Bilan

Une anglaise complètement cirée

Elle ne craint ni la gadoue ni la bruine anglaise. Originellement créée pour les marins et les dockers il y a pile cent vingt ans, elle a, depuis, embobiné les motards, les soldats, les fermiers, les bourgeois, les festivaliers, les rockers, avec ses allures de baroudeuse chic. Bref, une veste Barbour, une valeur sûre pour ne pas s’en prendre une (de veste).
  • En 1964, Steve McQueen, membre de l’équipe US, en route pour l’ISDT (Six Days Trial) s’arrête à Londres. Toute l’équipe porta une veste de motard Barbour. En 2011, la maison lance la collection Barbour International Steve McQueen.

    Crédits: Dr
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C’est en 1894 que l’Ecossais John Barbour débute en créant des vêtements costauds, destinés aux marins ou aux bergers. Des habits pas chichiteux et résistants. Les anecdotes et les dates charnières se compteraient par dizaines sur cette vénérable maison, glorifiée par trois fois de fournisseur de la cour – en 1974 par le duc d’Edimbourg, 1982 par la reine Elizabeth et 1987 par le prince de Galles. Comment cette maison et particulièrement ses vestes légendaires rallient aussi bien les aristos que les trendsetters.

La maison, dirigée par la même famille depuis quatre générations, ne s’est jamais départie de son ADN. Sans se trahir, sans renfort de publicité, une identité forte, des détails bien pensés, une qualité de matériaux impeccables ont tissé sa réputation. Une veste Barbour est immortelle. En 1929, c’est une première dans le prêt-à-porter, la marque propose une clinique de réparation (un service après-vente !) ; 13 000 vestes passent chaque année entre les mains expertes des ateliers où les clients, attachés à leur vieille Barbour, préfèrent la rafraîchir plutôt que de s’en offrir une neuve.

Quasiment indéchirable, fabriquée à la main, en coton égyptien, enduite d’une cire qui dégageait jusqu’à peu une odeur entêtante et typique, une poche à hauteur de torse, cousue de biais, d’autres placées pile où il faut, une doublure en tartan, des boutons-pressions et une fermeture éclair en laiton résistant à la corrosion, entre autres. Les modèles les plus prisés, créés dans les années 1980 par Dame Margaret Barbour, la Bedale, la Beaufort et la Border s’achètent pour environ 500 francs, le summum est d’en dénicher une d’« époque » !

Avec un flegme tout britannique, Barbour est parvenue à collaborer intelligemment avec quelques grands designers sans jamais renier son héritage de vêtement utilitaire. Simplicité et efficacité d’un produit authentique aussi crédible sur Steve McQueen que sur le dos du prince Charles à Balmoral, sur le Che Guevara que sur Alex Turner, leader du groupe Arctic Monkeys (son ex-petite amie, Alexa Chung, a, elle, réhabilité le port d’une Barbour sur une robe sage ou habillée).

Loïc Prigent, journaliste-réalisateur spécialiste de mode, disait dans une interview que « Barbour est un symbole de tradition et de respectabilité dont j’ai l’impression que tout le monde a besoin ». Ce n’est donc pas un hasard si en 2012 Barbour remportait à Londres le prix de la meilleure marque de vêtements masculins. L’époque est friande de figures tutélaires qui durent contre vents et marées. Barbour, une terrienne qui sait autant apprivoiser la boue que les mondanités. Eclectique. Comme vous. 

www.barbour.com 

Sarah Jollien-Fardel

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