Bilan

Tel-Aviv la ville arty

Tel-Aviv est une ville hors norme. Surnommée «la ville qui ne dort jamais», Tel-Aviv est en plein boom. Connue pour ses start-up et sa vie nocturne, elle connaît une explosion culturelle depuis une dizaine d’années, qui fait d’elle la ville la plus «trendy» de la Méditerranée.
  • JAFFA célèbre quartier historique au sud de Tel-Aviv.

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  • Une des plus anciennes galerie d’art de Tel Aviv : la Gordon Gallery expose les artistes israéliens contemporains.

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  • Brown hotel

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A Tel-Aviv, le concept du temps n’est pas le même. Ici, la vitesse d’intégration et d’exécution est « proprement hallucinante », nous dit un habitant. Si un concept fonctionne quelque part dans le monde, les habitants s’en emparent et l’adaptent ici en un tour de main.

Les nouveaux immeubles poussent comme des champignons et la mondialisation est à tous les coins de rue. « Tel-Aviv me fait penser à la Chine », commente Charles Tibi, un Français immigré depuis quelques mois : « Nous sommes dans une ville émergente. Les nouveaux projets se décident et se réalisent très vite. » Et comme dans toute ville émergente, elle revendique sa singularité.

En l’espace d’une dizaine d’années, des quartiers historiques et délaissés comme Neve Tzedek ou Jaffa sont devenus branchés: des galeries d’art, boutiques de design ou de mode se sont ouvertes près des nouveaux restaurants et des terrasses animées.

« Avant, on avait le choix entre le houmous et le falafel dans les restaurants. Aujourd’hui, toutes les cuisines du monde ont pignon sur rue », commente un restaurateur. Italienne, thaïe, japonaise ou végane, la ville s’est mondialisée.

Le front de mer

Etendue sur 14 km en bord de mer, Tel-Aviv a plusieurs visages. Capitale économique du pays où tout va plus vite, elle sait aussi prendre le temps et s’arrêter. Face à la mer, les grands hôtels sont le siège de congrès d’affaires au beau milieu de la station balnéaire.

Dans les halls d’hôtel, il n’est pas rare de croiser des hommes en costume-cravate et des femmes en paréo, prêtes à rejoindre leur transat. Les longues plages agissent comme des aimants, soigneusement entretenues : pistes cyclables, vélib’ en location, espaces fitness en plein air sous les palmiers. Et bien sûr les transats à perte de vue.

On se croirait en Californie. Les touristes retraités s’y baignent dès 10 heures le matin; la nuit tombée, les beach-volleyeurs et les promeneurs sont encore nombreux à déambuler. Et, comme beaucoup de villes du sud, la ville s’anime à la nuit tombée quand l’air se rafraîchit.

La Ville blanche

Avant cette nouvelle « vague » des années 2000, Tel-Aviv avait connu une autre période d’expansion dans les années 1930. Trois quartiers construits entre 1930 et 1950 forment la Ville blanche. Issus du mouvement architectural Bauhaus, ces quartiers représentent aujourd’hui un ensemble de 4000 immeubles, tous blancs, et classés au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2003.

On peut même y dormir… Comme dans l’ancien cinéma Esther devenu le Cinema Hotel : www.atlas.co.il/french/cinema-hotel-tel-aviv 

« Gay-friendly »

Israël, pays pourtant religieux et conservateur, autorise l’adoption par les homosexuels et le recours à la GPA (gestation pour autrui) depuis 2013. Ces nouvelles lois reflètent le positionnement unique de Tel-Aviv: une des destinations les plus gay-friendly de la planète. On organise déjà sa prochaine espacade pour la Gay Pride du 8 au 14 juin prochain. www.gaytlvguide.com

Ville « arty »

Mais la meilleure illustration du nouveau Tel-Aviv est à découvrir dans sa nouvelle vie artistique. En quelques années, les galeries d’art et les musées ont proliféré. Les hôtels accueillent des expositions, les bars sont le rendez-vous des jeunes créatifs et les artistes – peintres, sculpteurs, vidéastes – commencent à ouvrir leur studio au grand public.

Cette tendance arty touche tous les quartiers, et c’est par des cartes «artistiques» que le touriste égaré découvre désormais la ville. Avant d’arriver, téléchargez les cartes sur www.mapalesham.co.il.

Côté galeries d’art, commencez par la Sommer Gallery. Fondée en 1999 par une Lausannoise, Irit Sommer, elle fait figure d’institution sur Rothschild Boulevard. A deux pas, le Brown Hôtel propose des expos photo et des long drinks à n’importe quelle heure de la journée.

C’est dans cette «boutique-hôtel» branchée qu’une autre Lausannoise, Alex Schinasi, a lancé il y a quelques mois son site internet: «J’ai été tellement surprise par la créativité des gens à Tel-Aviv que j’ai eu envie de les faire connaître. Ils travaillent dans le design, la photographie, la mode, mais n’ont aucun moyen de se faire connaître à l’extérieur d’Israël. Ce sont pour ces jeunes créatifs que j’ai lancé cette plate-forme internet, ArtSetters, www.artsetters.com. »

Sur Gordon Street, la Gordon Gallery a conquis le quartier en ouvrant deux galeries. Michal Freedman, jeune manager passionnée, connaît parfaitement Tel-Aviv et ses artistes : « La scène artistique est très dynamique ici. Il y a moins de restriction que dans le reste du pays.»

Cette nouvelle génération d’artistes est désormais soutenue par des galeries, des musées et des collectionneurs comme Serge Tiroche. Issu d’une famille de marchands d’art, cet ancien banquier, passé par Zurich et Londres, a quitté la banque pour retourner vivre dans sa maison natale à Tel-Aviv.

En 2008, il a lancé ST-ART : un incubateur pour artistes israéliens, www.st-art.co.il « Je soutiens une centaine de jeunes artistes aujourd’hui, explique Serge Tiroche. Je les aide en achetant leurs œuvres, je prête ma maison pour les exposer, je les conseille dans leur stratégie de développement et je les présente aux galeries. Nous avons 700 œuvres dans la collection ST-ART. Un de mes artistes préférés s’appelle Michel Platnic: Français installé en Israël depuis huit ans. Il fait des tableaux vivants, « living paintings ». Il sera un jour une star internationale. »

Frances Barrow a travaillé dix-sept ans chez Sothebys, à New York puis à Tel-Aviv. « Nous ne sommes pas une petite culture isolée, nous parlons à tout le monde. Tous les courants artistiques sont représentés ici, du surréalisme au figuratif et à l’abstrait. La vidéo art se développe aussi beaucoup. J’ai vécu à Tokyo, Bruxelles, Florence, j’ai voyagé dans le monde entier, et Tel-Aviv est de loin la ville la plus extraordinaire. »

Nivez C Photoa
Catherine Nivez

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, j’ai migré en Suisse et à Genève ou je vis et travaille désormais sur ma nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, j’ai signé une série d’articles pour le quotidien suisse-romand Le Temps et travaille désormais pour BILAN où je tiens la rubrique mensuelle « Santé & Nutrition ».

Vous pouvez aussi me retrouver sur mes blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs que je côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS mon nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

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Xavier Casile, le pubard de la Suisse

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