Bilan

Avez-vous déjà essayé le wakesurf?

Ce loisir gagne en popularité depuis des années sur les lacs suisses. Plus doux que le wakeboard, il est aussi plus facile. De nombreux clubs proposent bateaux et équipements.

Crédits: DR

Imaginez. Vous êtes au milieu d'un lac. Quelques mètres devant vous, un bateau glisse et vous profitez des vagues qu’il provoque pour avancer, les deux pieds posés – et non pas attachés – sur une planche. C’est en résumé le principe du wakesurf, qui a connu une montée en puissance notable ces cinq dernières années. Frédéric Traeger, fondateur et CEO d’OffAxis, société spécialisée dans la vente et la location de bateaux, constate «un véritable boom de la discipline».

La difficulté de cette pratique est de rester debout sur sa planche. Contrairement au wakeboard, le câble relié au bateau ne sert qu’à se lancer. Il faut ensuite se débrouiller sans. «Sur les 120 participants à l’une de nos dernières journées d’essai, 95% des débutants y sont parvenus», explique Stéphane Degiacomi, employé chez OffAxis. Pour certains experts, le wakesurf s’apparente à du snowboard. Pour d’autres, il se rapproche davantage du surf. «Le wakesurf permet directement d’avoir les sensations, là où il faut aller à la mer et apprendre à lire les vagues lorsque l’on s’essaie au surf traditionnel», affirme Cyril Cornaro, directeur du comité technique Wake Suisse. «Les 15-25 ans aiment encore beaucoup le wakeboard, qui est plus grisant. Ceux qui se sont fait mal se tournent facilement vers le wakesurf», ajoute Frédéric Traeger, ancien athlète professionnel en ski nautique, puis en wakeboard.

Cyril Cornaro (Wake Suisse) promet des sensations dès les premiers essais. (DR)

Surtout, cette discipline en vogue présente un aspect très convivial. Le public est majoritairement composé d’adultes. Beaucoup d’anciens sportifs d’élite privilégient le wakesurf à d’autres sports puisqu’il est peu violent. Il permet aussi de discuter avec le pilote, puisque l’allure se situe entre 15 et 20 km/h. Entre amis ou en famille, les personnes sur le bateau s’entendent discuter, et les sorties sur le lac s’accompagnent d’apéro et de musique.

Un sport de niche

Accessible à presque tous les physiques et les personnes de tous niveaux, le wakesurf demeure un sport nautique. Les amateurs de glisse peuvent toujours demander à un ami propriétaire de bateau de piloter pour s’y essayer, mais cela représente finalement un nombre restreint de personnes. 97 048 bateaux privés de passagers étaient immatriculés en Suisse en 2020, selon l’Office fédéral de la statistique. Il faut y soustraire ceux qui ne sortent pas ou peu sur le lac, ceux qui sont proscrits pour la pratique du wakesurf (voir encadré ci-dessous). La pratique est donc relativement de niche.

Les pratiquants comparent le coût avec celui d’une journée de ski. Au sein des clubs, les prix sont fixés à 3, 4 ou cinq francs la minute. Les sessions de 30 minutes pèsent rapidement sur le budget. Stéphane Degiacomi évoque la possibilité de louer un bateau pour ceux qui ont le permis et de partager les coûts avec leurs amis. «Pour environ 1000 francs, vous pouvez louer un bateau de wakesurf pour la journée qui peut accueillir 10 à 12 personnes, cela fait environ 100 fr. par personne pour la journée, avance-t-il. Il faut ajouter le plein et la planche.» Un professionnel va expliquer comment piloter pour créer de belles vagues.

Raphael Sarbach (Wake-Valais): «Je n’ai même plus besoin de faire de publicité.» (DR)

Un bateau neuf spécifiquement dédié au wakeboard ou wakesurf coûte environ 100 000 francs à l’achat. Ceux d’occasion se trouvent généralement pour plusieurs dizaines de milliers de francs. Le site de revente de bateaux d’occasion Boat24 liste les premiers prix à plus de 20 000 francs pour des bateaux d’une vingtaine d’années. Pour trouver les meilleurs bateaux, soit ceux qui font les meilleures vagues, il faut se diriger du côté des clubs de ski nautique. Ces derniers ont mis la main au porte-monnaie pour développer leur flotte. Et la demande répond présent. «Je n’ai même plus besoin de faire de publicité», lance Raphael Sarbach, patron de Wake-Valais, au Bouveret, qui ajoute qu’en 2020, il a été «quasi complet tout le temps.» Conséquence: il a acheté un second bateau pour développer encore l’offre. «Je le vois sur tous les lacs de Suisse: s’il n’y a pas de club qui propose de wakesurf, c’est qu’il est en train d’être créé», résume-t-il.

Les clubs participent largement à la reconnaissance de ce sport. Ils initient les personnes – adultes comme enfants – à travers des journées découvertes. La scène compétitive se développe, elle aussi, petit à petit. Certains pratiquants s’y lancent avec de très grandes ambitions. D’autres assistent simplement aux événements pour rencontrer les acteurs de cette grande famille. Une dernière catégorie aspire simplement à profiter au mieux du lac, et à boire la tasse dans les grands éclats de rire de leurs proches.


Choisir le bon bateau

(DR)

Le wakesurf requiert un type de bateau spécifique. Etant donné que le surfeur se trouve à moins de 3 mètres derrière, le moteur doit absolument se trouver sous le bateau. Si beaucoup ignorent – consciemment ou pas – la dangerosité de la situation, un accident peut vite arriver. Avec une hélice à portée du wakesurfeur, la moindre chute risque d’avoir des conséquences dramatiques.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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