Ses ateliers au Noirmont et à Genève sont le théâtre de différentes classes. De l’assemblage d’une montre mécanique à la décoration horlogère, les participants explorent différentes facette d’un garde-temps. Olivier Piguet propose quant à lui un atelier démontage et remontage de montres. Il explique la «magie» des mouvements dans son Centre d’initiation à l’Horlogerie ouvert en 2008.



Informations pratiques

Attention toutefois, étant donné que la situation sanitaire s’est largement dégradée à l’automne. Les marques ont à cœur de poursuivre les visites tant qu’elles peuvent respecter les mesures sanitaires, mais mieux vaut se renseigner au cas par cas sur le site de l’horloger en question.

L’Atelier d’Antoine propose aux personnes de s’inscrire aux visites depuis une boutique. Sinon, s’inscrire en ligne sera possible à cette adresse à partir du mois de décembre. Pour Frederique Constant, une page en ligne liste les informations pratiques. Les inscriptions pour créer sa montre chez Initium se font également via Internet.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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