Bilan

Swan, les gentlemen navigateurs

Aujourd’hui en mains de l’homme d’affaires italien Leonardo Ferragamo, les voiliers Swan veulent faire la course en tête en construisant plus grand.
  • Les bateaux Swan se sont frayés un chemin à travers les océans depuis 1966​.

    Crédits: Rolex/Carlo Borlenghi
  • Les plus grands navigateurs se retrouvent à la Rolex Swan Cup pour se livrer bataille parmi la centaine de monocoques inscrits.​

    Crédits: Rolex/Carlo Borlenghi
  • L’équipage du Stark Raving Mad de l’armateur américain James Madden en plein changement de voile, lors de la Rolex Swan Cup Caribbean.

    Crédits: Rolex/Carlo Borlenghi
  • La construction d’un voilier Swan est entièrement intégrée et manufacturée en Finlande.

    Crédits: Rolex/Carlo Borlenghi

Parce que le marin aime les légendes, le chantier finlandais Nautor’s Swan le lui rend bien. En juin 2015, le nouveau Supermaxi yacht de 115 pieds, premier d’une série industrielle déjà en chantier, sera inauguré dans les eaux monégasques. Car la tendance du marché est au très grand voilier. Pourtant, les Supermaxi yachts ne datent pas d’hier dans l’histoire de la voile, et Swan avait déjà manufacturé un voilier sur mesure de 131 pieds pour un client, mais c’était une pièce unique.

L’industrialisation est une autre histoire, que Swan a la ferme intention d’entonner sur toutes les mers du globe. Mais pour chanter à l’unisson de ce Swan d’un peu plus de 35 mètres, il faut débourser plus de 15 millions de dollars, pour le modèle de base s’entend. Et pour éviter les vents contraires d’un marché trop instable, Nautor’s Swan a renforcé son équipe commerciale dans les pays stratégiques comme les Etats-Unis et l’Europe et perfectionné encore son service à la clientèle.

Les premiers résultats de vente semblent donner raison à ce choix de catégorie Maxi yacht, puisque quatre Swan 115 sont déjà en construction. Sur le marché, la concurrence est forte. La marque Wally, principal challenger, a déjà surclassé la catégorie en sortant un voilier de 164 pieds, avec succès. Pourtant, la sur-enchère de la longueur, toujours spectaculaire en mer, n’est plus le seul critère.

La maniabilité du grand voilier, en équipage réduit, semble être le point central, ainsi que le confort luxueux de ses intérieurs, pour la plaisance. Et sur ce point Swan est en progression, puisqu’il a compris que la navigation sportive avec moult équipages (une vingtaine d’équipiers) très dispendieux n’est plus le rêve du gentleman navigateur. Il veut être à la barre et en faire profiter sa famille, au pied levé, en petit comité.

Un club Swan, pour nourrir le mythe

Dans l’ultraluxe, la proximité avec le client est un critère sélectif. Sur ce point, la marque Swan a su distancer ses concurrents. Dès 1999 et à l’initiative de son nouvel actionnaire majoritaire de l’époque Leonardo Ferragamo, le Club Swan est né. L’idée, calquée sur le club automobile, était novatrice dans le milieu de la voile, il y a quinze ans. Régates organisées sur mesure pour ses clients, rencontres informelles, privilèges en tout genre, jamais navigateur n’aura été autant choyé.

Mais pour intégrer le très sélect Club Swan, être fan ne suffit pas, il faut, au minimum, en posséder un. Et aujourd’hui, plus de 2000 membres en font partie, comme autant de bateaux sortis du chantier naval mythique depuis cinquante ans. Le ticket d’entrée? Débourser 1,4 million de dollars, le prix du plus petit Swan en production, le Swan 53. Mais alors s’entrouvrent enfin les portes de l’éden maritime.

Courses légendaires, yachts clubs illustres affiliés, les plaisirs de la voile promettent d’être rendus au centuple. Mais le prestige seul ne suffit pas à construire un mythe. La bienfacture, la solidité, la fiabilité sont des critères qui, par 30 nœuds de vent, en plein océan Atlantique, restent plus convaincants. Et c’est bien sur cette capacité du chantier naval finlandais Nautor’s Swan de contrôler l’intégralité de la fabrication du voilier et à garantir sa robustesse en configuration course comme en plaisance que la légende Swan peut encore régater face aux nouveaux venus sur le marché.

La Finlande, l’autre pays du nautisme

La longue tradition navale finlandaise trouve, comme les autres industries phares du pays, ses racines dans la richesse de ses bois. Maisons, meubles, bateaux, c’est dans le bois massif finlandais que le patrimoine industriel a pu prospérer. En 1966, un homme, Pekka Koskenkylä, dont la fortune s’est bâtie dans le papier, veut mettre à profit le savoir-faire naval oublié.

Le chantier Nautor’s Swan naîtra de son idéal improbable de construire les yachts les plus luxueux et résistants de la planète, dans un petit village portuaire du nord-ouest de la Finlande, à Pietarsaari, dans le golfe de Botnie. Il s’adjoindra les meilleurs ingénieurs nautiques du moment, Sparkman & Stephens au début, Ron Holland, puis German Frers, dès les années 1980 jusqu’à aujourd’hui.

Depuis, l’intégration complète des étapes de fabrication en fait le centre de production de très haute facture parmi les plus aboutis. A Källby, la fabrication des moules, la stratification des coques et l’assemblage des plus petits yachts. A Pietarsaari, l’assemblage des superyachts, du Swan 60 au nouveau Swan 115, et à Kronoby, la charpente des intérieurs en bois. Réussir l’entrée de la marque dans le XXIe siècle est un devoir que Leonardo Ferragamo veut réussir.

Il y a investi beaucoup. Il veut croire que l’innovation couplée au solide savoir-faire éprouvé sur les mers gelées du nord depuis des lustres gagneront. Et les aficionados de Swan le confirment. James Madden, propriétaire américain de Swan : « J’ai commencé à naviguer sur le Swan 46 de mon beau-père quand j’avais 20 ans. Un coup de foudre. Je ne rêvais que de ça. J’ai enfin pu m’offrir mon premier Swan 42 en 2011 avec lequel j’ai obtenu de belles récompenses sportives, avant d’acquérir, un an plus tard, un Swan 601. Je suis certain qu’il y aura un troisième Swan bientôt, et si je suis vraiment chanceux, peut-être même davantage. La qualité du design, de la bienfacture en fait des bateaux très fun et beaux à naviguer. Et très performants, puisque j’ai remporté la Rolex Swan Cup aux Caraïbes en 2013. »

Deuxième point, les lignes du voilier, inimitables pour ceux qui y ont goûté. Riccardo Bonadeo, le commodore du plus chic et puissant yacht-club de la Méditerranée, le Yacht Club Costa Smeralda, raconte: «Voir rentrer un Swan dans un port est merveilleux. Mais je suis peut-être peu objectif, car Swan a été mon berceau, ma première expérience en mer, il y a trente-cinq ans. J’ai très vite gagné de nombreuses régates avec mon Swan 44. Ma vie sportive est liée à cet extraordinaire chantier naval Swan, très identitaire. Depuis cinquante ans, le chantier naval Swan réussit encore à réunir les armateurs dans une vraie passion de la mer.»

Des partenaires, pour consolider la légende

La légende d’un bateau se bâtit sur des histoires d’hommes, qui gagnent des courses mythiques. Swan en a gagné quelques-unes, dont la Whitbread de l’époque (1973) avec un Swan 65, mais a également réussi à créer des rendez-vous véliques prédominants. La clé ?

Avoir su tisser deux alliances, il y a trente et un ans, avec des partenaires stratégiques d’envergure, Rolex et le Yacht Club Costa Smeralda. Riccardo Bonadeo, commodore du yacht-club de Porto Cervo : « Rolex n’est pas un simple sponsor, c’est un partenaire, au même titre que Swan. Ils font partie intégrante de notre histoire depuis trente ans. Il est primordial pour un yacht-club de pouvoir organiser des régates prestigieuses qui dominent le calendrier international, la Maxi Yacht Rolex Cup en est une, mais également la Rolex Swan Cup, que nous avons vraiment conçue ensemble. Notre trio a réussi à bâtir des réussites et continue encore d’entreprendre. Depuis deux ans, nous avons exporté notre savoir-faire et notre marque Yacht Club Costa Smeralda de l’autre côté de l’Atlantique, à Virgin Gorda. Cette décision est une première dans l’univers de la voile. Jamais un yacht-club n’avait intégré comme nous le faisons deux entités, mais également deux marinas sous gestion, liées à des promotions immobilières. Un yacht-club aujourd’hui doit pouvoir se développer au-delà de ses eaux. »

Pour Arnaud Boetsch, directeur Communication & Image chez Rolex, c’est un même constat: «La Rolex Swan Cup reste une référence. Elle se déroule dans un cadre de toute beauté, voit s’affronter des équipages fair-play sur des yachts de grande qualité et est organisée par des partenaires passionnés – Rolex, Nautor’s Swan et le Yacht Club Costa Smeralda, une association fructueuse qui dure depuis plus de 30 ans. Rolex et Nautor’s Swan ont uni leurs forces pour créer la Rolex Swan Cup, mais nos relations dépassent largement le cadre de cette régate. Nos marques sont unies par les mêmes fondamentaux, fiabilité, stabilité, confiance et respect. » 

Cristina d’Agostino

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