Bilan

Un festival de perfection et d’émotions

Le sport équestre sera à la fête comme jamais du 8 au 11 décembre 2016 à Genève, à l’occasion du Concours hippique international. Maîtrise et larmes programmées.
Crédits: Shutterstock

Pas de doute, ce sera Noël avant l’heure! Du 8 au 11 décembre, Palexpo va une nouvelle fois se transformer en capitale mondiale du cheval. Pour son 90e anniversaire (56e édition), le Concours hippique international de Genève a fait un nouveau pas vers l’excellence. Pour la première fois, ce ne sont pas deux ou trois, mais bien quatre disciplines qui seront présentées en compétition. Les organisateurs ont réussi le tour de force d’ajouter le dressage au saut d’obstacles, à l’attelage et au cross. Un véritable cadeau pour les quelque 40  000 passionnés attendus durant les cinq sessions (deux le samedi), qui pourront savourer un concentré unique de maîtrise équine.

Mais comme souvent, le CHI de Genève promet plus. A savoir ce supplément d’âme qui lui permet régulièrement d’être élu meilleur concours du monde. En 2016, les gradins, c’est sûr, vont chavirer lorsque Steve Guerdat entrera en piste avec «Nino des Buissonnets». Un duo de héros, champion olympique à Londres, pour un ultime effort, puisqu’il s’agira de la dernière d’un cheval exceptionnel. Un instant, parmi bien d’autres, à ne manquer sous aucun prétexte. Voici pourquoi. 

L’ultime duel des géants en or

A Genève, le sport roi est le saut d’obstacles. L’exceptionnel en est la règle. Mais cette fois, il y aura plus: un duel de champions olympiques qui restera à jamais unique dans l’histoire. Ce sera, en effet, la seule fois où «Nino des Buissonnets», couronné à Londres en 2012, et «Big Star», qui a pris sa revanche à Rio de Janeiro en 2016, vont s’affronter, médailles d’or sur le poitrail, puisque le hongre monté par Steve Guerdat tirera sa révérence juste après le Grand Prix Rolex de dimanche.  

«Il y aura une émotion de dingue, prédit Alban Poudret, directeur sportif du CHI. Je ne sais pas comment Steve va gérer cela. Mais je sais qu’il a des nerfs et une concentration hors du commun qui peuvent lui permettre de surmonter ça, de se transcender.» Et pourquoi pas, gagner. Car Steve Guerdat et «Nino des Buissonnets» seront là pour gagner une troisième fois à Genève, ce qui serait une première. Un projet que «Big Star» et Nick Skelton voudront à tout prix contrecarrer. Le Britannique espère en effet gagner les trois épreuves du Rolex Grand Chelem, ce qui passe par une victoire à Genève, puis à Aix-la-Chapelle (All) et, enfin, Calgary (Can). Une performance incroyable que seul le Britannique Scott Brash a réalisée jusqu’à présent. 

Tour de force logistique

Le Concours hippique de Genève, c’est un peu le menu surprise d’un chef étoilé. Le passionné s’y rend serein, certain d’être bien servi. Le secret? Un renouvellement constant dans la qualité. «Chaque édition a sa propre couleur. En 2015, nous avions voulu un maximum de diversités par les attractions. En 2016, cette diversité, nous l’avons souhaitée en compétition, commente Alban Poudret. Une évolution incroyable au regard du passé, puisque jusqu’en 1997, il n’y en avait qu’une: le saut d’obstacles.» Petit à petit, le programme s’est enrichi pour parvenir à le faire cohabiter avec trois autres disciplines: le cross indoor, l’attelage et le dressage. Une première en Suisse.

Un défi logistique également, qui a nécessité un remodelage des surfaces disponibles. «Le défi est moins sur la piste principale qu’en coulisses. Il s’agit notamment de coordonner les attractions et les échauffements sur les pistes 2 et 3, qui sont aussi ouvertes au public (1500 places) ». Pour l’occasion, il a fallu agrandir le terrain d’échauffement pour le mettre à la dimension d’un carré de dressage en jonglant avec les stands et les restaurants. Ou planifier à la seconde près les temps d’échauffement, puisque les attelages, par exemple, ont besoin d’être seuls sur la piste pour se préparer. Du coup, durant les quatre jours de fête, il n’y aura aucun temps mort et une diversité maximale pour un espace fermé.  

Des cavaliers de génie

Le CHI de Genève est l’occasion de voir de près une nuée de personnalités de génie. Dans cette catégorie, il y a, bien sûr, Steve Guerdat, le préféré du public genevois, et Nick Skelton, dont on a déjà parlé ci-dessus. Mais il faut aussi mentionner le brio de Scott Brash qui connaît la recette pour sublimer son cheval «Hello Sanctos» dans les épreuves du Rolex Gran Slam. S’il devait gagner à Genève, le Britannique serait aux deux tiers d’un deuxième Grand Chelem (déjà une victoire à Calgary), après celui de 2015.

Alban Poudret tient aussi à relever le brio de Pénélope Leprévost, héroïque avec sa jument «Flora de Mariposa» à Rio de Janeiro (coliques avant le concours et chute de sa cavalière sur le premier parcours). La Française, déterminante dans le titre olympique gagné sous la férule de Philippe Guerdat, s’est installée dans le haut du classement mondial et aura une très belle carte à jouer.

Côté suisse aussi, ce sera la fête. Pas moins de 25 cavaliers ont obtenu le droit de fouler la piste. Parmi eux, tous les olympiens brésiliens, à savoir Steve Guerdat, Martin Fuchs, Romain Duguet, Janika Sprunger et Paul Estermann. Une sélection officielle complétée par Edwin Smits, Werner Muff, Niklaus Rutschi, Nadja Peter Steiner, Christina Liebherr, Alain Jufer et Fabio Crotta, tous présents avec trois chevaux. Le Medium Tour (sept cavaliers avec deux chevaux) ainsi que les six wild cards accordées durant la saison font la part belle aux talents romands, confirmant la vocation régionale du CHI et sa volonté d’offrir aux champions de demain la possibilité de se mesurer à ce qui se fait de mieux.

Puissance et agilité

Le CHI de Genève offre aussi l’unique étape helvétique de la Coupe du monde FEI d’attelage. Un privilège qui se vivra le dimanche, lorsque sept attelages en découdront dans un mélange d’agilité et de puissance. Le favori? L’incontournable Boyd Exell. Depuis 2008, l’Australien a toujours gagné à Genève. Il domine aussi le circuit mondial sans partage. Les clés de son succès? Une écurie d’une vingtaine de chevaux, dans laquelle il puise pour constituer ses attelages, en fonction des saisons et des épreuves.

Le seul à l’avoir fait trembler est le Suisse Jérôme Voutaz, avec son attelage de franches-montagnes. Si le Valaisan parvenait à récidiver, il s’agirait véritablement d’un double exploit. Sportif, mais aussi physique, lorsque l’on sait que le meneur s’est fracturé le fémur en septembre. Notons qu’une wild card a été attribuée au Suisse Werner Ulrich.

Côté cross indoor, le spectacle est également garanti. «Nous profitons de notre très grande halle et de la possibilité de courir sur deux pistes, reliées par une bande de sable. Autre particularité: le lac dans lequel les concurrents sauteront depuis une petite butte», explique Alban Poudret. Un parcours qui pourrait bien faire le bonheur d’Astier Nicolas. A 27 ans, le Français au parcours atypique a atteint le sommet de la hiérarchie. La preuve par les JO de Rio où, dixit Alban Poudret, «il a bluffé tout le monde» en décrochant la médaille d’argent du concours complet individuel sur «Piaf de B’Neville». 

Patrick Oberli

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