Bilan

«Une journée sans rire est une journée perdue»

Laura Chaplin peint, sculpte, dessine des montres et des sacs à main, et est l’auteur d’un livre sur le rire. Rencontre avec une artiste pleine de vie.

Parmi les thèmes favoris des tableaux de Laura Chaplin: son grand-père Charlot.

Crédits: Laurent Chiu, Geri Born, dr

Depuis quelques mois, les promeneurs et automobilistes qui traversent l’avenue Louis-Casaï à Meyrin ont la possibilité d’admirer une œuvre de plus de 1500 m2, exposée sur la façade d’un projet immobilier mené par les sociétés Immologic et Roof. L’œuvre, intitulée Spread the Love, est réalisée par l’artiste suisse Laura Chaplin et sera vendue, une fois démontée, au profit d’une fondation. Elle représente son grand-père, Charlie Chaplin, éclatant un cœur scintillant grâce à sa fameuse canne qu’il utilise en guise de viseur.

L’idée de l’entrepreneur Olivier Plan, actionnaire majoritaire des deux sociétés: offrir un musée à ciel ouvert sur une bâche de 74 mètres sur 20. L’œuvre immense de Laura Chaplin entend prouver l’impact de l’art sur le bien-être et le moral, surtout dans des périodes de crise comme celle que nous vivons actuellement. «Rire est l’une des choses les plus importantes de la vie», explique Laura Chaplin qui a sorti l’ouvrage Rire est le premier pas vers le bonheur en avril 2016, devenu rapidement un best-seller en Allemagne et en Autriche. Son mantra est le même que celui de son grand-père qui aimait dire «qu’une journée sans rire est une journée de perdue. Tout ce que je fais, je le fais dans l’optique de créer un sourire afin de mettre de la couleur dans la vie des gens». L’artiste vaudoise a ainsi hérité de l’humour, de la joie de vivre et du talent du mythique cinéaste et interprète du film Le dictateur. Elle explique toutefois n’avoir jamais été élevée dans le culte de son grand-père. «Enfant, je ne me rendais pas compte de l’ampleur de son œuvre.»

Exposition prochaine à Neuchâtel

Alors que son père Eugène Chaplin invite des stars telles que Michael Jackson ou Robert Downey Junior dans sa maison d’enfance, le Manoir de Ban, dernier domicile de Charlie Chaplin où se trouve l’actuel musée Chaplin’s World, Laura n’aspire qu’à une chose: peindre. Les échanges culturels et l’âme artistique des lieux l’inspirent, tout comme le fait d’accompagner les tournées du Cirque Nock pendant dix ans en Suisse. Son père, en effet, est alors l’ingénieur du son et le metteur en scène de cette mythique entreprise de spectacles. Entourée d’artistes, Laura Chaplin vend ses premières peintures à l’âge de 5 ans aux visiteurs du manoir pour un montant de 2 francs. Aujourd’hui, ses tableaux dont les thèmes principaux sont les chevaux – elle est une grande cavalière –, les nus féminins et l’humanisme de Charlot, sont cotés autour de 30 000 francs et vendus dans le monde entier.

Avant de se lancer dans la peinture et d’exposer pour la première fois en 2011, Laura Chaplin a suivi une formation de stylisme et modélisme à Londres, puis elle s’est essayée au mannequinat pour des grandes marques de luxe. Elle a également créé une collection de sacs à main et designer des montres et des vêtements. Covid oblige, la plupart de ses expositions à l’étranger (Vietnam, Cambodge, Autriche) sont pour l’heure reportées. En septembre, si les mesures sanitaires le permettent, elle sera l’invitée d’honneur de la foire d’art à Barcelone. Elle aura également une exposition à Neuchâtel. Laura Chaplin expose pour l’heure jusqu’au 30 août à la clinique Nescens à Genolier (VD). La plupart de ses tableaux sont réalisés aux doigts, sans pinceaux, sur toile ou acrylique, avec vernis, sable et feutres. «Je veux avant tout transmettre un message positif, qui donne de l’espoir et qui fait du bien.» Et surtout provoquer un sourire… Assurément un héritage de son grand-père.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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