Bilan

Une cheffe en or

La Vaudoise Elodie Manesse est la première femme à remporter la finale du cuisinier d’or, le plus important concours d’art culinaire suisse. Rencontre.

Elodie Manesse, 24 ans, est cheffe de partie au Restaurant Vieux-Bois à Genève.

Crédits: Lionel Flusin

Elodie Manesse n’a que 24 ans, et, pourtant, elle a déjà réalisé un sacré parcours. Actuellement cheffe de partie au Restaurant Vieux-Bois à Genève, elle a travaillé pour l’artisan confiseur de Saint-Prex Christian Boillat, pour le Beau-Rivage de Lausanne et auprès de Benoît Violier et Franck Giovannini à l’Hôtel de Ville de Crissier. Et surtout, elle vient de décrocher le titre de cuisinier d’or 2017.

Le 6 mars dernier, c’est à Berne, devant un parterre de 1200 invités - dont la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga – que la Vaudoise a remporté ce concours culinaire, le plus important de Suisse. Les six finalistes ont dû concocter deux plats, l’un à base de poisson (cabillaud et crevettes) et l’autre à base de viande (carré et palette de porc) pour 14 personnes. «Je n’étais pas seule durant le concours. C’est grâce à Robin, mon commis, que j’ai remporté le titre», souligne la gagnante dont la pression venait surtout de la présence du «chef Franck», président d’honneur du jury: «Je ne voulais surtout pas le décevoir. Je voulais qu’il soit fier de moi.» 

Ce succès n’empêche pas Elodie Manesse de se remettre perpétuellement en question: «C’est un métier où l’on ne peut jamais se reposer sur ses lauriers. Il faut toujours être perfectionniste et cuisiner avec amour.» L’avantage de ces compétitions, selon elle, c’est qu’elles permettent d’évoluer dans la rigueur. Elle souligne aussi le soutien de Terence Equey, mécanicien-constructeur-soudeur qui a créé ses emporte-pièces, des éléments très importants dans un concours. 

Au restaurant de l’Ecole hôtelière de Genève où elle est cheffe de partie, la Vaudoise essaie de transmettre aux étudiants – qui font un stage d’une semaine en cuisine – ce que les grands chefs lui ont enseigné, notamment la passion du métier. «Mes deux ans passés à l’Hôtel de Ville m’ont beaucoup apporté.» Seule femme en brigade, elle occupait le premier poste aux poissons et crustacés. Partie il y a tout juste une année pour «souffler un peu», Elodie Manesse évoque encore le souvenir  de Benoît Violier, les larmes aux yeux: «Je dois tout à l’équipe de Crissier.»

Ses parents et son compagnon viennent aussi du métier. Son père, maître d’hôtel et sommelier, a lui aussi travaillé à l’Hôtel de Ville de Crissier durant sept ans auprès de Fredy Girardet. Sa mère a été longtemps cheffe réceptionniste sur Lausanne avant d’œuvrer pour Bonfrais Bongel à Ecublens. Son futur époux, rencontré lors de son apprentissage chez Boillat, a travaillé comme cuisinier pour Philippe Rochat avant de revenir à la pâtisserie. 

Tour culinaire suisse

Elodie n’était pas à l’aise à l’école. Elle commence son premier stage en tant que caviste à l’âge de 15 ans. Puis elle tente la pâtisserie. «Comme je faisais beaucoup d’équitation avec des compétitions d’obstacles tous les week-ends, c’était idéal en termes d’horaires: je commençais à 3 h du matin pour finir à 14 h. Je pouvais ensuite monter mon cheval», raconte la passionnée qui a toujours eu cette même rigueur.

Depuis le concours, la vie d’Elodie a repris son cours. Elle commencera bientôt le Tour culinaire suisse qui se terminera en septembre prochain. Elle se rendra dans cinq restaurants renommés en Suisse pour préparer son menu gagnant pour une soixantaine de personnes. Et puis sinon? Les émissions de téléréalité ne l’intéressent pas, mais peut-être participera-t-elle un jour au Bocuse d’or, «le graal» pour les chefs en herbe. Elle se verrait bien aussi retourner dans un restaurant étoilé quelque temps. «L’exigence d’un grand établissement me manque.» Et avoir un jour son propre restaurant? «Oui, j’aimerais bien reprendre une auberge communale pour y faire de la bonne cuisine du terroir.»  

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