Bilan

Une quête sans limite

Aux performances absolues toujours plus élevées, les constructeurs généralistes préfèrent depuis longtemps l’efficience énergétique – écologie oblige –, la sécurité et le confort. C’était oublier un peu vite un moteur essentiel pour de petits enfants devenus grands, le plaisir du grand frisson.
  • Moteur de la McLaren P1

    La boîte de vitesses

    Séquentielle à 7 rapports, la boîte est accouplée à un double embrayage. Pour pallier la rupture dans la transmission de la puissance lors d’un changement de vitesse – aussi rapide soit-il – le moteur électrique est momentanément mis à contribution, lissant ainsi le passage d’un rapport à l’autre.

    Le moteur électrique

    Certains constructeurs misent sur la récupération d’énergie lors des freinages pour alimenter le moteur électrique. Ce n’est pas le cas de McLaren, qui juge la solution incompatible avec un dosage optimal du freinage. La recharge des batteries s’effectue donc sur le réseau électrique. Ensuite, pour disposer de la puissance cumulée des deux moteurs, le conducteur n’a qu’à accélérer à fond et presser sur le bouton Boost du volant. Chaud devant !

    Les deux turbos

    Un turbo par rangée de cylindres, cela permet de réduire la taille et donc l’inertie de cette pièce d’orfèvrerie, et par conséquent le fameux temps de réponse. Et comme la pression délivrée avoisine 2,4 bars, les turbos n’ont aucune peine à donner des ailes à ce missile sur roues qu’est la P1.

    L’architecture en V8

    Hier délaissée au profit des V12, nobles mais lourds et encombrants, l’architecture V8 combine aujourd’hui à merveille puissance, compacité et poids contenu. Une exigence d’autant plus essentielle avec l’implantation centrale privilégiant une répartition idéale des masses.

    Crédits: Dr
  • Hennessey Venom GT

    Assemblée à partir d’un châssis Lotus et d’un moteur de Corvette, cette supercar américaine de 1244 CV a été chronométrée à 435,31 km/h au Kennedy Space Center. Record non homologué toutefois, car réalisé dans un seul sens.

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  • Lamborghini Veneno

    Propriété de Volkswagen depuis la fin des années 1990, Lamborghini dispose d’une solide assise technologique dont la Veneno – imaginée pour célébrer le 50e anniversaire de la marque – bénéficie largement. Sa transmission intégrale assure aux 750 CV de ne pas partir en fumée à la moindre accélération.

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  • Koenigsegg Regera

    Pour la marque suédoise, l’addition de 1100 CV (moteur thermique) et 700 CV (moteur électrique) égale «seulement» 1500 CV. De quoi réaliser le 0 à 400 km/h en moins de 20 secondes, alors que la Veyron en demande plus de 50…
    Surréaliste! On parle ici de mégacar, nouvelle catégorie.

    Crédits: Dr
  • McLaren P1

    Modèle du célèbre constructeur anglais et digne descendante de la McLaren F1 présentée en 1992, la P1 propose un moteur hybride développant 916 CV et un savant mélange de technicité et d’innovation, largement éprouvé en F1.

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  • Ferrari LaFerrari

    La célèbre firme italienne ne pouvait rester plus longtemps en retrait depuis la disparition de l’Enzo. La réponse, cinglante, est apportée en 2013 avec LaFerrari. Une puissance de 963 CV et un poids contenu – obtenu à grand renfort de matériaux composites – permettent au célèbre cheval de rester cabré.

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  • Pagani Huayra

    Argentin installé près de Modène, Horacio Pagani propose depuis 2011 son second modèle après la Zonda, la Huayra. Equipée d’un V12 Mercedes-AMG de 730 CV, gage de sérieux et de fiabilité, la supercar emmène ses occupants à des vitesses inavouables – plus de 370 km/h – dans une ambiance raffinée.

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  • Bugatti Veyron Grand Sport Vitesse «La Finale»

    450 exemplaires, tous vendus. Voilà l’ultime version d’un monument de démesure, la plus puissante et la plus rapide voiture de série du monde produite à ce jour. V16 de 1200 CV et vitesse limitée à 410 km/h, afin de ménager les pneus criant au supplice.

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  • Porsche 918

    Puissance cumulée des moteurs – thermique et électrique – de 887 CV, transmission intégrale, la remplaçante de l’illustre Carrera GT bénéficie de tous les meilleurs atouts pour signer un temps référence sur la boucle nord de l’impitoyable Nürburgring: 6’57’’. Un chiffre décoiffant!

    Crédits: Dr

Si la recherche et la compétition permettent depuis toujours à l’automobile de s’inscrire dans une dynamique de progrès, les objectifs visés n’ont cessé d’évoluer. La vitesse de pointe et la puissance des véhicules ne représentent plus – aux yeux des « consommateurs » – des arguments publicitaires recevables, et ce depuis longtemps déjà. La passion a laissé place à la raison. Jusqu’à la déraison, jugent certains. C’est à ceux-là même que s’adressent les supercars, pour autant que leur portefeuille soit copieusement garni.

L’origine du concept remonte cependant à des temps anciens, les années 1950 ayant vu naître la mythique – et première du genre – Mercedes-Benz 300 SL. Les AC Cobra et autres Ford GT40 lui ont emboîté le pas, suivies dans les années 1980 par les fameuses Porsche 959 et autres Ferrari F40. Leur puissance dépasse alors les 450 CV et la vitesse de pointe les 300 km/h, performances saluées alors comme totalement exceptionnelles. 

Elles l’étaient sans conteste dans le contexte de l’époque, bien sûr, mais paraissent aujourd’hui bien désuètes. La faute notamment à la Bugatti Veyron, sortie en 2005 et dont la production vient de s’arrêter. Plus de 1000 CV – 1200 sur les derniers exemplaires – dans ses entrailles de carbone et d’aluminium, capables d’emmener cette fusée sur roues au-delà de la barre des 400 km/h. Des chiffres abstraits, ne faisant référence à aucun repère connu pour la plupart des conducteurs. De nombreux protagonistes – illustres ou obscurs – constituent aujourd’hui le cercle des constructeurs capables de s’aligner dans ce qui semble bien être une quête sans limite. Une véritable course à la démesure. Tour non exhaustif du plateau des prétendants.

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Sébastien Ladermann

FONDATEUR DES EDITIONS ALPAGA

Lui écrire

Editeur, journaliste indépendant et spécialiste en communication, Sébastien Ladermann est passionné de gastronomie et de voitures anciennes notamment. Deux thèmes qui l’inspirent au quotidien dans ses diverses activités, au point de nourrir une intense réflexion sur l’art de (bien) vivre et d'avoir consacré aux plus prestigieux chefs de cuisine lémaniques un ouvrage novateur (Portraits (intimistes) de chefs, paru aux Editions Alpaga) préfacé par F. Girardet, Ph. Rochat et G. Rabaey.

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