Bilan

Trier, ranger, vider: et si c’était essentiel?

Le minimalisme est toujours autant à la mode. Cette tendance vise à désencombrer sa maison ou son appartement pour ne garder que les objets les plus importants. Tour d’horizon.

La société de consommation pousse à accumuler beaucoup d’objets, pas toujours très utilisés.

Crédits: Stevecoleimages/Getty images

Comment reprendre le contrôle de son foyer? Entre le pantalon qui trône sur la chaise de bureau, le tas de papier à trier ou encore les ustensiles de cuisine qui attendent d’être rangés, il y a toujours un objet à la mauvaise place. Vient alors la tendance du désencombrement – ou minimalisme: l’idée est de se débarrasser de ce qui est superflu. 

«Nous vivons dans un monde complexe, qui va très vite. Du coup, nous accumulons beaucoup de choses inutiles», explique Céline Bartlome Elizarov, fondatrice de Trop c’est trop. L’ex-gestionnaire de fortune a rejoint la Swiss-APO. Cette association, qui recense les organisateurs professionnels, compte un code d’éthique et propose des formations continues. Ainsi, le désencombrement serait une tendance qui prend de plus en plus d’ampleur dans le monde entier.

L’une de ses figures de proue est Marie Kondo. Preuve de son succès, Netflix a sorti en janvier une série sur la créatrice de la méthode KonMari. Celle-ci consiste à passer en revue ses objets en déterminant ce qui nous procure de la joie ou non. «Je préfère tabler sur le côté utile et utilisé», glisse Céline Bartlome Elizarov. Par exemple, le four à raclette inutilisé peut passer à la trappe, tout comme les photos souvenirs de ce curieux voyage à Gampelen. «Nous commençons d’habitude par les choses les plus faciles», admet Ewa Kristensen, fondatrice de Joy at Home. Elle exhorte ses clients à commencer par les habits, avant de passer crescendo dans le reste des objets. «Ils sont capables de décisions toujours plus difficiles, et c’est bien pour reprendre le contrôle», explique-t-elle.

Netflix a sorti en janvier une série sur Marie Kondo et sa méthode de rangement KonMari. (Crédits: Dr)

Les professionnels du rangement, baptisés home organizers, sont d’autant plus pertinents lorsque les clients butent sur un objet. «Je leur demande s’ils achèteraient cela en boutique», lance Ewa Kristensen. Sa confrère se souvient d’une diplomate qui avait gardé des souvenirs çà et là. «Une fois qu’elle avait franchi le pas, elle m’a dit être très soulagée», relate Céline Bartlome Elizarov. Il faut cependant passer par une série de «petits deuils», comme le décrit la fondatrice de Joy at Home. «Il y a des attaches sentimentales», plaide-t-elle, pour souligner la difficulté de la tâche.

Un mal pour les biens

A en croire les adeptes du désencombrement, le jeu en vaut la chandelle. Les bénéfices évoqués par les pratiquants de cette méthode sont bien la diminution du stress, le gain de temps et même d’argent. «Une cliente m’avait confié qu’elle achetait souvent de nouvelles chaussettes… Quand nous les avons recensées, elle s’est rendu compte qu’elle en avait assez», rigole Ewa Kristensen.

L’une des clients de Trop c’est trop raconte: «J’avais beaucoup d’écharpes dans des boîtes, mais les ranger différemment m’a fait réaliser tout ce que j’avais. Et je les retrouve plus facilement.» De manière générale, les home organizers relèvent le soulagement de leurs clients. Quand ils rentrent à la maison, ils n’ont plus besoin de chercher la télécommande sous le tas d’habits. «Le cerveau anticipe ce qui n’a pas été fait ou est à faire», affirme Céline Bartlome Elizarov.

Attention toutefois, les chambres de moine ne sont de loin pas ce que visent les home organizers. «Il s’agit simplement de modifier sa consommation pour que la maison reprenne son rôle», note Ewa Kristensen. Pour elle, l’amas d’objets a amené une prise de conscience. Les personnes ont commencé à réaliser tout ce qu’elles conservent et n’amènent pas à la déchetterie. «Le problème s’est juste déplacé dans les maisons», observe la fondatrice de Joy at Home. S’il faut compter entre 70 et 110 francs de l’heure, investir dans des meubles n’est pas obligatoire. «J’ai pu arranger avec les boîtes que j’avais déjà», témoigne une cliente. 

Pour la spécialiste Céline Bartlome Elizarov, ranger permet de reprendre le contrôle. (Lievaux)

Conseils pour un débarras intelligent

Recyclage Se séparer de ses objets est une chose, reste à savoir où les mettre. L’une des solutions de facilité est la décharge publique. Dans des villes comme Genève, la voirie propose un service pour débarrasser les objets encombrants. Cependant, Céline Bartlome Elizarov, home organizer, y voit une solution de dernier recours et privilégie le développement durable. «J’invite mes clients à donner, recycler et éventuellement vendre», confie-t-elle, en évoquant une liste d’associations et de coopératives à qui elle transmet les objets. Emmaüs est l’une des plus connues, et tous les objets sont revendus pour faire vivre la communauté. Pour vendre, il faut connaître les prix. Olivier Fichot, commissaire-priseur chez Genève Enchères, conseille de faire un premier tour du propriétaire avec un expert. 

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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