Bilan

Voitures vintage: ravivez la flamme

L’engouement actuel pour les voitures anciennes implique de savoir reconnaître les bonnes pratiques, mais aussi les erreurs à ne pas commettre lors de la restauration d’un véhicule.

  • Coûtant entre 10 000 et 25 000 francs, la MG MGB cabriolet est une petite voiture facile à réparer et amusante à conduire.

    Crédits: Vasileios Papaidis/historicautopro.com
  • La restauration de cette Jaguar type E (garage Klausen) représente 600 heures de travail, dont 300 heures sur la carrosserie.

  • Crédits: Jerôme Della Santa/Klausen
  • Crédits: Jerôme Della Santa/Klausen

Boostée par des événements oldtimers toujours plus nombreux en Suisse – on en a dénombré environ 200 en 2019 –, l’envie d’acheter une voiture de collection est forte. Les garages spécialisés en restauration se multiplient. Le garage Klausen, établi à Gland, spécialisé en vente et restauration d’oldtimers (voitures anciennes) et de supercars, a ouvert ses portes en novembre dernier. Jérôme Della Santa, son directeur, confirme: «Beaucoup d’acteurs se lancent dans ce business. Il y a un vrai créneau car les gens en ont assez des voitures modernes, souvent ennuyeuses à conduire. Au volant d’une Triumph, à 80 km/h, vous avez l’impression de conduire à 300 km/h et avec de belles sensations. C’est un art de vivre, un partage de passion dont les gens ont grand besoin.»

Bien choisir son modèle

Si l’engouement est là, les clients ne sont souvent pas conscients des inconvénients inhérents à la possession d’une voiture ancienne: conduite sans assistance, bruit, fragilité des composants, rouille, absence de chauffage et de climatisation, location d’une place de parc à l’abri et si possible à température constante. 

Acheter une voiture de collection, c’est aussi savoir choisir une marque dont les pièces de rechange seront faciles à trouver. Denis Langer, à la tête du garage Classics depuis trente ans à Vernier (GE), témoigne: «La Porsche 911 est un modèle très populaire pour un premier achat. C’est un très bon investissement car toutes les pièces détachées sont disponibles et il y a une très grande connaissance technique de l’objet qui facilite la restauration. Idem pour toutes les anglaises. Acheter une Jaguar type E, par exemple, c’est l’assurance de trouver toutes les pièces, de toutes les années. Mais si vous n’avez pas un gros budget, une MG MGB cabriolet est un très bon choix, c’est une superpetite voiture, facile à réparer, pas chère, amusante à conduire. C’est génial pour commencer et elle vaut entre 10 000 et 25 000 francs. Et à l’année, l’entretien ne coûtera pas plus de 1000 francs, s’il n’y a pas de casse.» 

Les garagistes rencontrés s’accorderont tous sur un point: il faut acheter une oldtimer en parfait état, sous peine de voir grimper la facture. Denis Langer poursuit: «La plupart du temps, le prix de la restauration va doubler, voire tripler le prix d’achat, car c’est la main-d’œuvre qui coûte cher en Suisse. Si la voiture n’a pas roulé depuis des années, il va souvent falloir démonter la mécanique, décaper la carrosserie à cause de la rouille, refaire les chromes et les garnitures en cuir… Imaginez-vous trois mois de travail à 100 francs minimum l’heure, cela devient vite très onéreux.»

Commander ses pièces 

La solution pour limiter les coûts pourrait venir d’internet et des nouvelles technologies 3D. Mais là aussi, les pièges sont nombreux. Denis Langer confirme: «Sur internet, vous pouvez acheter tout ce qu’il vous faut en une heure. Mais vous allez souvent passer cent fois plus de temps à l’adapter sur votre voiture. Sans compter la piètre qualité des pièces reçues, souvent fabriquées en Chine.» Il faut donc de l’énergie, et beaucoup de temps passé à lire les magazines spécialisés, afin de savoir quelle pièce d’origine mérite d’être gardée ou changée. Jérôme Della Santa conclut: «Sur une Austin-Healey, ce n’est pas la peine de refaire le tableau de bord en bois par un ébéniste si on trouve le même, neuf, à 100 livres sterling sur internet. Il faut juger du rapport qualité-prix. Par contre, concernant la carrosserie, il faut essayer au maximum de garder la pièce, car tout est adapté sur mesure, comme en haute couture. Quant à l’engouement du «matching number» (lorsque le châssis, le moteur et la boîte de vitesses ont le même numéro, attestant de l’authenticité), à mon avis il n’est pas justifié ni crédible. A l’époque, un moteur cassé était facilement remplacé. Dans 80% des cas, je n’y crois pas. Toutes ces Porsche 356 qui sortent avec des matching numbers, c’est impossible, ce sont souvent des moteurs refrappés.» L’engouement, on le voit, doit s’accompagner de prudence. 


Ode aux classic cars

Evénement La 3e édition du Classic Cars and Music Saanen a attiré de nombreux amateurs de modèles de collection le samedi 10 août dans la rue piétonne de ce petit village de l’Oberland bernois. Organisé par Danielle Hakim et son équipe de bénévoles, avec comme sponsors principaux Hästens et RH Finance, cet événement a permis d’admirer une quarantaine de voitures. Le public a désigné une Jaguar SS 100 de 1937 comme la plus exceptionnelle parmi celles exposées. Construite pour le pilote britannique Jack Harrop, elle a été restaurée par la Carrosserie Nyfeler à Bulle (FR). Autres modèles remarquables: une Cord de 1937 (avec son V8 à 90 degrés), une rarissime Citroën Chenille de 1930 ou encore une Chevrolet Corvette C2 Sting Ray de 1963. SG

Cristina d'Agostino

RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE EN CHARGE DE BILAN LUXE

Lui écrire

Licenciée en Sciences politiques à l’Université de Lausanne puis spécialisée en marketing et économie à HEC Lausanne en 1992, Cristina d’Agostino débute sa carrière dans l’industrie du luxe, et occupe les fonctions de responsable marketing et communication pour diverses marques horlogères. En 2008, elle décide de changer radicalement d’orientation, et débute une carrière de journaliste. En freelance d’abord, elle collabore aux titres Bilan, Bilan Luxe, Encore, avant d’intégrer la rédaction de Bilan en 2012. Depuis 2012, elle occupe la fonction de rédactrice en chef adjointe et responsable des hors-série Bilan Luxe.

Du même auteur:

Ex-mannequin: un physique pour quel emploi?
Comment Matignon a créé six cliniques en quatre ans

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."