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Test auto: le nouveau Jeep Compass à l'épreuve

Depuis le milieu du XXe siècle, pour les amoureux du hors-pistes, Jeep représente l'évasion et l'aventure. Avec son nouveau Compass, la marque américaine désormais intégrée au groupe Fiat Chrysler, propose un compromis entre le lourd Cherokee et le léger Renegade. Bilan a testé le Jeep Compass au Portugal.
  • Le nouveau Jeep Compass est davantage prévu pour la piste que pour la route et les grands trajets.

    Crédits: Image: Fiat Chrysler Jeep
  • Le Jeep Compass propose plusieurs déclinaisons avec motorisations et équipements.

    Crédits: Jeep Fiat Chrysler
  • Malgré certaines finitions qui pourraient être améliorées et un système de navigation à perfectionner, le nouveau Jeep Compass se révèle agréable à vivre et à piloter avec un tableau de bord bien conçu et une console centrale efficace.

    Crédits: Jeep Fiat Chrysler
  • C'est véritablement quand le terrain devient difficile que le Jeep Compass donne toute la mesure de ses possibilités.

    Crédits: Jeep Fiat Chrysler

Dans l'univers du tout-terrain, Jeep a acquis sa légitimité depuis la Deuxième Guerre Mondiale et personne ne songe à la remettre en cause. Mais cette histoire se perpétue-t-elle en 2017, alors que les SUV d'autres marques ont envahi le marché depuis deux décennies, que Jeep a désormais intégré le groupe Fiat Chrysler et alors que les demandes des client(e)s ont évolué vers davantage de confort et moins de robustesse?

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Voici dix ans, Jeep dégainait son Compass, premier crossover de la marque américaine. Cette première génération aux lignes très carrées et à l'esthétique extrêmement sobre ne remporte qu'un succès d'estime jusqu'à ce que les ingénieurs italiens, suite au rachat de Chrysler et de Jeep par Fiat, redessinent cette gamme: le design est adouci et les motorisations diversifiées, afin de correspondre à tous les usages possibles et tous les conducteurs. Les ventes décollent et le Compass se fait sa place, entre le Renegade (plus compact) et les Liberty et Cherokee (plus massifs).

L'ADN Jeep est respecté

Pour les dix ans de la gamme, la nouvelle génération arrive. Rien de révolutionnaire dans cette nouvelle moûture du SUV: l'ADN Jeep est respecté avec des fondamentaux soignés, aussi bien pour la robustesse que pour les capacités de franchissement ou encore les codes esthétiques (la calandre à sept entrées, les passages de roues). Mais les designers et les ingénieurs italo-américains ont voulu instiller une dose d'innovation dans l'habitacle surtout. Bilan a pu tester ce modèle sur les routes du Portugal, aussi bien en ville que sur les grandes routes et autoroutes ou sur son terrain de prédilection: les parcours sur chemins forestiers et hors-pistes.

Premier constat dans le réseau urbain: la maniabilité est assez ardue, la direction n'offre pas une sensation idéale pour les grandes artères et les fréquents stop-and-go ont de quoi désarçonner. Pourtant, avec 4,40m de long, ce Compass n'est pas un monstre: l'automobile a des dimensions de nature à faciliter sa circulation même dans les petites rues. Au niveau de l'espace, aucun risque de se sentir à l'étroit: l'habitacle est agréable et vaste. A l'intérieur, pas de luxe ostentatoire, mais des accessoires et rangements pensés pour être utiles. Tableau de bord, écrans, commandes sur la console centrale et levier de vitesse sont très bien pensés et idéalement placés. Les sièges fermes mais confortables sont dessinés pour assurer au conducteur comme à son passager une assise stable et confortable. Petit bémol toutefois au niveau de la finition avec des matériaux (notamment les plastiques et revêtements) qui pourraient être améliorés.

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Sortie de ville et premières accélérations. Là aussi, on reste un peu sur sa faim: les rapports sont assez longs et l'on a souvent l'impression d'être en surrégime, même quand on roule piano dans les tours. Au niveau du confort par contre, ce Jeep Compass surprend par la sensation agréable d'un amorti optimal des chocs, des secousses et des mouvements. On est bien loin de la rusticité d'un 4x4 d'antan: sur cette gamme, Jeep a bien intégré les codes des crossovers modernes qui doivent garantir au conducteur et à ses passagers une sensation de sécurité et de sérénité.

Autre regret: le système de navigation. Complexe à apprivoiser par rapport à certains systèmes récemment sortis, et pas toujours très réactif, il peut induire en erreur sur certains choix. Ce handicap peut se révéler délicat en ville lorsqu'il faut anticiper les changements de files à certains carrefours. Moins problématique en pleine nature.

Le plaisir commence au bout de la route

Au bout de la route goudronnée, l'aventure commence. Et c'est là que le plaisir débute réellement avec ce Jeep Compass. Sur les routes forestières et chemins cabossés, le véhicule affiche une remarquable aisance: ornières, troncs, pierres et fossés sont surmontés sans encombres et sans faire tanguer l'habitacle excessivement. La suspension atténue admirablement les chocs et les cahots du parcours, sans jamais provoquer de haut-le-coeur, même sur des tracés très accidentés. Les boucliers avant et arrière ainsi qu'une garde au sol juste assez élevée permettent des franchissements sans encombre. Sur sol sec ou sur des dalles de pierre humide, l'adhérence est optimale. Le moteur reste certes bruyant mais les obstacles et le type d'itinéraire suivi excusent ce désagrément. Les performances plus qu'honnêtes du Jeep Compass sur terrain accidenté permettent même de maintenir une allure rapide sur des parcours pour lesquels d'autres SUV devraient réduire la vitesse.

Ici, ses imperfections des milieux urbains se transforment en atouts. La souplesse dans la direction, gênante dans le réseau urbain, se révèle utile dans les chemins forestiers ou hors des itinéraires. Idem pour les rapports: la boîte automatique s'avère bien mieux réglée pour ce type de terrain que pour la route urbaine ou l'autoroute, notamment lors de franchissements d'obstacles ou de montées sévères.

En somme, ce nouveau Jeep Compass se révèle idéal pour un usage hors des sentiers battus. Sur de longues routes rectilignes ou sur des chemins (voire hors des chemins), le crossover du groupe Fiat Chrysler Jeep donne toute sa mesure, sans rechigner à la tâche. Ceux qui souhaitent un modèle pour circuler majoritairement dans les villes européennes et uniquement de temps à autre sur terrains accidentés devront s'accommoder de quelques désagréments. Faut-il s'en étonner? Le Compass est l'héritier de 4x4 américains, plus habitués à alterner entre les grands axes des métropoles et les pistes des grands parcs nationaux que dans les vieilles villes européennes et les routes étroites et souvent sinueuses de ce continent.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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