Bilan

Peter Stas présente son nouveau bébé

Après la revente de Frédérique Constant, Peter Stas lance MMT, un fournisseur de modules électroniques pour connecter des montres mécaniques traditionnelles.

Discrets, les modules de MMT communiquent leurs données à une appli du smartphone.

Crédits: Dr

C’est un créateur qui aime les défis . Voilà vingt-cinq ans, Peter Stas lançait Frédérique Constant avec la Heart Beat. Il y a dix ans, il inaugurait sa manufacture à Plan-les-Ouates (GE). En 2016, il fait naître Manufacture Mobiles Technologies. MMT, c’est le «spun-out» de Frédérique Constant, l’unité qui a développé les montres connectées du groupe dévoilées au printemps 2015 et qui a été extraite de la vente à Citizen au printemps dernier. «L’activité software a été sortie et est désormais basée au Skylab à Plan-les-Ouates. Nous avons reconstruit une équipe, en partant du CEO et désormais 12 personnes composent l’équipe MMT», explique Peter Stas.

Si Frédérique Constant tout comme Alpina et Ateliers de Monaco (les deux autres marques du groupe) sont passées en mains japonaises, Aletta et Peter Stas restent aux commandes du navire pour cinq ans au moins. Mais MMT, leur nouveau bébé, sera piloté par Philippe Fraboulet : «Les actionnaires de la société sont les mêmes que ceux qui ont été au sein de Frédérique Constant Group, dont moi et ma famille, avec des actionnaires minoritaires», précise Peter Stas.

Mêmes actionnaires, mais activité nouvelle: certes, MMT s’appuie sur l’Horological Smartwatch de Frédérique Constant, en reprenant notamment le calibre connecté 285. Mais l’innovation est déjà à l’œuvre avec l’arrivée de deux nouveaux modules. Le 281, d’un diamètre de 24,7 mm, vise spécifiquement des modèles féminins.
Le 282, plus grand, abrite une batterie conférant à la smartwatch une autonomie de quatre ans.

Ancien de Siemens, de Philips et du CERN, Philippe Fraboulet n’entend pas positionner MMT en concurrent des marques horlogères mais en partenaire et fournisseur. Certes, comme il le rappelle, Peter Stas est «à la fois actionnaire de MMT et son premier client en tant que dirigeant de Frédérique Constant». Toutefois, la nouvelle structure n’entend pas être exclusive: si le lien est maintenu avec Frédérique Constant, d’autres clients ont déjà confirmé leur intérêt comme Mondaine, Movado et Ferragamo.

La connectivité est dans le boîtier

Pas question cependant d’imiter l’Apple Watch ou d’autres montres connectées. Avec les modules MMT, la connectivité s’intègre dans un boîtier de montre mécanique traditionnelle. «Nous pensons qu’en plus d’être amusante et cool, la technologie doit être belle et élégante. Nous voulons que l’innovation aide à améliorer la qualité de la vie», professe Philippe Fraboulet. D’où ces modules discrets qui ne se voient pas sur le cadran de la montre avec un écran tactile, mais qui communiquent avec une application du smartphone.

Pour MMT, la clé réside justement dans ce lien qui relie une montre-bracelet avec son module connecté et les applications d’un smartphone. Avec une série d’applications différentes regroupées dans un univers commun. Les solutions Gym, Analytics et Password rejoignent ainsi MMT-365: suivi de l’activité piétonne, du sommeil, coach sportif personnalisé, sauvegarde des mots de passe et même mesure de précision de la montre mécanique (via une pince à accrocher au bracelet). A terme, le module pourra même prévenir celui qui le porte de la réception d’un message ou d’un appel, via un son ou une vibration.

De quoi ouvrir une nouvelle page pour l’horlogerie suisse: celle de fournisseurs qui ne seraient plus limités à la production de pièces, mouvements et cadrans pour des modèles mécaniques, mais qui exploreraient la complémentarité du savoir-faire traditionnel avec les fonctionnalités des solutions connectées.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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