Bilan

Vacheron Constantin s’offre la montre la plus compliquée du monde

Vacheron Constantin vient de lever le voile sur la montre la plus compliquée du monde. Huit années de développement, un total de 57 complications pour ce concentré d’horlogerie mécanique, objet d’une commande d’un collectionneur privé.
  • Pour Juan Carlos Torres, CEO de Vacheron Constantin, "la course au record n’était pas une fin en soi".

    Crédits: Dr
  • Vacheron Constantin Référence 57260

Il y a 260 ans, Jean-Marc Vacheron faisait signer un contrat à son premier apprenti. Cette volonté de transmettre le savoir-faire prend une nouvelle signification 260 ans plus tard, puisque la manufacture genevoise peut non seulement se targuer d’être la plus ancienne marque horlogère au monde à n’avoir jamais cessé ses activités, mais elle vient en outre de lever le voile sur la montre la plus compliquée jamais réalisée.

Pour Juan Carlos Torres, CEO de Vacheron Constantin (groupe Richemont), « la course au record n’était pas une fin en soi ; l’intérêt du projet résidait dans le défi qu’il représentait ». En réalité, la demande émane d’un grand collectionneur et connaisseur d’horlogerie qui s’est tourné il y a près de dix ans vers Vacheron Constantin pour lui commander « la montre la plus compliquée du 21ème siècle ». Une poignée de main plus tard, l’affaire était entendue pour chacun des interlocuteurs ; ne restait alors qu’à… concevoir, développer, mettre au point et produire la montre commandée !

Il aura fallu huit années de labeur à l’atelier du sur-mesure  de Vacheron  Constantin, à son responsable Dominique Bernaz et à trois maîtres horlogers extrêmement chevronnées pour venir à bout de cette commande, sachant qu’entre-temps les demandes du collectionneur se sont encore accrues, proposant notamment d’ajouter une complication jusqu’alors jamais réalisée, le calendrier perpétuel hébraïque.

Vacheron Constantin a donc levé le voile tout à l’heure dans sa manufacture de Plan-les-Ouates sur le résultat de cette aventure hors du commun, à savoir la montre la plus compliquée du monde, la Référence 57260, dotée de 57 complications - dont certaines inédites à ce niveau de réalisations et de complexité- intégrant plus de 2800 composants. En résumé, une montre de poche de près d’un kilo proposant une dizaine de premières mondiales en termes de fonctions horlogères et une dizaine de brevets déposés et. Pour la petite ou la grande histoire, la précédente montre la plus compliquée au monde, le Calibre 89 de Patek Philippe, présentée il y a 27 ans, comptait 36 complications.

Prix non communiqué

Née d’une commande d’un collectionneur privé, la Référence 57260 de Vacheron Constantin – réalisée en une pièce unique – intègre à peu près tout ce que l’horlogerie connaissait jusqu’ici comme complications majeures, ainsi que de nouveaux développements. Chronographe à rattrapante à double affichage rétrograde, carillon Westminster pour la sonnerie, grande sonnerie, petite sonnerie, réveil, silence de nuit, calendrier perpétuel avec une foule d’indications (dont, outre les indications ordinaires, les heures sidérales, les constellations du zodiaque, etc.), équation du temps, second fuseau sur 12 heures d’un nouveau type et tourbillon sphérique ! Mais le plus singulier est sans doute le calendrier perpétuel hébraïque, une première qui a exigé de résoudre d’impressionnants problèmes mathématiques et techniques. Et qui donne peut-être quelques indications sur les origines de l’acheteur.

Le prix de cette pièce unique à tous points de vue ? « No comment » du côté de chez Vacheron Constantin, tout juste apprend-on qu’il a été fixé au début de l’aventure, sans que ne soit encore définies toutes les propriétés de l’objet. Mais ces pièces « images », uniques et exceptionnelles, sont rarement les plus rentables sur un plan strictement comptable. Au point qu’il se murmure que Johann Rupert, patron du groupe Richemont, s’est extasié l’autre jour en découvrant la montre, mais l’a trouvé… trop bon marché ! 

Michel Jeannot
Michel Jeannot

FONDATEUR DE WTHEJOURNAL.COM

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Journaliste spécialisé, fondateur du site WtheJournal.com et des applications iPhone, iPad et Android associées, Michel Jeannot est à la tête du Bureau d’Information et de Presse Horlogère (BIPH), un team de journalistes collaborant avec une quinzaine de médias dans le monde, dont Bilan et le Figaro. Sa plume sûre et parfois acérée est aussi à l’aise sur les questions techniques que sur les enjeux liés à la branche et à son économie. Michel Jeannot est également éditeur et rédacteur en chef du magazine Montres Le Guide / Uhren von A bis Z / 顶级钟表鉴 (225 000 exemplaires).

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