Bilan

Un jeune Clos valaisan dans la cour des grands

Créé par quatre amis passionnés de grands crus, le Clos de Tsampéhro ambitionne de produire de très grandes bouteilles. histoire d’une aventure réussie.

Tout neuf, le chai peut accueillir 150 barriques dans les meilleures conditions.

Crédits: Dr

Né en 2009, le Clos de Tsampéhro découle de la passion de quatre amis pour les grands crus. Produisant son premier millésime en 2011, il a rapidement rivalisé avec les domaines iconiques de la région. Les deux premières éditions ont reçu de nombreuses distinctions de la part des professionnels du secteur. Ce mois-ci, c’est le guide Gault&Millau et Swiss Wine Promotion qui les ont nommés parmi les 100 meilleurs vignerons de Suisse.

«L’histoire de ce clos, c’est d’abord une aventure humaine», explique Emmanuel Charpin, l’un des associés de Tsampéhro. C’est en effet à force de conviction que quatre partenaires – le vigneron Joël Briguet, également propriétaire de la cave La Romaine, les œnologues Vincent Tenud et Emmanuel Charpin, le banquier genevois Christian Gellerstad  –  ont réussi le tour de force de racheter, durant deux ans, 35 microparcelles pour les réunir en un seul vignoble de 2,5 hectares.

Depuis lors, la moitié des vignes ont été replantées avec dix cépages afin d’élever trois vins: un assemblage rouge (dont la production maximale est de 6000 bouteilles), un assemblage blanc (max. 2000 bouteilles) et un extra brut (max. 2000 bouteilles). Le vignoble du Clos de Tsampéhro – qui signifie «champêtre» en patois valaisan  – a été choisi pour son terroir: des sols schisteux et sablo-limoneux, une altitude d’environ 600 mètres et un ensoleillement optimal. 

Ainsi, sa réussite réside dans un mélange de facteurs: premièrement, la construction d’un chai qui peut accueillir 150 barriques offrant les meilleures conditions d’élevage. Puis l’équipe a réalisé un gros travail de sélection des tonneaux auprès des meilleurs fournisseurs français, notamment pour avoir un impact boisé le plus faible possible. Autre décision judicieuse: réaliser pour le rouge un élevage, cépage par cépage, avec un assemblage seulement quelques semaines avant la mise en bouteilles.

«Nous considérons que le cornalin a une sensibilité différente que le cabernet ou le merlot», explique Emmanuel Charpin. Ainsi, en séparant les cépages, on arrive à être au plus près de la spécificité de chaque plan alors qu’à Bordeaux, les châteaux ont plutôt tendance à élever les différents cépages déjà assemblés. Le domaine vient aussi d’inaugurer une chambre froide qui permet le stockage des raisins rouges durant vingt-quatre heures avant le circuit de vinification. 

Et puis, pour les hédonistes, les lieux disposent d’un espace de dégustation pouvant accueillir jusqu’à 100 personnes. Sans oublier la possibilité de s’y rendre en hélicoptère, le toit du chai faisant également office d’héliport.   

«On s’éclate»

Cette démarche unique, associée à une politique de petits rendements viticoles, explique donc en partie le prix élevé des rouges produits par le Clos de Tsampéhro (79 fr. le flacon de 75 cl). Tout comme la distribution de niche, quasi exclusivement réservée aux grands restaurateurs et à quelques cavistes de la région.

«Avec ce projet, la rentabilité n’est pas notre seul objectif. Nous souhaitions déjà nous faire plaisir et partager ce plaisir avec les amateurs de vins», souligne Emmanuel Charpin. Par chance, les quatre passionnés ont les mêmes goûts et surtout la même vision: celle de faire «des vins élégants mais robustes, avec une dimension à la fois valaisanne et internationale. Notre réussite? C’est que l’on s’éclate à le faire.» 

Malgré son succès, l’équipe ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle a déjà prévu d’innover l’an prochain en expérimentant la réintroduction de la technique de labour, un travail au sol réalisé manuellement au treuil. Une idée assez folle quand on connaît les terroirs pentus du Valais.  

Chantal Mathez

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