Bilan

Vidéo Story

Le Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne fête les 40 ans de l'art vidéo. Découvrez tout l'agenda.
  • Crédits: Maria-Leena Hukkanen
  • Thomas Schütte: Ses quatre Bibendum géants ont traversé l’été en faisant le tour des villes de Suisse. Un teaser efficace de la Fondation Beyeler – déjà éprouvé lors de l’exposition Louise Bourgeois – pour découvrir l’œuvre de l’artiste allemand présentée en ce moment à Riehen. Un parcours sur trente ans qui cherche, à travers la sculpture, mais aussi l’aquarelle et la photographie, à résoudre l’insondable secret de la condition humaine. Jusqu’au 4 février 2014, Fondation Beyeler, www.fondationbeyeler.ch Crédits: Luise Heuter/DR/©1985 Monica Curtin/Stefan Rohner/ProLitteris
  • Philippe Parreno "Anywhere, Anywhere out of the World". Il a transformé Marilyn Monroe en robot, inventé la danse du serpent et fait pousser à Porto un jardin où tous les végétaux sont noirs. Depuis le début des années 1990, l’artiste Philippe Parreno explore cette frange ténue qui sépare la réalité de la fiction. Et passe l’hiver au Palais de Tokyo avec ses œuvres anciennes et récentes. Jusqu’au 12 janvier 2014, Palais de Tokyo, Paris, www.palaisdetokyo.com Crédits: Luise Heuter/DR/©1985 Monica Curtin/Stefan Rohner/ProLitteris
  • London fashion in the 1980’s. Le retour en vogue des années 1980 n’en finit pas de susciter les idées d’accrochage. Surtout au Victoria and Albert Museum de Londres où, après le postmodernisme, c’est la fringue eighties qui occupe les vitrines de l’institution consacrée au design. C’est carré, coloré et parfois complètement improbable. Vous regarderez votre dressing autrement. Jusqu’au 16 février 2014, Victoria and Albert Museum, www.vam.ac.uk Crédits: Luise Heuter/DR/©1985 Monica Curtin/Stefan Rohner/ProLitteris
  • Mona Hatoum. La femme, la guerre, l’exil… l’œuvre de Mona Hatoum n’est clairement pas celle de Jeff Koons. Intimement lié à sa biographie – elle est née à Beyrouth de parents palestiniens, elle a dû fuir à Londres où elle vit depuis 1975 – son travail à la fois sensible et triste reste l’un des plus importants de l’art postconceptuel. Jusqu’au 12 janvier 2014, Kunstmuseum Saint-Gall, www.kunstmuseumsg.ch Crédits: Luise Heuter/DR/©1985 Monica Curtin/Stefan Rohner/ProLitteris
  • Félix Vallotton "Le feu sous la glace". Le plus nabis des peintres suisses a mené l’essentiel de sa carrière à Paris. Le peintre vaudois se rappelle aux bons souvenirs du Grand Palais qui lui consacre une rétrospective, la première organisée dans la capitale française depuis au moins vingt-cinq ans. Jusqu’au 20 janvier 2014, Grand Palais, Paris, www.grandpalais.fr Crédits: Luise Heuter/DR/©1985 Monica Curtin/Stefan Rohner/ProLitteris

L’art vidéo aurait donc 40 ans ? Du moins vu de Lausanne où le Musée cantonal des beaux-arts en acquérant Limite E de Jean Otth en 1973 – à qui le Mamco genevois vient de consacrer une rétrospective – devient l’une des premières institutions suisses à faire entrer l’image en mouvement dans ses collections.

Pour l’histoire de l’art en revanche, l’art vidéo naît dix ans auparavant. En 1963, Nam June Paik présente à la galerie Parnass de Wuppertal une œuvre constituée de téléviseurs. Ce qui fait de l’artiste coréen le pionnier dans l’expression cathodique de son rapport au monde.

A Lausanne, l’anniversaire veut ainsi montrer le rôle précurseur du musée vaudois. Et profiter de brosser quatre décennies d’achat d’œuvres sur support magnétique pour en décrire l’histoire récente.

De fait, il y a quelque chose de l’archéologie contemporaine à visionner cet ensemble de 24 œuvres prêtées par le Moma de New York, le Centre Georges-Pompidou de Paris et les musées de Berne, Bâle et Genève.

Les premières vidéos de Paik possèdent ce grain analogique qui renvoie le spectateur aux prémices d’un art qui va connaître des fortunes diverses et surtout un nombre incalculable de variétés. Contrairement à la peinture ou à la sculpture chez qui la modernité reste une histoire de fond, l’évolution de la vidéo est également jugée à l’aune de son degré de technicité.

Vidéo en circuit fermé (Dan Graham), utopie de la télévision comme canal de diffusion artistique (Gerry Schum), intimité fantastique (Emmanuelle Antille), contes oniriques (Eija-Liisa Ahtila), performance film (Kim Sooja), la vidéo adopte toutes les formes.

Mais qu’elle date d’hier ou d’aujourd’hui elle reste un médium qui possède sa propre temporalité (celle de la projection) et son propre espace (celui de l’écran).

Image numérique en haute définition ou tournée à partir d’un smartphone, film de quatre heures ou de trente secondes, narration cinématographique ou séquences mises en boucle, l’exposition « Making Space » cherche ainsi à montrer comment ce véhicule à imaginaire permet au voyageur immobile de s’affranchir des frontières, qu’elles soient mentales ou politiques.

Elle est aussi l’une des rares occasions de voir autant de films réunis en exposition collective. Relativement peu présente sur le marché de l’art, la vidéo reste soumise à l’obsolescence programmée de son support – qui possède encore un lecteur VHS ? – à sa fragilité – la durée de vie d’un DVD n’est pas éternelle – et au fait que ses collectionneurs forment un cercle très fermé.

A l’heure de l’autofilmage frénétique motivé par internet et les réseaux sociaux, elle n’a pourtant jamais été autant populaire.

« Making Space – 40 ans d’art vidéo » jusqu’au 5 janvier 2014, Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, www.mcba.ch

 

Emmanuel Grandjean

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