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Pelé : « Aujourd’hui, l’origine d’un joueur, son ethnie et le reste ne comptent plus »

Beaucoup de choses ont changé depuis que Pelé portait un short et le numéro 10 dans le dos. Beaucoup, mais pas tout: il trouve toujours que le football abat les frontières et rapproche le monde. Mark van Huisseling

Né en 1940, Pelé a été champion du monde à trois reprises (1958, 1962, 1970) avec la sélection brésilienne.

Crédits: Dr

Votre surnom est « O Rei » (le roi). Le roi de qui ? Des joueurs, des supporters ou du Brésil ? 

On dit que je suis le roi du football.

A l’époque où vous jouiez, les clubs formaient une sorte de tribu. Aujourd’hui, les joueurs viennent du monde entier et de multiples cultures. Reste-t-il toujours ce sentiment de communauté ou de tribu ?

C’est vrai que lorsque je jouais pour Santos (le Santos Futebol Clube, de Santos, ville portuaire de l’Etat de São Paulo, où il a joué de 1956 à 1974), nous ne comptions qu’un joueur étranger dans le cadre. Aujourd’hui, l’origine d’un joueur, son ethnie et le reste ne comptent plus. Et c’est bien ainsi.

Pourquoi ?

Parce que cela rapproche les gens. Dans un club de football, des joueurs de divers pays et avec des références culturelles complètement différentes ont tout à coup le même objectif: cela les unit.

On constate une évolution analogue dans les équipes nationales: des joueurs arrivés dans un pays avec leurs parents sont vite naturalisés s’ils sont des footballeurs d’exception qu’on souhaite avoir dans son équipe.

Oui, c’est vrai, c’est aussi une évolution. Cela n’arrivait guère quand je jouais pour la Seleção (l’équipe nationale du Brésil). Mais on ne peut pas revenir en arrière. Lors de la Coupe du monde 1958 en Suède, la première à laquelle j’ai pris part, nous jouions la finale contre le pays hôte. Nous n’avions aucune idée de cette équipe et ne connaissions pas le moindre joueur. De nos jours, ce serait impensable (à l’époque, Pelé avait 17 ans, le Brésil l’emporta par 5 à 2 et remporta la coupe). Mais je tiens à le dire : c’est mieux aujourd’hui, le monde est devenu plus petit, on s’est rapprochés parce qu’on se connaît.

Les supporters, à leur tour, se limitent de moins en moins aux frontières nationales: Manchester United a beaucoup de supporters en Chine et l’équipe nationale brésilienne en compte dans le monde entier. Comment cela se passait-il de votre temps ? Le Brésil a-t-il compté des supporters suédois ?

Très peu, je suppose. Comment un amateur de football aurait-il pu suivre en Suède les matches de la Seleção ? Seuls les progrès réalisés dans les télécommunications l’ont rendu possible (les matches de la Coupe du monde 1958 furent les premiers à être diffusés dans les cinq continents). On dit souvent que le football rassemble des gens de diverses nations. En fait, ce n’est pas juste: ce sont bien plus les canaux de communication, la TV avant tout, qui le font.

Pour les finales de championnats du monde ou d’Europe ou de la Champion’s League, il n’y a plus guère de supporters dans les stades. Les billets sont chers et nombre de spectateurs sont les invités des entreprises sponsors. Cela vous dérange ?

Ma foi, ce n’est pas la faute de la FIFA ni de l’UEFA si, dans les pays pauvres, beaucoup de supporters ne peuvent pas se permettre d’accompagner leur équipe aux rencontres internationales. C’est triste, mais c’est un problème de société, un très gros problème.

Que souhaitez-vous à l’équipe nationale du Brésil lors des prochains événements, la Copa América de cette année et la Coupe du monde 2022 ?

Que notre jeune et nouvelle équipe réalise un beau résultat à la Copa América qui se déroule cette année au Brésil. Et qu’elle puisse ainsi aborder la prochaine Coupe du monde renforcée, pleine d’assurance.


(Crédits: Dr)

Rencontre au sommet chez Hublot

Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento, 78 ans, est l’un des plus grands footballeurs, pour ne pas dire le plus grand sportif de tous les temps. Né dans une petite ville de l’Etat de Minas Gerais, cet attaquant reste à ce jour le plus jeune joueur à avoir remporté une Coupe du monde, celle qui s’est déroulée en Suède en 1958: il avait alors 17 ans. Ricardo Guadalupe, CEO de Hublot, disait lors d’une manifestation de la marque à Paris, qu’il faudrait une soirée entière pour compter les titres, les distinctions, etc. que ce footballeur, qui a longtemps joué au FC Santos et représenté le Brésil lors de quatre Coupes du monde, a obtenus. On se limitera donc à ces chiffres: durant sa carrière, il a disputé 1125 matches et marqué 1091 buts (0,97 par match).

Lors de la manifestation citée ci-dessus, en avril, il a rencontré pour la première fois l’attaquant français Kylian Mbappé qui, aux yeux des connaisseurs, est peut-être actuellement le meilleur joueur du monde. Mbappé et Pelé sont ambassadeurs de Hublot. L’an dernier, Mbappé a remporté la Coupe du monde de football avec l’équipe de France. Il avait 19 ans et portait sur son maillot le même numéro que naguère Pelé, son modèle: le 10.

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