Bilan

Tel-Aviv, la dolce vita orientale

A seulement trois heures et demie d’avion, Tel-Aviv et sa région méritent leur surnom de deuxième paradis sur terre. Plus sobrement, c’est un tout autre monde qui s’offre au visiteur. Reportage.

  • La plage de Tel-Aviv s’étend sur des kilomètres à l’ouest de la ville.

    Crédits: Dr
  • Le Tel Aviv Museum of Art compte de très importantes collections d’art moderne allant de Van Gogh à Chagall, de Picasso à Jackson Pollock.

    Crédits: Dr

Lorsqu’on quitte l’hôtel le premier matin, aucun plan de ville n’est nécessaire. Quelle que soit la direction que l’on prend, il ne faut guère de temps pour tomber sur un café où il fait bon déguster un petit-déjeuner à une heure déjà tardive de la matinée. Si l’on poursuit sa promenade vers l’ouest, toujours au fil de ses inspirations, on arrive face à la mer. Et l’on découvre avec bonheur que les plages se succèdent, avec restaurants, bars, transats et parasols à louer. Et que la mer est bordée par une promenade de plusieurs kilomètres ouverte aux vélos, trottinettes, planches à roulettes et piétons. Elle relie la vieille ville de Jaffa au quartier Old North de Tel-Aviv. « Tous les juifs, et j’en suis un, demandent deux choses à Dieu : une place au paradis dans la prochaine vie et une place à la plage de Tel-Aviv dans celle-ci », écrivait le journaliste Shalom Asch. On dirait qu’au moins le deuxième souhait est exaucé pour de nombreux habitants de Tel-Aviv (440 000 habitants) et les visiteurs de passage.

Le nom complet de la commune est Tel-Aviv-Jaffa, ce qui rappelle que lors de sa fondation en 1909, Tel-Aviv (Tel signifie vieux et Aviv veut dire printemps ou neuf) n’était qu’un faubourg de l’antique ville portuaire de Jaffa. En 1950, deux ans après la création de l’Etat d’Israël, les deux villes ont été fusionnées. La région métropolitaine – et ses plus de 250 communes – nommée Gusch Dan, compte plus de 3 millions d’habitants, soit presque la moitié de la population du pays tout entier. Elle constitue la troisième plus grande place économique de la région (après Abu Dhabi et le Koweït) et le centre économique et social d’Israël. C’est en tout cas ce que l’on lit sur internet avant d’y vivre ses propres expériences.

Car pour la plupart des touristes qui y débarquent, d’autres spécificités de Tel-Aviv s’imposent : de début mars à fin octobre, il fait en général sec et chaud en journée. On peut parler de saison balnéaire, du moins si l’on ne craint pas l’eau fraîche de la Méditerranée au printemps. Tout voyagiste met en garde contre le fléau des méduses en juillet et contre l’humidité de l’air en août. Tel-Aviv est une destination recommandée pour les touristes qui apprécient la cuisine méditerranéenne et aiment sortir le soir: la ville compte des boîtes de nuit qui, pour ce qui est de la qualité des DJ et des soirées sans fin, ne dépareraient pas à Berlin.

Les rues de la vieille ville du district de Jaffa, au sud de Tel-Aviv. (Crédits: Dr)

Une offre abondante, donc, pour un séjour de quatre ou cinq jours (la moyenne de ce que s’offrent les touristes citadins). Mais il y a bien d’autres choses à faire: le shopping vaut le détour, notamment la mode féminine et masculine dessinée par des créateurs locaux. Et si l’on est passionné d’art, il y a pléthore de musées, y compris des œuvres originales. En avril dernier, le Musée d’art de Tel-Aviv proposait une exposition très intéressante d’artistes israéliens (contemporains et plus anciens) ainsi qu’une expo presque intégrale de photos de l’artiste japonais Hiroshi Sugimoto. Et l’on trouve quelques grands noms de la peinture du début du XXe siècle: Renoir, Matisse, Chagall. Signée de l’Américain Preston Scott Cohen, l’architecture du musée vaut le coup d’œil.

Mais ce que l’on peut certainement le plus apprécié à Tel-Aviv, c’est la joie de vivre qui se dégage de ses habitants. La majorité de la population est jeune, au-dessous de 35 ans, et semble heureuse d’habiter cette ville. On le constate notamment sur les grandes avenues, souvent divisées en deux par un cordon arboré où tout le monde aime flâner, déguster des mets, jouer.

Cette agréable dolce vita ambiante ne doit pas empêcher l’envie de planifier une journée d’excursion à Jérusalem. La capitale d’Israël n’est qu’à une soixantaine de kilomètres mais, au terme d’une heure de voiture, c’est un monde complètement différent qui vous attend. Un lieu où presque tout parle d’histoire et de valeurs anciennes. Où des représentants de quatre cultures et religions – juifs, musulmans, chrétiens et Arméniens – se côtoient plus ou moins pacifiquement sur un périmètre restreint, vivant et entretenant leurs traditions. S’y ajoutent des visiteurs venus de loin, qui tolèrent souvent encore moins que les autochtones les écarts à la doctrine: juifs orthodoxes de Brooklyn, falashas d’Ethiopie, hassidim russes qu’il vaut aussi la peine d’observer. A ne pas manquer, l’église du Saint-Sépulcre et le mur des Lamentations dans la vieille ville, l’église de Toutes-les-Nations dans le jardin de Gethsémani, au pied du Mont des Oliviers, d’où on a une vue splendide sur la ville.

(Crédits: Thomas Coex)

Cet attrait pour les beautés cache toutefois une réalité économique contrastée. Tel-Aviv est une destination coûteuse pour le touriste. Les prix de l’hébergement, des repas et des loisirs sont pour le moins au niveau de ceux de Genève et de Zurich. Un brunch ou un lunch pour deux coûtent dans les 250 shekels, soit bien 80 francs, mais le soir le montant double facilement, surtout si l’on s’offre des boissons alcoolisées. Les vins locaux, notamment ceux des hauteurs du Golan, coûtent souvent plus cher que ceux de France ou d’Italie, également à la carte.

Difficile de dire pourquoi la vie est si chère, même si une explication peut être trouvée du côté du niveau des impôts et autres taxes estimés au-dessus de la moyenne. Le pays vivant un contexte géopolitique unique, les dépenses de sécurité y sont importantes. Mais Israël n’est pas un pays fiscalement cher, en témoigne le nombre croissant d’entreprises à succès, en particulier des startups technologiques, entre Tel-Aviv et les faubourgs de Jérusalem.

Tel-Aviv figure également en tête de classement des prix du logement. Un trois-pièces de 100 m2 vaut jusqu’à 2 millions de dollars dans la « Ville blanche », le centre, où se dressent environ 4000 immeubles à l’architecture Bauhaus classés au Patrimoine mondial de l’Unesco.

L’Alyah, qui se traduit par « ascension » ou « élévation spirituelle », soit le retour des juifs en Israël, explique pourquoi le prix du mètre carré a doublé ces sept dernières années. Depuis 2015, quelque 20 000 personnes ont immigré rien qu’en provenance de France. C’est moins que ce que prédisaient certains observateurs après une vague d’attentats antisémites, mais tout de même. L’Alyah n’est certes rien de nouveau dans la jeune histoire du pays mais, comparé à des vagues antérieures notamment venues d’Union soviétique, les immigrants actuels ne sont pas dépourvus de moyens. Et ils ne portent pas leur choix sur n’importe quel logement dans un gratte-ciel de Gush Dan, la banlieue de Tel-Aviv, où les immeubles sortent de terre comme des champignons. Reste que le nombre d’appartements et de maisons disponibles dans le très recherché centre-ville est limité et ne peut guère augmenter, car les règlements en matière de construction foisonnent comme en Suisse.

Bien sûr, cela ne préoccupe pas le voyageur qui se rend ici pour passer quelques belles journées d’été à la mer et quelques nuits dans les bars et les boîtes. Tel-Aviv n’est qu’à trois heures et demie de la Suisse. Et Jérusalem mérite qu’on y consacre une journée pour découvrir un tout autre monde.


Hôtel A23, 23, rue Arlozorov,
+ 972 50 8232383,
www.a23hotel.co.il

Restaurant La Shuk, 92, rue Dizengoff,
+ 972 03 6033117,
en.la-shuk.co.il 

Restaurant Romano,
9, Derech Yafo,
+ 972 54-317-7051

Excursion à Jérusalem: Hallelujah Tours,
+ 972 52-2299549,
www.hallelujah-tours.com

Bilan Luxe

Lui écrire

Du même auteur:

Chic Team
Votez pour l'Homme de l'année 2015

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."