Bilan

Ras el Khaïmah et ses 1001 nuits

Au fil des ans, le Petit Poucet des sept Emirats arabes unis s’offre une place dorée sur TripAdvisor. Sa myriade de paysages séduit avec ses mangroves luxuriantes, ses oasis fertiles et son désert couleur terre cuite. Faucons, dunes ensablées, danseuses du ventre et camelccino, voici l’Orient conté façon Shéhérazade.

  • Le fort de Dhaya fait face au désert et aux montagnes. Cette forteresse se situe à une vingtaine de minutes de la capitale. On couple cette visite avec une croisière sur une boutre, un voilier arabe traditionnel en bois.

    Crédits: Dr
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  • Ras el Khaïma possède la plus longue tyrolienne du monde, longue de 2,2 kilomètres. La région n’abrite plus que 35% de Bédouins, mais leur style de vie fait encore rêver. L’Hôtel Al Wadi Desert, Ritz Carlton Partner (en haut à droite) s’inspire de leurs tentes.

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Il était une fois le désert. L’histoire de cette région remonte à 7000 ans et pourrait commencer ainsi. Encore aujourd’hui, le vent soulève le sable qui s’étend à perte de vue sur la route qui relie en moins d’une heure Dubaï la tumultueuse à Ras el Khaïmah. A la fois émirat et capitale, ce Petit Poucet de la fédération (en même temps le plus septentrional) borde le détroit d’Ormuz et le sultanat d’Oman.

Il s’est largement développé au cours des dernières années pour satisfaire la demande d’un tourisme devenu frileux depuis les attentats de Tunisie et d’Egypte. Ainsi, des chantiers ont poussé comme des champignons sur le sable de cette oasis paisible et sécurisée. En peu de temps, une cinquantaine d’hôtels ont ouvert tout le long des 64 kilomètres de sable blanc. Une infrastructure prête à offrir un farniente revigorant le long de son magnifique panorama côtier. Les objectifs sont clairs: l’Emirat, encore confidentiel, vise 2,5 millions de visiteurs en 2025. Ses aspirations ambitieuses restent pourtant loin derrière les 16,7 millions de visiteurs internationaux qui ont foulé le macadam de Dubaï l’an dernier.

Après une excursion en 4x4 ou une balade sur le dos d’un chameau sur les dunes de sable, on immortalise le coucher du soleil depuis le camp de Bédouins tout en dégustant un barbecue local. (Crédits: Dr)

Entre culture et nature

En marge des multiples activités balnéaires, l’immensité de l’étendue désertique qui borde la capitale se découvre d’octobre à mars, la période la plus douce, lové à l’arrière d’une Jeep. Le chauffeur habillé de la kandura, cette robe longue très bédouine, dégonfle ses pneus avant de zigzaguer sur les dunes ondulantes. La technique est connue et pourtant les gros pneus s’enlisent dans le sable. Au moment où l’on se croit définitivement perdu dans un silence bouleversant, d’autres véhicules 4x4 surgissent au loin. Au bout de ces vastes plaines sableuses, le soleil tire sa révérence. Chacun remonte dans sa voiture. Le guide émérite enchaîne les raids sur la piste devenue alors rectiligne. Direction un camp de Bédouins où le café sera servi le nez dans les étoiles après de savoureuses brochettes de mouton grillées à la braise. Au son des tambours, un danseur en robe colorée entame les mouvements proches de ceux des derviches tourneurs. La tanoura est une danse rotative hypnotisante. D’origine égyptienne, elle se pratique aussi dans l’Emirat.

Pendant le spectacle, certains se laissent séduire par l’exotisme d’une chicha, cette pipe à eau qui se fume à plusieurs. Avachi au milieu de coussins moelleux, le guide aborde quelques règles de bienséance : « Ici, l’hospitalité est reine. La chèvre ou le mouton finit sur le gril lorsque l’on reçoit des invités. Mais il faut connaître les codes du savoir-vivre. Par exemple, on ne sert le café qu’à la moitié de la tasse. La remplir entièrement serait une manière de faire comprendre à son invité qu’on rêve de le voir partir. De même, pour lui faire savoir que l’on fatigue, on ne baille pas : on chuchote. Dans les deux minutes qui suivent, l’invité, s’il est un minimum éduqué, se lèvera pour rentrer chez lui. »

Camelccino

Le lendemain, au petit-déjeuner, entre les dattes et les oranges, on hésite sec. « Tout est bon dans le chameau », lâche le serveur surpris par notre réticence. On accepte finalement d’agrémenter notre café de lait de chamelle. Les Bédouins vivaient autour des rares points d’eau et se déplaçaient sur ces bêtes qui sentent la présence d’eau à des kilomètres.

Dans le désert, son lait se retrouve en multiples produits dérivés : yaourt, glace, crème ou encore camelccino, la version locale du cappuccino. Sa viande finit en brochette ou saucisse. Tandis que ses os et sa peau décorent demeures et meubles. Ses poils sont effilés puis tressés et servent à la fabrication de tapis. Si ces chameaux « all in one » coûtent en moyenne 1500 francs suisses, ceux que l’on destine à la course rendent le porte-monnaie fou. Les Emiratis se passionnent pour ces concours qui se tiennent principalement en hiver et sont prêts à débourser des sommes oscillant le million.

On rejoint l’imposante chaîne de montagnes du Hajar qui compte le plus haut sommet des Emirats arabes unis, Jebel Jais. Bien harnaché, on s’envole (jusqu’à 150 km/h!) sur la plus longue tyrolienne du monde certifiée par le Livre Guinness des records. On reprend ses esprits à l’atterrissage sur une plateforme transparente suspendue en l’air. Les moins téméraires opteront pour les sentiers de randonnée ou un pique-nique en plein air avec, en guise de panorama, le flanc de la montagne.

Avec sa vue sur la mer et la chaîne de montagnes, le fort Dhayah reste le site archéologique le plus visité. Construit en briques de terre cuite, il date du XVIe siècle. C’est là qu’en 1819 la population protégée par le cheikh Hassan Bin Ali de Rams s’était réfugiée dans l’enceinte avant que celui-ci ne capitule face aux envahisseurs britanniques. Ce pan d’histoire se clôt au Musée national de Ras el Khaïmah qui a servi de résidence à la famille régnante. Il abrite aujourd’hui ses trésors archéologiques.

Faute de gaz ou de pétrole, le gouvernement de cet émirat – dont le nom signifie « le toit de la tente » en langue arabe – mise sur l’héritage culturel pour attirer le touriste en quête d’authenticité. Et pourtant, la tradition séculaire côtoie modernité et opulence avec des centres commerciaux taille XXL et des infrastructures hôtelières exubérantes. Après une croisière en mer à bord d’un boutre, ces embarcations traditionnelles de la péninsule arabique aussi appelées dhows, on croise une luxueuse voiture garée dans le port maritime. De quoi donner le mot de la fin à notre guide qui s’amuse : « Chez nous, les femmes policières roulent en Lamborghini, car elles ne manipulent pas bien les 4x4 ! » Logique.


Y aller

Les visiteurs peuvent prendre un vol Emirates au départ de Genève jusqu’à l’aéroport international de Dubaï, à moins d’une heure de route. Vous pouvez également essayer Seawings, une expérience en hydravion qui propose une visite des vastes paysages de Ras el Khaïmah. L’aéroport de Ras el Khaïmah propose des vols charters et réguliers. www.emirates.com et www.seawings.ae

Y loger

(Crédits: Dr)

Al Wadi Desert, Ritz Carlton Partner Hotel, des villas inspirées de tentes bédouines avec piscines privées et un spa, qualifié de « meilleur du Moyen-Orient » par le magazine « Condé Nast Traveller ». Il offre un parcours hydrothermal avec 16 étapes combinant les thérapies européennes aux essences et pratiques asiatiques. Une expérience zen dans un luxueux établissement construit comme une oasis en plein désert. Les 101 villas du complexe sont disséminées entre les dunes de sable. www.ritzcarlton.com

Eileen Hofer
Eileen Hofer

JOURNALISTE ET CINÉASTE

Lui écrire

Née en 1976 à Zurich. Études en Lettres. 2003: Post-grade en histoire du cinéma. A travaillé comme attachée de presse pour deux festivals de film. Depuis 2005, elle travaille comme journaliste et cinéaste. Elle lance un blog éphémère eileenexpresso.com en juin 2015. L'occasion de croquer ses voyages, raconter ses rencontres.

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