Bilan

Un week-end en grand seigneur

Dîner devant une cheminée démesurée, dormir entre des murs centenaires, déguster les vins du domaine, c’est possible en Suisse romande. Nos adresses.
  • Passionné, Raymond Schauss anime le Château de Salavaux depuis six  ans.

    Crédits: Guillaume Perret
  • Le Château Le Rosey, construit au début du XIIIe siècle, a été admirablement restauré.

    Crédits: Dr
  • Le Château d’Ouchy propose sept suites, dont la suite Chevalier et ses vitraux.

    Crédits: emo-photo.com

La Suisse romande compte des centaines de châteaux. Au fil du temps, la plupart ont été transformés en musées, logements, lieux de réception pour les mariages, bureaux et autres salles d’archives. Il est donc devenu plutôt rare de pouvoir tester la vie de château dans notre région. 

Quelques bâtisses laissent heureusement cette possibilité d’expérimenter la nuitée dans une tourelle, le week-end enchanteur dans une architecture d’un autre âge. De véritables machines à remonter le temps, avec le confort d’aujourd’hui. 

Le Rosey, intime et convivial

Dans les hauteurs de la région de La Côte, entre Genève et Lausanne, le petit village de Bursins abrite l’adorable Château Le Rosey, construit au début du XIII siècle et aujourd’hui dédié à l’hôtellerie et aux vins. Entouré de vignes, de vergers et potagers, offrant une magnifique vue sur le Léman, le lieu a tôt fait de faire oublier le stress de la semaine qui s’achève… 

Et quand Benoît Riboulet, responsable du château depuis huit  ans, vous accueille avec classe et humour dans la belle cour intérieure, vous voilà happé dans une parenthèse de bonheur. Un bonheur assez exclusif, puisque seules quatre chambres d’hôte peuvent être réservées. Ici, tout a été admirablement restauré, meublé, conçu par l’architecte et propriétaire Pierre Bouvier.

Côté dégustation des vins du domaine (des découvertes magnifiques!), on se laisse guider par le passionné Benoît Riboulet. Par contre, pas de restaurant permanent au Rosey. L’équipe a choisi de proposer des dîners gastronomiques tous les mardis et vendredis. Ces soirs-là, des chefs et traiteurs de la région – Guillaume Trouillot fait partie des habitués – régalent les convives à la lueur d’un magistral feu de cheminée. Autant dire que l’expérience est totale. Ambiance très conviviale, visite des caves, nuit dans une chambre de rêve… Pour le tout et pour deux personnes, il faudra compter environ 600 francs la nuit. A moyen terme, un spa devrait compléter le tableau.

www.lerosey.ch

Ouchy, le grand luxe

A 30  kilomètres de là, les pieds dans l’eau, le sublime Château d’Ouchy à Lausanne propose un séjour moins personnel avec ses 50 chambres, mais plus proche de l’hôtellerie classique de luxe. Comptez ici entre 200 et 800  francs pour deux, selon le type de chambre et la période (petit-déjeuner compris). La bâtisse de style néogothique date de 1880, mais la tour du Donjon fut construite au XIIe siècle.

Elle a été assemblée au reste du château après avoir fait office de grange, et même de prison. Aujourd’hui, elle entre plutôt dans la catégorie du rêve médiéval, puisque sept suites y ont été aménagées, dont la suite Chevalier et ses vitraux, ou la grandiose suite Riviera avec son panorama à 360  degrés… Plafond d’époque sculpté, boiseries, mobilier design: tout pour un séjour royal!

Si le Château d’Ouchy est un hôtel depuis 1886, il a été entièrement rénové en 2008. Son restaurant avec terrasse – à 10  mètres du lac, face aux montagnes – est dirigé par Edgard Bovier, dont la cuisine méditerranéenne se déguste également au Lausanne Palace & Spa. Les établissements sont d’ailleurs aussi liés par le côté wellness, puisque les clients du château ont accès au spa du Palace le jour de leur arrivée. Mais la vie de château luxe version XXI siècle inclut bien entendu déjà piscine, hammam et sauna…

www.chateaudouchy.ch

Salavaux, totalement déconnecté

A quelques encablures d’un autre lac, celui de Morat cette fois, le Château de Salavaux propose lui aussi une expérience sur le mode Godefroy de Montmirail… Enfin presque! Le châtelain Raymond Schauss, un ancien boucher, a repris les lieux avec une passion non dissimulée depuis six  ans. 

Il a donc troqué son tablier contre un costume médiéval (dans lequel il pose fièrement sur la page web de l’établissement), mais propose tout de même sa grande spécialité culinaire à ses hôtes: la viande de bœuf régionale affinée sur l’os.

La bâtisse, qui date de 1594, comprend 16 chambres doubles (230 à 290  francs avec petit-déjeuner). Confortables, elles ont la particularité d’imposer un séjour à l’ancienne. Qu’on se rassure, il n’est pas ici question de pot de chambre, mais le maître des lieux a sciemment évité d’installer tout appareil électronique. Pas de télévision, pas de téléphone, ni de réveil, et encore moins de réseau wi-fi (sauf dans la salle de séminaire). Une «non-option» dont les clients ne se plaignent pas, et qui, ouvrons les paris, deviendra bientôt le must des week-ends tranquilles.

Par contre, à la demande de ses seigneurs d’un soir, il propose depuis peu une dégustation de vins régionaux et italiens. 

Quatre fois dans l’année, des soirées astronomie sont également organisées dans le château. Avec tout ça, difficile de ne pas avoir les yeux remplis d’étoiles.

www.chateausalavaux.ch 

Camille Destraz

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."