Bilan

Sa majesté Victoria

Il y a bien longtemps que les chutes Victoria sont sorties de l’anonymat. L’occasion de redécouvrir une destination splendide qui fait de l’environnement et de la nature sa priorité…
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Ils se sont levés tôt ce matin pour leur dernière sortie sur le Zambèze. Rassemblés près de l’embarcadère, ils sont quinze, entrepreneurs et managers venus d’Espagne, d’Italie, de France et de Suisse. Cette sortie à la « Devil’s Pool » sera inoubliable, ils le savent déjà. Ce n’est pas tous les jours qu’on nage au sommet des chutes Victoria, dans un des plus beaux endroits du monde.

Logée le long des « grandes chutes », cette marmite naturelle permet de se baigner sans risques. On peut y tenir à 16 personnes, le guide est obligatoire. Ces chefs d’entreprise ont eu raison d’aller nager, ils en reviennent chargés d’adrénaline, les photos sont aussitôt sur Facebook.

Si David Livingstone avait eu un appareil photo, il aurait sans doute fait la même chose. L’explorateur écossais cherchait la source du Nil quand il a découvert ce site de « la fumée qui gronde ». A l’époque (en 1855), il n’y avait ni frontières ni pays. Le Zambèze était déjà ce fleuve puissant, refuge d’animaux sauvages qu’il est resté.

Cette région intérieure d’Afrique australe qui fut un temps la Rhodésie est aujourd’hui le point de rencontre de trois pays récents: la Zambie, d’un côté du fleuve, possède un tiers du terrain.

En face, sur l’autre rive, le Zimbabwe est « propriétaire » majoritaire de deux autres tiers du site. Et le Botswana avec ses fabuleuses réserves d’animaux est à une heure de route au sud. Cette partition territoriale et l’histoire récente des trois pays influencent considérablement le tourisme autour des chutes…

Le Zimbabwe a longtemps été la référence des touristes anglo-saxons, mais le très contesté Mugabe a montré le mauvais exemple en plongeant son pays dans une grave crise économique et politique (voir encadré). L’ancienne colonie n’est plus ce qu’elle était.

Depuis que le Gouvernement du Zimbabwe intensifie sa politique d’«indigénisation», les investisseurs se détournent de cette destination mythique. Désormais, chaque étranger qui investit dans le pays doit octroyer 51% de son capital à des Zimbabwéens noirs. La crise du Zimbabwe a rebattu les cartes mais elle a créé aussi de belles opportunités.

Les touristes du reste du monde sont de plus en plus courtisés… Un privilège qui ne se boude pas. « Pour un premier safari, nous conseillons généralement le Kenya ou la Tanzanie voisine. La Zambie et le Botswana sont plus sauvages, plus difficiles d’accès aussi. C’est une destination de connaisseurs et d’amateurs de nature. Cette destination donne la sensation d’un « séjour aventurier » mais avec toute la sécurité et le confort », nous explique Laure Mauron, spécialiste de l’Afrique australe.

Classées par l’Unesco, les chutes Victoria sont un site très protégé. Les nombreux parcs nationaux et réserves animalières nous rappellent qu’ici la première ressource est la nature. En août dernier, l’Agence mondiale des Nations Unies pour le tourisme (155 pays membres) a tenu son assemblée générale aux chutes Victoria.

Cinq mille professionnels venus du monde entier ont fait le déplacement, relançant le référencement touristique du site. L’occasion pour la ville zambienne de Livingstone de rénover son aéroport et de faire bonne figure auprès des étrangers.

Est-ce pour cela que nos entrepreneurs européens ont choisi le Royal Livingstone ? Cet hôtel est le dernier-né des 5 étoiles et le plus important côté Zambie. Inauguré en 2002, sa situation est exceptionnelle.

A seulement 300 mètres du canyon, longeant le Zambèze, on aperçoit la vapeur et la fumée des chutes depuis le jardin. En rentrant le soir, il n’est pas rare de croiser devant sa chambre des zèbres ou quelques singes. Les animaux vivent en liberté dans le parc de cet hôtel où tout invite au voyage.

6 h 30, le soleil est déjà haut

Après le survol des chutes en hélicoptère hier, aujourd’hui, c’est safari. Direction Chobe, au Botswana. Dans ce parc national réputé, le safari se pratique soit sur l’eau depuis un bateau, soit en 4x4 dans les terres.

Dans tous les cas, la faune africaine est au rendez-vous: nous verrons des hippopotames, éléphants, buffles, girafes et antilopes… Et chance ce jour-là : un guépard fait la sieste, la paupière lourde dans un arbre. Le groupe rentre fatigué mais ébloui.

Parmi les vestiges de la colonisation britannique, il y a, côté Zambie, le train à vapeur. Ce train des années 1930 est à lui seul un voyage dans le voyage. Vingt à l’heure dans la savane, dîner aux chandelles, verres en cristal et moquette épaisse.

La plate-forme arrière accueille les fumeurs au coucher du soleil. C’est l’Orient-Express en version africaine. Les enfants nous saluent en souriant le long de la voie.

Pourquoi se sent-on à ce point en paix, dans un environnement pourtant sauvage et où les consignes de sécurité sont omniprésentes ? « L’Afrique australe a conservé cette culture du service, ce sens de l’hébergement et l’expérience du tourisme que les Anglais lui ont transmis. Le mélange des deux cultures africaine et anglo-saxonne fonctionne ! » commente encore Laure Mauron.

Dans un monde de plus en plus standardisé, les chutes Victoria offrent tous les privilèges d’une destination historique et « nouvelle ».

 

Nivez C Photoa
Catherine Nivez

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, j’ai migré en Suisse et à Genève ou je vis et travaille désormais sur ma nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, j’ai signé une série d’articles pour le quotidien suisse-romand Le Temps et travaille désormais pour BILAN où je tiens la rubrique mensuelle « Santé & Nutrition ».

Vous pouvez aussi me retrouver sur mes blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs que je côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS mon nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

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Xavier Casile, le pubard de la Suisse

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