Bilan

Quatre espoirs romands du hippisme qui assurent la relève

En 2016, chaque jeune champion suisse vit non loin du lac Léman, dans un mouchoir de poche entre Vandoeuvres et Saint-Prex. Rencontre avec quatre passionnés, charmants et talentueux.
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  • Alan Allache

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  • Edouard Schmitz

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  • Morgane Dassio

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Léon Pieyre

14 ans, champion de Suisse catégorie children

Le terrain de jeu de Léon se mérite: à quelques pas de la frontière franco-suisse, près de Jussy (GE), l’écurie familiale de La Renfile s’atteint après avoir traversé des bois par de bucoliques petites routes. Là, dans ce grand espace préservé et abrité, la maman de Léon dirige les écuries où s’entraîne le jeune champion, cinq ou six fois par semaine et par tous les temps, grâce à la grande halle couverte. C’est d’ailleurs sa mère qui lui a transmis le virus des chevaux, ainsi qu’à sa sœur aînée: «Dès 5 ou 6 ans, j’allais regarder ma mère (concours de cross) et ma sœur monter. J’ai eu mon premier poney à 9 ans, elle s’appelle «Top Ginger» et mesurait 149 cm au garrot!», dit Léon, qui continue en expliquant que dans l’activité, il aime l’animal en lui-même. «Dès 2 ou 3 ans, tu es à l’aise, dit-il, ce qui est génial dans ce sport c’est qu’on a jamais fini d’apprendre!»

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Léon obtient son brevet pour participer aux concours à l’âge de 9 ans, il commence à monter un cheval vers 11 ou 12 ans et, en septembre 2016 à Sion, il est devenu champion de Suisse de la catégorie children. «Le jumping est la discipline qui, en étant à cheval, m’a le plus attiré. C’est très physique avec des obstacles à franchir de 120 ou 130 cm», et monter à ce niveau, en étant à l’école tous les jours jusqu’à 15 h 30 plus deux week-ends de concours par mois de février à novembre, «demande beaucoup d’organisation», dit-il.

«J’aimerais continuer le sport et les études jusqu’à l’université, termine-t-il, puis me donner à fond dans les chevaux. Des fois à l’école, j’ai du mal à ne pas y penser!»

Alan Allache

16 ans, champion de Suisse catégorie poney

En fin d’après-midi, la nuit tombée, Alan fait plaisir à voir après avoir monté deux chevaux de l’écurie de ses parents, à Saint-Prex (VD): le sourire radieux du champion de Suisse 2015-2016 catégorie poney ne le quittera pas une seconde durant l’heure de notre rencontre.

Son histoire reflète le dévouement absolu des parents, éducateurs, pour la passion de leurs deux enfants: le papa, qui raconte avoir acquis la propriété pour permettre à sa fille de jouir de sa passion, explique qu’avant cela il avait peur des chevaux! Alan, lui, a toujours aimé le rapport aux animaux, chats, chiens et chevaux. Il débute à 4 ans sur un poney shetland, et participe à son premier concours de saut à l’âge de 7 ans. Il explique que le cheval, pour lui, «est plus un ami… Avoir du plaisir et sentir que le cheval en a aussi. On voit vite quand ils sont fatigués, ou qu’on les saoule!», dit-il. En parlant d’amis, Alan raconte qu’aux concours il entretient des amitiés dans toute l’Europe, où l’ambiance est bonne. 

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Etre champion de Suisse a un coût, et Alan invoque lui aussi une bonne organisation pour avoir du succès à tous les niveaux: «Me lever parfois à 5 heures, faire mes devoirs ou monter à cheval une heure avant de prendre le train pour aller à l’école; 2015 a été une grosse année avec l’entraînement pour le concours européen, la préparation d’examens pour passer d’une école privée à l’école publique, les répétitions d’un opéra et mes cours de saxo…», dit-il. Car Alan est espoir suisse et homme-orchestre. Et il prend du plaisir à tout faire.

Edouard Schmitz

17 ans, champion de Suisse 2015-2016 junior

L’écurie de Crête, à Vandœuvres (GE), est pratiquement l’arrière-cour d’Edouard Schmitz. Le grand et fin jeune homme habite juste à côté du lieu où il s’entraîne. La trajectoire qui le conduit au jumping, dès l’âge de 9 ans, est amusante: «J’étais un footeux, et après un autogoal – il s’amuse de son faux pas – j’ai dû choisir un sport à faire en été», explique-il. Il se met donc à l’équitation et fait en parallèledu ski, qu’il pratique aussi à haut niveau. Mais la compétition à skis exigeant beaucoup d’entraînement, Edouard dut choisir entre les deux disciplines. 

A l’école, il étudie en particulier la physique et l’application des maths, et «à force, l’aspect technique (de l’équitation) était la seule chose qui m’intéressait». Il pense que cette activité aide beaucoup dans la vie, qu’on n’a aucune chance si on ne s’entraîne pas tous les jours. «Ce sont de longues journées, mais cela ne me dérange pas.» Dans la coordination et la mobilité, on doit être bon», continue celui qui est depuis 2015 champion de Suisse de sa catégorie, et «qu’il est pas mal important d’avoir un parcours académique». C’est la raison pour laquelle Edouard désire aller étudier l’ingénierie mécanique à l’EPFZ après sa maturité, continuant par ailleurs à s’adonner à sa passion du cheval.

Morgane Dassio

19 ans, championne de Suisse catégorie jeunes cavaliers

La championne 2016, catégorie jeunes cavaliers, est une amie d’Edouard Schmitz qu’elle côtoie à l’écurie de Crête (VD), mais elle est bien plus petite: la très jolie jeune femme mesure 162 cm et l’éclat de ses yeux aussi bien que son attitude trahissent une immense énergie. Morgane est en dernière année de gymnase à Lausanne, dans une classe réservée aux sportifs d’élite, et grâce à tous ses après-midi libres elle peut monter, tous les jours, cinq chevaux! Se maintenir à niveau et travailler pour obtenir la maturité, «c’est beaucoup de sacrifices, et le plus dur est d’être régulier». 

Grâce à des parents cavaliers, Morgane commence l’équitation à 3 ans et participe aux championnats d’Europe à poney. «C’étaient beaucoup d’émotions très jeune. Le travail ne me fait pas peur, le nombre d’heures non plus», continue celle qui aujourd’hui souhaite devenir cavalière professionnelle. Sa passion, comme celle de tous les espoirs rencontrés, est aussi alimentée par sa relation avec l’animal: «Il faut six mois pour établir une bonne relation avec un cheval», ajoutant qu’elle apprécie aussi tous les amis qu’elle s’est faits dans le milieu. «J’aime bien donner des conseils, aider les autres.» C’est elle, d’ailleurs, qui a entraîné Edouard pour son premier concours. Où il tomba (rires de concert).  

Henry Plouïdy

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