Bilan

Sarah Goss : la championne qui redéfinit les standards du rugby féminin

Capitaine de l’équipe néozélandaise de rugby féminin à sept les Black Ferns 7, Sarah Goss est une surdouée du ballon ovale. Championne du monde des Rugby World Cup Sevens 2018 avec son équipe, elle se bat pour imposer ce sport de battantes et inspirer les jeunes filles en herbe.

Crédits: Alexi Hobbs

Sarah Goss a deux rêves. Jouer un rugby féminin de haut vol et piloter des jets dans les airs. Le premier est acquis depuis des années, sa carrière de « rugbywoman » ayant décollé déjà en 2013 avec sa première victoire aux Mondiaux, une médaille d’argent aux Jeux olympiques de Rio en 2016 et une brillante consécration en tant que meilleure joueuse néozélandaise de rugby féminin l’an passé. Planer dans les airs, c’est une passion qu’elle veut assouvir dès 2020. Pour Sarah Goss, l’accomplissement personnel se joue également à l’extérieur du terrain : « Il faut aussi avoir une vie en dehors du rugby. Et mon rêve à moi est de devenir pilote d’avion. L’année prochaine, je compte bien passer ma licence et devenir, un jour, une professionnelle dans l’aviation. Il est vrai que ce n’est pas non plus un choix très classique, mais c’est ce genre de challenges auxquels j’aime me confronter. C’est une passion. » Deux perspectives qui élargissent considérablement le cadre habituellement réservé aux femmes. Mais elle l’avoue, elle ne fonctionne qu’aux défis : « Je pense réellement que je suis née pour oser. Choisir un sport comme le rugby c’est oser, mais cela me permet surtout de mieux faire connaître notre sport à travers le monde. » Un défi que le sponsor suisse Tudor, marque horlogère très impliquée dans le World Rugby, soutient activement dans son partenariat avec les All Blacks Sevens et les Black Ferns Sevens. Si la communauté mondiale du rugby compte 9,1 millions de pratiquants et 338 millions de fans, affiliés par l’intermédiaire de 121 fédérations nationales, la place du rugby féminin y est encore minime. Mais la notoriété de ce sport progresse. « Même si le rugby est un sport national en Nouvelle-Zélande et que l’image du rugby féminin a changé au fil des ans, ce n’est pas encore très bien compris. C’est mon rôle de mieux faire connaître la discipline auprès des jeunes filles et de pousser les gens à regarder des matches. J’essaie de changer les stéréotypes, d’en faire la promotion dans les écoles, de rassurer les parents en leur disant que les blessures ne sont pas plus importantes que dans d’autres disciplines, tout est question de technique. Mais il est vrai que notre sport n’est pas profilé comme les autres. L’image du corps n’est pas mise en avant, les tenues ne sont pas très glamour. Il faut travailler dur pour trouver des sponsors. C’est assez frustrant quelquefois. Mais que nos matchs soient désormais retransmis à la télévision est clairement une très bonne entrée. »

Alors qu’est-ce qui pousse une adolescente à vouloir choisir le rugby ? « Ce que je trouve particulièrement enrichissant dans le rugby, c’est l’amitié, la solidarité que l’on y trouve. C’est la raison qui m’a incitée à choisir ce sport. Il honore la différence, qu’elle soit culturelle, sociale, physique. Les membres de notre équipe proviennent d’origines très diverses, et ça se voit sur la photo. Nous avons des tailles, des gabarits et des poids très divers, et c’est la richesse de ce sport, la différence et la communion d’esprit à la fois. » Mais il y a bien sûr l’appartenance au mythe suprême du rugby, les All Blacks. « C’est un grand honneur de faire partie de la famille mythique des All Blacks. Les joueurs masculins sont incroyables, ils nous soutiennent beaucoup dans nos matches. » Si le jeu à sept redéfinit les standards du rugby par une tout autre gestion de l’espace à conquérir, le rapport surface-nombre de joueurs génère un style de jeu ultraphysique, rapide et audacieux. Et en performance, les femmes n’ont rien à envier aux hommes. La différence se joue ailleurs pour Sarah Goss : « L’esprit de camaraderie est peut-être plus fort entre joueuses femmes. Nous partageons beaucoup, sur le terrain, mais surtout en dehors. C’est un vrai moteur qui nous donne envie de nous entraîner six jours sur sept. »

Cristina d'Agostino

RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE EN CHARGE DE BILAN LUXE

Lui écrire

Licenciée en Sciences politiques à l’Université de Lausanne puis spécialisée en marketing et économie à HEC Lausanne en 1992, Cristina d’Agostino débute sa carrière dans l’industrie du luxe, et occupe les fonctions de responsable marketing et communication pour diverses marques horlogères. En 2008, elle décide de changer radicalement d’orientation, et débute une carrière de journaliste. En freelance d’abord, elle collabore aux titres Bilan, Bilan Luxe, Encore, avant d’intégrer la rédaction de Bilan en 2012. Depuis 2012, elle occupe la fonction de rédactrice en chef adjointe et responsable des hors-série Bilan Luxe.

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