Bilan

Une star dans votre salon: à quel prix?

Combien faut-il débourser pour qu’une célébrité participe à un mariage ou un anniversaire? Des pros de l’événementiel déchiffrent ce marché opaque, basé essentiellement sur le réseau.
  • Les Rolling Stones (ici Keith Richards) auraient touché plus de 7 millions de dollars pour un concert privé en 2002.

  • 190 000 euros: le prix payé par le président ouzbek pour la présence de Monica Bellucci à une soirée en 2009.

  • Se marier au son de Kanye West? 3 millions! Crédits: Dr
  • La présence de George Clooney à une soirée privée peut coûter jusqu'à plusieurs centaines de milliers de dollars.

  • Les divas du moment (ici Beyoncé) tendent des factures à 6 zéros pour des concerts privés.

  • George Michael a empoché près de 3 millions de dollars pour un concert entre intimes organisé par un oligarque en 2006.

  • Jennifer Lopez a donné l'été dernier un concert privé pour l'anniversaire du président du Turkménistan.

  • L'acteur Charlie Sheen aurait demandé 250 000 dollars pour sa présence à des soirées privées.

  • Un milliardaire a payé 250 000 dollars pour une performance de Diana Ross en 2009.

Si elles sont devenues de véritables atouts marketing pour les marques, les célébrités sont aussi constamment sollicitées pour illuminer les mariages et anniversaires de riches privés. Avec à la clé des cachets stratosphériques.

En 2002, le milliardaire américain David Bonderman aurait payé entre 7 et 11 millions de dollars pour un show privé des Rolling Stones à l’occasion de son 60e anniversaire à Las Vegas. Une des prestations les plus chères de la décennie, dit-on. Il remet le couvert dix ans plus tard: c’est cette fois l’ex-Beatle Paul McCartney qui assure le spectacle.

Le 31 décembre 2006, le chanteur George Michael a empoché près de 3 millions de dollars pour un concert entre intimes organisé par l’oligarque milliardaire Vladimir Potanin. Peu avant, Whitney Houston, Julio Iglesias et Christina Aguilera ont diverti les invités assistant au mariage d’un banquier russe.

Rien que la présence d’une célébrité, sans performance réalisée, peut atteindre des tarifs prohibitifs. Passer la soirée avec un membre de la famille Kardashian démarre à 30 000 dollars. L’acteur Charlie Sheen? 250 000 dollars. Et plus encore pour Paris Hilton ou George Clooney…

«Serrer la main, prendre une photo, chanter quelques morceaux… Les prix varient d’une demande à l’autre, souligne Sasha Camperio, directrice de la branche Events de Quintessentially, une conciergerie de luxe internationale. De nombreux facteurs interviennent, de la localisation à l’organisation, en passant par les frais de déplacement et la prise en charge de l’entourage.»

Difficile donc de connaître les rouages de ce marché opaque. Le voile est un peu levé lorsque des stars se frottent à des dirigeants peu recommandables en matière de droits de l’homme. Polémiques! Le rappeur Kanye West a touché 3 millions de dollars pour une prestation surprise lors du mariage du petit-fils de Noursoultan Nazarbayev, président du Kazakhstan, à Almaty le 31 août dernier.

Quelques semaines auparavant, Jennifer Lopez susurrait «happy birthday to you» au président du Turkménistan. La chanteuse américaine aurait touché plus d’un million de dollars.

Tandis que les divas du moment – Beyoncé, Rihanna – tendent des factures à six zéros, de grands noms de la musique peuvent intégrer des budgets, disons… plus «serrés». D’après nos informations, une prestation privée de Lionel Richie ou de Lenny Kravitz oscillerait par exemple entre 250 000 et 700 000 dollars.

Quant aux «gloires passées» comme Gloria Gaynor ou le groupe Earth, Wind and Fire, leur prix démarrerait à 100 000 dollars. Le milliardaire Jon Caudwell a payé 250 000 dollars pour une performance de Diana Ross en 2009 à l’anniversaire de sa femme.

«Contrairement aux stars actuelles, plus réticentes, cette catégorie de personnalités est demandeuse de soirées privées. Bon nombre d’entre elles ne vivent quasiment plus que de cela», commente un cadre d’une grande entreprise d’événementiel.

Si la demande est plutôt rare en Suisse, de nombreuses régions du globe sont friandes de célébrités internationales. «Nous organisons un événement privé l’année prochaine au Moyen-Orient, poursuit l’organisateur. Les chanteuses Shakira et Katy Perry sont sur la liste des têtes d’affiche potentielles.»

L’ami des célébrités

Les requêtes des clients sont toujours considérées avec grande prudence. En effet, beaucoup n’aboutissent pas. «Lorsque le tarif est annoncé, il faut souvent ajouter un zéro au budget initial. C’est pourquoi la demande doit être concrète, appuyée par une lettre d’intention, détaille Karim Stadelmann, CEO de Quintessentially Switzerland. C’est une sécurité nécessaire pour nous et notre réseau.»

Le réseau est le facteur déterminant pour fixer les prix. «Les personnes vraiment clés, ce ne sont pas les célébrités, ce sont leurs agents et managers, explique Sasha Camperio, qui, en matière de celebrity management, a notamment évolué dans l’horlogerie et la F1. A partir du moment où ils vous connaissent et où ils ont confiance en vous, ils vous ouvrent leurs catalogues de célébrités. C’est ce qui est fondamental.»

Fawaz Gruosi, fondateur du joaillier genevois de Grisogono, a, lui, cultivé tout au long des années des relations directes avec les célébrités. Ses soirées médiatisées sont connues pour faire défiler les plus grands noms comme Sharon Stone, Leonardo DiCaprio ou encore Naomi Campbell.

«Ce sont des relations qui se sont construites dès la création de la marque dans le début des années 1990. Ces personnalités viennent autant à des événements que nous organisons au Festival de Cannes qu’à l’anniversaire de Fawaz Gruosi célébré à Porto Cervo chaque année», explique Michèle Reichenbach. 

La directrice de la communication chez de Grisogono ajoute qu’elles sont toujours venues «par amitié». «Il est très rare que nous rémunérions une célébrité pour la faire venir à l’un de nos événements. A moins bien sûr qu’il y ait une performance musicale à la clé. Mais même dans ce cas-là, nos budgets restent limités. Il nous est aussi arrivé d’offrir des cadeaux de remerciement comme une montre ou une bague.»

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Lui écrire

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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