Bilan

Quand les millennials roulent au vintage

Le rêve automobile des plus jeunes ne traduit plus le besoin de liberté mais doit exprimer un style. Le vintage a la cote auprès de la génération Y.
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  • La Porsche 356 Speedster : les originales étant devenues hors de prix, les amateurs se rabattent sur des kits bricolés sur des châssis de VW.

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  • L’entreprise américaine Zelectric transforme des Volkswagen Coccinelles ou bus des années 50 et 60 en voitures électriques.

     

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Consommateurs idéaux chouchoutés par les marques, les « millennials », n’ont pour la plupart que peu d’intérêt pour le monde des voitures, objets qu’ils assimilent au XXe siècle, et donc au passé. La propriété d’une de ses machines ne les enchante guère. Contrairement à leurs aînés de la génération X (les 40-55 ans), ils ne rêvent plus de passer leur permis dès 18 ans et ne considèrent pas la chose comme synonyme de liberté, tout au plus comme un objet utilitaire servant à se déplacer d’un point à un autre.

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Le besoin de possession n’est plus aussi marqué chez les 18-25 ans, puisque leurs trajets quotidiens s’effectuent majoritairement en transports publics.

De moins en moins de permis délivrés

De 1994 à 2010, la proportion de conducteurs âgés de 18 à 24 ans passant leur permis de conduire a baissé de 71 à 59%, alors qu’elle est en moyenne de 81% chez les adultes. Une chute qui s’est encore accélérée au cours des cinq années suivantes. En France, l’âge moyen des acheteurs de voitures neuves s’élève aujourd’hui à 55 ans.

Lire aussi: Voitures de collection: et si vous vous y mettiez? 

Un désamour spécialement marqué dans les milieux urbains et parmi les jeunes issus des classes moyenne à haute. Le « bleu » a perdu son statut de rite de passage vers l’âge adulte.

Difficile de leur donner tort: la chose est objectivement polluante, encombrante et surtout statistiquement dangereuse. D’ailleurs, le futur de ce type de transport terrestre pointe déjà le bout de son nez : il sera électrique, autonome et à partager. Dans moins d’une décennie, les ventes de voitures individuelles pourraient donc baisser, la jeune génération préférant la voiture en location libre ou à emprunter en cas de besoin, facile à réserver à l’avance sur des sites de car sharing.

Les jeunes préfèrent les vieilles

Faut-il pour autant en déduire que cette nouvelle génération se soit totalement désintéressée des quatre-roues ? Pas tout à fait. Paradoxalement, un type d’automobile trouve grâce aux yeux de ces jeunes : les vieilles! Entendez par là voitures de collection, vintage, historiques, voire young timers. Au point que la cote de certains véhicules pourtant courants dans les années 1970 et 1980 s’envole.

Pour beaucoup, ce n’est pas la passion pour l’automobile mais l’aspect esthétique qui attire en premier lieu, au même titre que le retour en grâce des barbiers d’antan ou du mobilier seventies. Par extension, la mouvance s’étend également aux vélos, motos et autos, ramenant les aïeules pétaradantes au goût du jour. Et c’est un loisir que la génération Z aime partager. Il n’est pas rare aujourd’hui de trouver des groupes d’amis se cotisant pour se payer un seul véhicule qu’ils exhibent ensuite sur internet, les comptes Instagram ou Tumblr. 

Façonner le vintage à la mode électrique

Une tendance qui a même généré ses propres stars, à l’exemple de Magnus Walker. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais cet Anglais au look décalé – longues dreadlocks et tatouages – vivant à Los Angeles compte des centaines de milliers de followers sur les réseaux sociaux. Après avoir fait fortune dans le prêt-à-porter, il s’est lancé dans la restauration et la modification de Porsche 911 des années 1960 et 1970. Des centaines de fans l’attendaient lors d’une récente visite en Suisse.

Certains ont flairé dans ce mouvement un filon commercial, à l’exemple du Californien David Bernardo. Basée à San Diego, son entreprise, Zelectric, transforme des Volkswagen Coccinelle ou bus des années 1950 et 1960 en voitures électriques. Achat du véhicule de base compris, ses réalisations se négocient autour de 60 000 dollars. Mais pour ce prix, votre vieille Cox atteint les 160 km/h pour zéro émission. Au point que certains collectionneurs n’hésitent plus à lui confier leurs Porsche de la même époque, autrement plus précieuses. 

Jorge S.

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