Bilan

Un thé haut de gamme attaque le marché suisse

Un milliardaire indien aimerait relancer la culture et l’art du thé en Suisse. De passage à Genève, nous l’avons rencontré à l’Hôtel Beau-Rivage.

Nirmal Sethia, propriétaire des thés Newby.

Crédits: Image: DR

Plus de 95 % du thé vendu et consommé dans le monde serait de mauvaise qualité selon Nirmal Sethia, homme d’affaires anglo-indien. Dû à des mauvaises conditions de production et des problèmes d’emballage, les thés « industriels » et soi-disant « haut de gamme » seraient, en réalité, sans caractère. Rajouter du sucre, du lait, du citron ou d’autres arômes est la preuve de la médiocrité de la plupart de ces boissons chaudes. Alors qu’un thé de qualité n’a besoin de rien, excepté d’être servi à bonne température avec un juste temps d’infusion. Le must du rituel ? Déguster le thé et ses arômes en silence. Au final, Nirmal Sethia compare l’infusion à une magnifique femme qui a du caractère.

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Ainsi, le magnat des affaires, partenaire de Sicpa en Inde et président du groupe Sethia, actif dans l’impression sécurisée, le raffinage de sucre, l’électricité, la finance et l’immobilier entend redonner ses lettres de noblesse à cette boisson chaude. La marque, disponible sur Internet, est déjà présente chez Globus, à l’Ecole hôtelière de Lausanne, à la Clinique La Prairie, mais aussi dans des hôtels cinq étoiles type Beau-Rivage Palace de Genève ou encore Lausanne Palace.

Plus de 100 prix récompensant la qualité des produits

Pour conquérir le palais des amateurs de thé en Suisse avec ses produits de qualité, Newby récolte toutes les feuilles de thé durant la meilleure saison. Des experts en dégustation sélectionnent les feuilles les plus tendres avant d’envoyer des échantillons à l’homme d’affaires pour qu’il puisse les approuver. Sa passion pour la boisson chaude remonte à 1950 lorsque lors d’une rencontre fortuite, il devient apprenti dégustateur de thé. C’est beaucoup plus tard, après avoir fait fortune dans l’industrie de l’impression sécurisée que l’Anglo-Indien fonde Newby Teas en 2000. Depuis lors, la marque a reçu plus de 100 prix récompensant la qualité de ses produits innovants.

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Aujourd’hui, Newby Teas est détenu à 45% par la Fondation N. Sethia qui soutient de nombreuses œuvres caritatives. La marque ne représente  que 0,5% du groupe Sethia alors que son dirigeant lui consacre – par passion - près de 50% de son temps. « Je souhaite simplement réintroduire la culture du thé dans le monde sans chercher nécessairement à faire des profits » souligne l’épicurien.

Ce dernier a également investit des dizaines de millions de francs pour créer la plus prestigieuse collection d’accessoires liés à l’art du thé, la Collection Chitra, exposée à Londres. La collection, qu’il espère pouvoir exposer un jour en Suisse, contient des pièces datant du 10ème siècle avant J-C, certaines étant évaluées à plus de 1,3 millions de francs.

Le marché du thé dans le monde et en Suisse

Avec 500 millions de tasses de thé bues chaque jour, le business du thé reste très important dans le monde. En effet, il s’agit de la boisson la plus bue après l’eau. La matière première est principalement produite en Inde, en Chine, au Sri Lanka, en Indonésie et au Kenya. Puisqu’il se vend aux enchères, le thé ne provoque pas de spéculations comme le cacao ou le café.

Le thé est un immense marché, surtout celui en sachet, ne serait-ce que pour Unilever, qui détient avec Lipton près de 5% de la production mondiale. La Suisse, grande consommatrice, importe environ 1800 tonnes de thé par année. Le thé chaud représente 35% de son marché, le reste étant du thé froid.

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Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

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Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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