Bilan

Plongées en Indonésie: l’effet «Waow»

L’entrepreneur valaisan Michel Deville a construit une luxueuse goélette traditionnelle qui promène les plongeurs expérimentés entre Bali et l’île de Florès. Récit, de retour de douze jours de voyage.
  • Plongée dans le Parc national de Komodo, en mer de Florès, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

    Crédits: Auscape/UIG via Getty Images
  • Danse avec une raie manta dans la Manta Alley.

    Crédits: Dr
  • Le dragon de Komodo ne se rencontre que sur quelques îles d’Indonésie.

    Crédits: Dr
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Deux jours de mer suffisent pour que la vie bascule harmonieusement dans le monde de la plongée. La communication se réduit à quelques mantras: Plonger. Manger. Dormir. Vérifier. Vérifier. Vérification finale…

Prêt. Un, deux, trois, go... 

Et nous bwasculons dans le bleu, entraînés vers le fond.

Volupté sur la passerelle

Nous sommes un petit groupe de plongeurs embarqués sur ce bateau suisse baptisé Waow (pour Water Adventure Ocean Wide), quelque part au fin fond du Parc national de Komodo, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Waow est la version cinq étoiles d’un Phinisi, la goélette traditionnelle indonésienne qui naviguait entre les îles aux épices au XVIIe siècle.

C’est aussi une expérience de mer et de plongée à couper le souffle, comme son nom le suggère. Imaginez les élégantes courbes d’une coque de 60 m de long, fabriquée à partir de poutres massives et couleur chocolat noir des bois durs de la jungle de Bornéo, couronnée par des mâts de 42 m qui déploient assez de voiles pour couvrir un terrain de football, et avec un pont suffisamment grand pour que Roger et Stan the Man y disputent un tie-break (lire aussi l’encadré page suivante).

Sous la houlette d’Andrew Laughlin, le volubile directeur des opérations de Waow, un équipage de 22 Indonésiens prend soin de tous nos besoins. Absolument tous. Chichis minimums. Perfection continue. Les déjeuners, comme les dîners, comptent trois plats avec vin et autres plaisirs de la table. Les cabines ont la taille de chambres d’hôtel.

Plonger. Manger. Dormir. Rêver. 

Emerveillement sous l’eau

Nous effectuons une croisière de 12 jours sur 720 km de périple pour découvrir les fonds les plus riches en biodiversité de la planète et rencontrer les fabuleux dragons de Komodo, mangeurs de buffle, une des dernières espèces de la grande faune qui peuplait la terre. Comme ces anciens reptiles, le système de récifs et ses dizaines de milliers de formes de vie ont survécu aux derniers âges glaciaires et autres catastrophes planétaires.

Nous sommes dans le triangle du corail, l’équivalent océanique de la forêt pluvieuse amazonienne, là où les grands océans Indien et Pacifique se rencontrent; une région aussi connue comme la «ceinture de feu», abritant la plupart des volcans en activité du monde.

En 1854, Alfred Russel Wallace, le naturaliste, pionnier et explorateur britannique, a écrit  à propos de son observation de 6 mètres d’eau dans le port d’Ambon dans l’est de l’Indonésie: «C’était un spectacle à contempler pendant des heures, et aucune description ne peut rendre justice à sa beauté et son intérêt sans égaux.»

Oh, comme Alfred Wallace aurait aimé se joindre à nos bulles dans cette métropole grouillante de raies mantas, de requins corail, de poulpes, de vierges coraux mous et durs, de poissons perroquets à bosse, de tortues, de seiches, de mollusques sans coquille évoquant le surréalisme d’une toile de Dali, d’hippocampes pygmées, de poissons scorpions, de poissons vaches, de thons, de maquereaux, de serpents de mer, de murènes et de tout ce compte le casting du film Le monde de Nemo.

Notre groupe de plongée comprend deux employés de Google, un philosophe écrivain indien et deux banquiers suisses. Pour la plupart, c’est leur deuxième ou troisième voyage sur Waow. Le deuxième jour, certains ont déjà réservé leur prochaine croisière de plongée. 

L’heure de pointe

Comme la plupart des plongeurs le savent, il y a les bonnes plongées, les grandes plongées et, si vous êtes vraiment chanceux, les plongées spéciales. Le septième jour, nous plongeons deux fois à Manta Alley, parmi des escadres d’immenses raies mantas. Ces danseuses de ballet des profondeurs, atteignant dans certains cas des envergures de 4 mètres, glissent gracieusement au-dessus de nos bulles dans 10 mètres d’eau.

Manta Alley est une station de nettoyage, et c’est l’heure de pointe. Les petits labres nettoyeurs nagent au rythme des branchies et de la bouche des raies pour se nourrir de parasites, de peaux mortes, de bactéries et de mucus. Les mantas reçoivent un traitement de soin cinq étoiles, les labres obtiennent un succulent repas, et nous observons avec un émerveillement pétillant les bulles depuis le fond sablonneux.

Ici, les superlatifs perdent leur sens après quelques plongées. La meilleure description que nous pourrions trouver pour nos pèlerinages quotidiens vers ce monde divin, grouillant de vie bizarre et merveilleuse, serait:«Un lieu de culte.»  

Bilan était invité par «Waow»

Gary Littman

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