Bilan

Une montre suisse à combiner avec l'Apple Watch au revers du poignet

Pour les amoureux de mécanismes horlogers suisses qui sont aussi des fans de l'Apple Watch, il faut actuellement faire un choix entre la montre traditionnelle et la smartwatch. La marque Nico Gerard propose d'allier les deux avec un dispositif qui relègue la smartwatch au revers du poignet.
  • Le dispositif imaginé par Nico Gerard combine une montre mécanique suisse avec l'Apple Watch au revers du poignet.

    Crédits: Image: Nico Gerard
  • La montre mécanique suisse d'un côté du bracelet et l'Apple Watch de l'autre côté.

    Crédits: Image: Nico Gerard
  • Un modèle en or a été imaginé pour aller avec le modèle de l'Apple Watch conçu dans le même métal.

    Crédits: Image: Nico Gerard

Une belle mécanique horlogère suisse ou une smartwatch truffée de capteurs et de fonctions? Pour ceux qui aiment à la fois le charme intemporel des belles mécaniques suisses et l'interactivité permise par une smartwatch, chaque matin présente le même dilemme: quelle montre choisir pour porter au poignet. Car si la nature a doté l'être humain de deux bras et autant de poignets, seuls quelques CEOs en représentation accrochent une montre de chaque côté. Quel objet choisir alors?

Et si le choix n'était plus obligatoire? Et s'il était possible d'avoir à la fois la smartwatch d'Apple et une montre suisse? C'est ce que propose la nouvelle marque Nico Gerard: une montre suisse portée comme habituellement et l'Apple Watch au revers, les deux fixées sur le même bracelet.

Un Californien d'origine genevoise

Et comme ce double produit, son fabricant a également une double identité: la société est basée dans la Silicon Valley mais ses produits (hors l'Apple Watch) sont estampillés Swiss Made et «fabriqués en Suisse» (dans les proportions réclamées par la législation sur le Swiss Made). Plus qu'un argument marketing, cette double identité tient à ses fondateurs: la marque tient son nom d'un des trois cofondateurs, Nicolas Gerard, qui, s'il est né à San Francisco, est issu d'une famille genevoise et aurait découvert sa passion pour l'horlogerie lors de séjours dès sa plus tendre enfance dans la cité de Calvin où vit son grand-père.

Le Californien d'origine genevoise s'est associé dans cette aventure à Andreas Pluemer, un Allemand ayant émigré dans sa jeunesse en Californie avec sa famille, et au fils de celui-ci, Adam. Aucun des trois n'a suivi de formation dans l'horlogerie. Les seuls liens avec ce secteur sont d'ordre passionnel. Et les grands-parents d'Adam Pluemer qui ont autrefois tenu une bijouterie-horlogerie tandis qu'un de ses oncles a également fait carrière dans le secteur. Un lien bien ténu mais qui n'a pas empêché les trois compères de se lancer dans l'aventure.

«Nous sommes certes installés aux Etats-Unis, mais une grande partie de nos familles vit en Europe et nous y avons tous passé de longues périodes: nos racines sont sur ce continent», assure Adam Pluemer.

Leur idée? Combiner sur le même bracelet une montre traditionnelle avec la smartwatch la plus vendue au monde et l'une des plus abouties sur le marché. Ils ont donc sélectionné deux modèles de l'Apple Watch pour créer trois associations: le modèle acier de 38mm de la marque à la pomme est accroché au même bracelet que leurs modèles Pinnacle et Skyview Pinnacle (deux modèles en acier), tandis que le modèle en or de 38mm est accroché au même bracelet que leur modèle Sunrise Pinnacle (en or 18 carats).

Nico Gerard Skyview Pinnacle from Nico Gerard on Vimeo.

Si l'esthétique des montres Nico Gerard ne présente aucune particularité ni aucun style qui la distingue de milliers d'autres modèles, la documentation insiste sur la validation par le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres, affiche une réserve de marche de 38 heures et une étanchéité à 100m. «Nous sommes des collectionneusr de belles montres dans la famille et pour nous, une montre devait etre suisse ou ne pas être. La montre mécanique suisse c'est l'héritage d'un savoir-faire et d'une certaine idée de l'art de vivre. Quant à la smartwatch, c'est un outil comtemporain appelé à évoluer à grande vitesse. Nous combinons les deux sur le même bracelet car les usages ne sont pas les mêmes», glisse le Californien.

Entre 10 et 12 mois de délai

Reste la question du prix: quand Apple commercialise sa smartwatch à partir de 550$ pour le modèle classique, Nico Gerard propose sa combinaison de l'Apple Watch avec sa montre sur le même bracelet à partir de 9300$. Quand au modèle de luxe, associant l'Apple Watch en or à la montre suisso-californienne du même métal, le prix grimpe à 112'000$. Marque de luxe ou société du secteur tech? «Nous nous définissons comme une marque de montres suisses», résume Adam, très excité par cette aventure entrepreneuriale et les bons échos reçus de l'industrie horlogère suisse.

Reste la question de la livraison: le site annonce dix à douze mois de délai avant livraison. Or, avec ce calendrier, il y a fort à parier que l'Apple Watch de deuxième génération sera déjà sorti (ou sur le point de l'être) quand les clients recevront leur montre à deux boîtiers. Les nouveaux modèles de la smartwatch à la pomme pourront-ils alors remplacer leurs prédécesseurs sur le bracelet? «Pour le moment, Apple n'a pas annoncé de deuxième génération. Nous adapterons nos produits quand ce sera le cas. Et de toutes façons, pour ceux qui auront un modèle précédent, la mise à jour de l'OS offrira des fonctionnalités plus poussées», répond Adam Pluemer.

Alors que la production est annoncée avec des volumes limités pour la Skyview Pinnacle (99 exemplaires) et la Sunrise Pinnacle (88 exemplaires), Nico Gerard ne possède aucune manufacture sur le sol suisse et va confier la production à des partenaires et sous-traitants.

«C'est le début de l'aventure. A l'avenir, nous envisageons de créer d'autres combinaisons entre nos montres suisses et des smartwatches d'autres marques. Nous avons voulu commencer avec l'Apple Watch car c'est la plus populaire et la plus aboutie sur le marché pour le moment. Mais à l'avenir, nous pourrions créer des combinaisons avec des montres connectées Samsung, Pebble,...», annonce déjà Adam Pluemer.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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