Bilan

Un jardin plein de papillons et de fleurs sauvages

C’est le moment d’empoigner la pelle et la pioche. Conseils pour créer des espaces verts regorgeant de biodiversité.

Pour obtenir une oasis débordante de vie, il suffit de laisser faire la nature et d’intervenir le moins possible.

Crédits: Helaine Weide/Getty images
Pour obtenir une oasis débordante de vie, il suffit de laisser faire la nature et d’intervenir le moins possible. (Crédits: Dr)

Des papillons qui voltigent dans les herbes folles, des coccinelles sur les fleurs et des oiseaux qui chantent. Voilà à quoi ressemble un jardin dévolu à la biodiversité. La saison avance, mais il n’est pas trop tard pour se lancer dans la création d’un espace vert un peu sauvage qui sera un royaume pour les lézards, les coléoptères et les mésanges. Les garden centers fonctionnent actuellement sur un mode drive-in et livrent à domicile les commandes passées sur internet. Bonne nouvelle: créer une oasis débordante de vie ne demande pas un travail trop astreignant. Il suffit de laisser faire la nature. Le jardinier amateur peut ainsi veiller sur un petit éden qui constitue le meilleur moyen de lutter contre la disparition des abeilles et l’appauvrissement de nos écosystèmes. Contribuer à la biodiversité est par ailleurs une recommandation de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), qui encourage: «Si vous avez un jardin, vous avez la possibilité de créer un espace le plus naturel possible pour les plantes et les animaux.»

Principe de base: évitez les espèces exotiques qui ne conviennent pas au biotope local et peuvent se révéler dangereusement invasives. Les buissons et essences indigènes constituent en outre les meilleurs habitats pour les papillons. Il s’agit par exemple de carottes sauvages, de centaurées, ainsi que de haies de saules ou de prunelliers. Un cerisier fera la joie des passereaux. Les herbes aromatiques contiennent des substances qui agissent comme répulsif naturel contre les chenilles. Mais plus tard, les papillons adoreront leurs petites fleurs. Il faudra bien sûr renoncer aux insecticides de synthèse qui font des ravages. Préférez le compost et le paillis aux produits à base de tourbe et gardez un coin en friche avec des orties et des chardons qui sont une source de nourriture pour les hôtes du jardin. Favorisez les buissons donnant mûres et fraises sauvages, de même que les murs en pierres sèches. Remplacez la pelouse par une prairie fleurie, bien moins avide en eau. Paradoxalement, un pré rustique pousse mieux sur un sol pauvre en éléments nutritifs. Semez quelques graines d’essences locales, par exemple sauges des prés, marguerites et gaillets. Pas d’engrais, ni de tondeuse à gazon, mais deux fois par an, un entretien à la faux ou à la débroussailleuse pour éviter la pousse d’arbustes. Laissez la plus grande quantité possible d’herbe coupée sur place, ainsi les graines des fleurs seront de nouveau semées d’année en d’année.

Sur le balcon, sus aux géraniums. Les papillons préfèrent les essences locales riches en nectar: cosmos, zinnias, mais aussi verveine, thym et ciboulette dont vous cueillerez des branches pour la cuisine et les infusions. Les plantes grimpantes conviennent bien à une tonnelle ou à la végétalisation d’une façade. En ville, cette verdure contribue à améliorer la qualité de l’air et à réguler la température.

La pelouse se remplace avantageusement par une prairie fleurie, moins avide en eau. (Crédits: 7hsiao0/Pixabay)

Des abris appréciés

Le tipi à haricots est un aménagement simple particulièrement prisé par les enfants. Disposez des tiges de bambou d’environ deux mètres de hauteur en cercle et attachez-les ensemble à leur sommet. Plantez à la base de chaque branche une paire de graines de haricot. Le feuillage va s’enrouler autour des branches et rapidement créer un abri en forme de hutte. Les graines sont à planter seulement à partir de la mi-mai. Ou alors on peut les faire germer auparavant sur de la ouate humide à l’intérieur.

Une mare miroitante apporte au jardin une touche poétique supplémentaire. Idéalement, le plan d’eau s’étend entre ombre et soleil. La lumière est la condition pour que la végétation et les espèces aquatiques prospèrent. Les berges sont à recouvrir d’argile et de pierres. Soyez paresseux au moment de nettoyer le jardin. Les vieux arbres et les souches offrent des abris appréciés par la petite faune pour l’hiver. Laissez les feuilles mortes sur le sol pour les hérissons qui viendront hiberner dans ce nid végétal. Hamas de branches, sous-arbrisseaux secs, herbes couchées et plantes grimpantes jouent le même rôle.

Un outil malin: le moteur de recherche de l’association Floretia (www.floretia.ch) qui vous conseille sur les meilleurs choix de plantes en fonction du lieu où vous habitez. Sur la base de votre code postal, le site vous indiquera les essences qui vous permettront de composer des habitats accueillants. Floretia vous apprend aussi à reconnaître la végétation sauvage que l’on arrache souvent à tort en la prenant pour de la mauvaise herbe. Enfin, pour s’inspirer et rêver, la série d’Arte Jardins d’ici et d’ailleurs vous emmène visiter les plus beaux espaces verts du monde. Les 24 épisodes sont disponibles gratuitement sur YouTube.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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