Bilan

Un chantre de la poésie industrielle

Le Lausannois Adrien Rovero trace sa route entre technologie et rêves éveillés. Ce diplômé de l’ECAL travaille la lumière, les espaces et les objets. Mary Vakaridis

  • Adrien Rovero a créé des éléments gonflables bleu vif qui habillent les lieux de fête.

    Crédits: Dr
  • Une lampe de la collection « Parc ».

    Crédits: Arseni Khamzin 2019
  • Les meubles de jardin « Lausanne » ont été récompensés par un Prix suisse de design.

    Crédits: Dr

Mon travail, c’est de concevoir des objets, des dessins et des espaces », explique Adrien Rovero. Le designer romand maîtrise ces différentes activités lorsqu’il crée des meubles pour de grandes enseignes, dessine des motifs graphiques et invente une scénographie. Cette dernière discipline est par ailleurs une matière qu’il enseigne depuis dix ans à l’ECAL (Ecole cantonale d’art de Lausanne). Une institution dont il est diplômé en design industriel. Le Lausannois est notamment connu pour ses doodles. « Doodle, en anglais, ça veut dire dessiner distraitement pendant que l’on est au téléphone. Mes doodles, c’est une machine qui les crée. J’ai détourné un système CNC (Computer Numerical Control) qui sert à découper des matériaux. En remplaçant l’outil de coupe par un stylo, on obtient un outil qui trace des lignes autour d’un objet. Le résultat relève de la poésie industrielle. »

En tant que designer en vue, Adrien Rovero a été choisi comme partenaire artistique pour la dernière opération de marketing de Miele. Communiquant sur le thème du développement durable, l’enseigne allemande d’électroménager a demandé à ce trentenaire de dessiner des motifs à appliquer au fer à repasser sur de vieux textiles, de manière à leur donner une nouvelle jeunesse. « Ce projet me parlait, car il fait écho au langage de la rustine appliquée sur un pneu crevé qui peut alors à nouveau servir. Je ne suis pas un grand cycliste, mais j’ai déjà refait des pneus », sourit le créateur.

Adrien Rovero a ouvert son studio à Renens en 2006. Son travail est basé sur un grand souci du détail. Son art consiste à assembler, réutiliser et déplacer formes, matériaux et références. Parmi ses clients, ce touche-à-tout compte nombre de noms prestigieux comme Hermès, l’atelier Pfister et le Centre Pompidou. En 2017, il signait l’exposition « Doodle » à la fameuse villa Noailles, à Hyères dans le sud de la France, dans le cadre de la Design Parade. Autre expérience forte de sa carrière, l’année sabbatique qu’il a passée à enseigner à l’Université de Montréal en 2018. « Cette période de découverte a débouché sur une collaboration avec la maison québécoise spécialisée dans les éclairages Lambert & Fils. Baptisée « Parc », notre collection s’inspire de l’univers du camping et de ses différents accessoires », relate Adrien Rovero. En 2018 toujours, le designer a reçu pour la troisième fois un Prix suisse de design pour la chaise de jardin « Lausanne », dessinée pour Pfister. L’objet de métal et d’aluminium se veut à la fois résistant aux intempéries, confortable et facile à empiler.

En juin 2019, Adrien Rovero s’est distingué par la transformation d’un vaste hall d’usine en lieu de fête réalisée pour la San Francisco Design Week. Cette édition du festival avait pour thème « Communauté ». Il a imaginé une installation de 120 éléments gonflables d’un bleu vif, à la fois imposants et maniables. Ces meubles peuvent servir de sièges ou de chaises longues, tandis qu’assemblés, ils forment des structures plus importantes.

« Je prépare actuellement la scénographie d’une exposition sur le thème de l’espionnage qui débute en septembre à la Schirn Kunsthalle de Francfort. On y verra des objets historiques avec, par exemple, la célèbre chaussure équipée d’un appareil photo. Il y aura aussi des œuvres d’artistes contemporains comme le Canadien Stan Douglas. Ce photographe et artiste vidéo a produit toute une réflexion sur le sujet de l’agent secret. » Adrien Rovero : un parcours éclectique et toujours passionnant.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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