Bilan

Stockez vos vins de garde en lieu sûr

En ville, des caves à vin, accessibles à toute heure, permettent de conserver ses bouteilles dans les meilleures conditions. Où se cachent-elles? Comment fonctionnent-elles? Tour d’horizon.
  • Filip Opdebeeck a installé ses caves à vin dans le sous-sol d’une banque genevoise.

    Crédits: Fred Merz/Rezo
  • A Lausanne, les clients d’ Emmanuel Raccurt disposent d’un petit salon de dégustation.

    Crédits: Olivier Evard

Faire un saut le vendredi après le travail dans sa cave sécurisée, en ville, pour y choisir «la» bouteille à savourer avec des amis. Emmener ses clients dans l’antre où l’entreprise stocke ses grands crus et y organiser une bonne dégustation. Faire garder à température idéale la caisse de vin achetée pour la naissance du bébé, afin de la récupérer à sa majorité…

Si quelques caves à vin urbaines occupent le terrain depuis un certain temps, le concept séduit particulièrement depuis 2006. Chaque lieu a ses petites spécialités pour se démarquer et vise des clients au profil assez différent. Mais partout, on affiche complet ou presque.

Comme à la maison

«Les locataires sont là pour des années. Ceux qui nous quittent le font parce qu’ils ont construit une maison et se sont aménagés une belle cave», observe Eric Huber, patron du Cellier de la Guilde du Vin à Prilly (VD). Présent depuis la fin des années 1980 – bien avant le petit effet de mode qui touche l’arc lémanique – il a gardé un concept très simple.

Des casiers sécurisés accessibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre, une table, un banc, et des conseils avisés aux jeunes amateurs de vin qui viennent stocker chez lui. «Les autres caves se sont positionnées différemment», affirme-t-il. 

Spécial entreprises

Ainsi, sur Lausanne par exemple, Emmanuel Raccurt a une clientèle composée à 70% de sociétés: magnifiques caves de 15  m2 aménagées, salon commun avec fauteuils en cuir, salle de conférences, cuisine, et des expositions d’art différentes tous les trois mois. Le luxe! Chez Raccurt & Partners, «tous les clients se connaissent, et il y a très peu de tournus. Je n’ai eu que trois départs depuis 2009. C’était dur au début, mais maintenant on est en progression constante.»

Livraison à domicile

Côté Genève, Au Bonheur du Vin s’est installée dans le sous-sol d’une banque. «Cave hautement sécurisée», «Protégez vos vins à petits prix», «Des centaines d’amateurs rassurés»: le message est clair. Ici, on n’entre pas comme dans un moulin. Les 335 locataires ont chacun leur propre casier, mais n’y ont pas accès, «car c’est moi qui ai la clé, explique Filip Opdebeeck, directeur de la société. C’est le principe d’une banque. Le client a un livre de cave, il choisit son vin, et je prépare la commande que je livre chez eux.»

Comme chez Raccurt & Partners, un petit salon est mis à disposition. Les clients peuvent y déguster une bonne bouteille, amener des amis ou des clients (option d’ailleurs très utilisée). Le patron y propose des tapas. «Je mets un tablier, je joue les maîtres d’hôtel!» Au Bonheur du Vin organise des soirées à thème, des soirées œnologie, offre un service conseils, etc. Avec un espace d’une capacité de 300 000 bouteilles, Filip Opdebeeck ne pense pas à s’agrandir, mais plutôt à diversifier ses services.

Ultrasécurisé

Arrivé en même temps qu’Au Bonheur du Vin, le Garde-Vins du Temple, dans les hauts de Lausanne, ne désemplit pas et ne tourne qu’avec une clientèle privée. 

Bernard Zeltner mise sur les différentes options proposées (petits casiers pour     100 bouteilles, caves privatives, ou espace pour stocker des caisses entières de bordeaux, par exemple), le tout également dans un environnement ultrasécurisé avec des matériaux à la pointe. «Parfois, les clients déposent leurs vins, et on ne les revoit plus! L’un de mes clients n’est pas venu pendant six ans.»

Pour futurs divorcés

Mais qui sont ces fameux locataires de caves urbaines? Lorsqu’on pose la question aux patrons de ces lieux discrets, ceux-ci nous dépeignent plusieurs profils. 

A commencer par le passionné qui a généralement aussi sa propre cave à la maison pour le stock tampon. Il y a bien sûr également les entreprises, utilisant le bon vin et la belle cave pour passer des moments privilégiés avec les clients, mais aussi les jeunes parents, et les héritiers qui se retrouvent du jour au lendemain avec des grands crus. 

Et, phénomène relevé du bout des lèvres: certains futurs divorcés utiliseraient ce moyen pour ne pas devoir prendre en compte les grands vins lors du partage des biens avec madame…

Du côté de la Cité de Calvin, le spécialiste Filip Opdebeeck note encore un autre profil de clientèle. «Beaucoup de Genevois qui s’expatrient stockent chez moi. Comme il y a beaucoup de taxes sur l’alcool, cela leur coûte moins cher. Et ils reviennent à Noël ou à Pâques.» Chacun sa cave, et les vins seront bien gardés!

Camille Destraz

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