Bilan

Vos rides vous vont si bien...

Les signes de vieillissement n’affectent pas les femmes et les hommes de la même façon. Si les premières sont adeptes de la chirurgie esthétique, les seconds préfèrent les cosmétiques.
  • Des injections de botox permettent aujourd’hui d’éviter un lifting du front.

    Crédits: Adam Gault/Getty
  • Alexandre Cheretakis, chirurgien plasticien, note une hausse du tourisme médical.

    Crédits: Lionel Flusin

Rectifier son nez, rehausser ses paupières ou encore faire un lifting du visage? Si la chirurgie esthétique connaît actuellement un boom mondial, cette pratique n’est toujours pas l’apanage de la gent masculine. Pour le Dr Luigi Polla, dermatologue et fondateur de Forever Laser Institut à Genève, «la plupart des hommes se sentent bien dans leur peau. Ils n’ont pas besoin de changer quelque chose pour se sentir beau».

Une autre raison explique ce manque d’intérêt: la société tolère beaucoup plus les rides et autres imperfections chez l’homme que chez la femme. «Les rides du lion sont un signe de sagesse et de maturité chez l’homme, alors qu’elles donnent un air sévère à la femme», admet Alexandre Cheretakis, chirurgien plasticien à Genève. Les signes de vieillissement n’affectent pas les deux sexes de la même façon.

«Les ravages chez l’homme sont plutôt au niveau de l’abdomen ou des cheveux, indique le Dr Luigi Polla. Mais au niveau du visage, les hommes gardent des traits harmonieux (à l’exception de ceux qui consomment beaucoup d’alcool)». Pour des raisons hormonales, les femmes perdent beaucoup de collagène une fois passée la ménopause. Alors qu’il n’y a pas de fracture nette chez l’homme et que le vieillissement est progressif, la femme subit un changement brusque qui la pousse à vouloir corriger son aspect.

Selon Alexandre Cheretakis, les hommes aussi prennent soin d’eux, mais plutôt au niveau cosmétique. Dans les instituts, ils se laissent parfois tenter par des pratiques type épilation laser, élimination de taches ou de couperose, mais rien qui ne modifie concrètement leur aspect. A noter qu’une clinique de médecine esthétique dédiée exclusivement à la gent masculine, baptisée The Gentlemen’s Clinic, ouvrira ses portes le 18 mai prochain à Genève. 

Selon le Dr Luigi Pollal, la femme, elle, a une autre approche de son corps et de la beauté en général. «Elle a besoin du miroir qu’est l’homme. La femme a trouvé dans la chirurgie esthétique l’équivalent de la pilule. Cette dernière l’a libérée du risque de maternité, et la chirurgie l’a affranchie de l’homme qui lui dit qu’elle est belle.»

De plus, «cette technique n’est plus l’apanage de personnes extravagantes avec de larges moyens financiers. La clientèle d’aujourd’hui a une relation normale avec son corps mais elle le voit se dégrader petit à petit et se dit qu’il existe finalement des moyens simples pour conserver ses acquis le plus longtemps possible, rajoute le Dr Polla. Il s’agit de rester naturel mais en améliorant un peu la qualité de sa peau ou en soulignant ses pommettes.»  

Des interventions plus légères et moins chères

En 2015, les gestes chirurgicaux – augmentation mammaire, lifting, rhinoplastie – ont baissé aux Etats-Unis et en Europe en faveur de gestes cosmétiques (la liposuccion est la seule chirurgie qui a augmenté, signe de l’augmentation de l’obésité, même discrète). Il existe en effet une tendance aux interventions plus légères, plus rapides, moins chères et moins visibles.

L’approche douce est privilégiée. La liposuccion tend à être remplacée par la cryothérapie, une méthode sans chirurgie qui détruit la graisse grâce au froid. Alors que le lifting du front est désormais évité grâce au botox, le lifting du visage est remplacé par l’introduction de fils résorbables sous la peau. «On a atteint une technicité et une qualité des fils qui permettent d’obtenir des résultats rapides sans douleur et sans cicatrice», explique le dermatologue. Ainsi, les pratiques qui cartonnent aujourd’hui sont le laser, les peelings, les injections, la mésothérapie, l’injection de toxine botulique et d’acide hyaluronique.

De plus en plus de chirurgiens plasticiens font aussi des gestes cosmétiques – jusqu’à 50% de leur pratique. Autre tendance actuelle: le nombre croissant de médecins qui adoptent ces mêmes gestes esthétiques dans leur cabinet: dermatologues, généralistes, gynécologues, ORL, ophtalmologues exécutent désormais des injections. «Normal, tout le monde veut sa part du gâteau», souligne le Dr Alexandre Cheretakis.

Depuis quelques temps, on observe aussi un frein économique. «Avec la crise et le franc fort, les gens n’ont plus les moyens de s’offrir de grosses chirurgies, souligne le médecin genevois. Les patients réfléchissent plus. Ils demandent à payer en plusieurs fois car les cliniques sont très chères en Suisse.»

Il existe également une augmentation du tourisme médical.Avec le franc fort, les Suisses passent de plus en plus la frontière pour s’offrir des soins, et les étrangers cessent de venir en Suisse. «Ils préfèrent aller en Allemagne où les opérations sont moins chères. C’est comme pour les dents, de nombreux patients suisses vont désormais se faire soigner en Hongrie. Pour la chirurgie esthétique, c’est la Tunisie qui est privilégiée», explique le chirurgien plasticien. Cela explique en partie la baisse des pratiques chirurgicales en Suisse.

Chantal Mathez

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