Bilan

Quand le luxe craint l’écrin

Les écrins ajoutent une plus-value à l’objet. Bagues, montres ou boucles d’oreilles sont autant d’objets précieux qu’il convient de protéger à l’achat. Pour les clients soucieux de préserver la planète, peu d’autres solutions alternatives existent.

  • Cet écrin vise à permettre aux montres mécaniques d’être en mouvement même en voyage, contraitement à un écrin traditionnel.

    Crédits: Marc Gysin
  • Crédits: Dr
  • La gainerie requiert de nombreuses compétences, de la couture à la menuiserie en passant par le travail du cuir.

    Crédits: Dr

Qu’importe la robe ! Que regarde-t-on ? L’écrin qui contient le diamant ? » disait Georges Feydeau. N’en déplaise à cet écrivain français, l’écrin a bel et bien une importance. En effet, selon Watchbox, le prix d’une montre de luxe peut perdre entre 100 et 5000 dollars sans sa boîte d’origine. D’autant plus que certains marchés raffolent d’emballages à haute valeur ajoutée. Pourtant, à l’heure où la durabilité devient une norme, difficile de justifier l’achat d’écrins en polyester traités et fabriqués en Asie. Dès lors, de grandes marques horlogères discutent de l’avenir de ces boîtes nées pour protéger et sublimer leurs créations. Or, la compétitivité oblige les fabricants à se fournir au-delà des frontières suisses. Un gainier neuchâtelois témoigne : « Il y a une pression sur les prix »… avant de glisser : « Souvent, les écrins sont fabriqués ailleurs.» Un autre expert du milieu confie qu’un même écrin peut coûter entre 10 et 40 francs suivant le volume produit.

Un savoir-faire ancestral

Vaudaux est une haute gainerie située à Vernier, dans le canton de Genève. Tous types d’écrins et d’objets de décoration sont fabriqués dans les ateliers pour les maisons du luxe ou pour les particuliers. « On a coutume à dire que l’écrin, c’est le metteur en scène, mais le film et les acteurs restent les produits », confie Philippe Belais, directeur de Vaudaux. Il ajoute : « Notre travail est de mettre en scène ce produit. » Si, comme beaucoup de sous-traitants, cet acteur du luxe est voué à s’effacer au profit de la marque, il conserve ses valeurs. Sa société produit des matériaux comme du bois, des fibres de carbone, du tissu ou encore du cuir. « Notre travail est aussi d’utiliser des matières qui vont dans le sens d’une écologie améliorée », rappelle Philippe Belais. Sa chargée de communication, Pia de Chefdebien, ajoute : « Plutôt que d’avoir des fûts en plastique, nous en avons trouvé en fibre de coco. »

Les clients ont l’embarras du choix puisque le sur-mesure est de mise : « 60% au minimum de l’objet est fabriqué à la main», affirme le patron de Vaudaux. Par contre, lorsqu’il s’agit de durabilité, les complications s’invitent. Une collection spéciale pousse les horlogers à demander une boîte gainée dans un cuir spécifique. La tendance du cuir végane, par exemple, est vite passée. « Car quand on regarde la fiche technique de ce matériau, il y a du maïs ou de l’ananas. Et pour solidifier tout cela, il y a quand même 47% de polyester », ironise le patron de Vaudaux.

Et le local ?

« La main-d’œuvre représente 85% du prix coûtant », lance Philippe Belais. Pour des écrins fournis avec les montres, les horlogers tendent à s’approvisionner à l’étranger. Vaudaux compte une usine en Thaïlande et en développe une autre en Espagne. Une nécessité lorsque la concurrence y est présente. L’un des acteurs suisses qui parvient à rester local est Swiss Kubik. La société fabrique des boîtes rotatives, dans lesquelles les montres automatiques sont maintenues en mouvement. « Nous travaillons dans une usine à Fribourg et nos fournisseurs sont dans un rayon de 50 km, ce qui limite l’empreinte carbone », affirme Christophe Hubert, CEO de l’entreprise. Quant aux matières, les efforts paient. « Nos Travelbox ont des finitions en rPET – matériaux 100% recyclés – et possèdent des batteries rechargeables. Ces petits efforts montrent le chemin, mais il reste encore long. »

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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