Bilan

Omega et les J.O. scellent une union centenaire

Les patrons de Swatch Group, d'Omega et du Comité olympique reviennent sur 85 ans de chronométrage sportif inégalé.

Le CIO et Omega prolongent leur partenariat olympique mondial jusqu'en 2032. 

Crédits: CIO

La précision du pistolet de départ d’un 100 mètres, la caméra photo-finish capable d’enregistrer 10'000 images par seconde, le chronométrage au millionième de seconde, «voici des exemples de notre contribution aux athlètes», lance Nick Hayek, CEO de Swatch Group. Le 15 mai a eu lieu, au Musée Olympique de Lausanne, l’annonce de la prolongation, jusqu’en 2032, du partenariat entre Omega et le Comité International Olympique (CIO). «A l’heure où on observe une démobilisation dans nombre de domaines, les J.O. représentent une aspiration pour tout un chacun, observe Nick Nayek, un esprit qui puise ses sources dans les valeurs positives d’il y a 100 ans, tout en gardant sa capacité à s’adapter, à se réinventer et à attirer les jeunes générations.»

L’actuel contrat court de 2012 (J.O. de Londres) à 2020 (J.O. de Tokyo). Ce partenariat, qui remonte à 1932, aurait représenté pour Swatch Group des investissements considérables. Nick Hayek ne les chiffre pas, mais concède qu'ils peuvent avoisiner le milliard de francs sur dix ans. Dans le cadre de ce partenariat, les flux d'argent «vont dans les deux sens», précise le CEO de Swatch Group. 

Cela fait 85 ans qu’Omega, maison dont les origines remontent à 1848, assure sans faillir sa mission de chroniqueur officiel olympique. C'est en 1986 qu'Omega a atteri dans le giron de SMH (ex-Swatch Group), l'entreprise créée par feu Nicolas Hayek suite au sauvetage et à la fusion de deux groupements de fabricants de montres.

«Omega a joué un rôle indispensable dans l’histoire des Jeux Olympiques, rappelle le président du CIO, Thomas Bach, médaillé d’or d’escrime en 1976 aux J.O. de Montréal. On ne peut imaginer les Jeux sans les services d’Omega. En prolongeant le partenariat, nous témoignons notre confiance dans la capacité d’innovation d’Omega, qui méritera sans doute en 2032 la médaille d’or du meilleur chronométreur de tous les temps!»

Tous les sports sont concernés

En 1932, le Comité olympique cherchait un chronométreur officiel pour ses jeux de Los Angeles. Omega fut choisi. Le 18 août 1932, une lettre officielle du directeur technique des J.O. félicitait l’horloger suisse pour le sans faute de cette édition. Cette attestation, exhibée au Musée Swatch, le sera désormais aussi au Musée Olympique. Depuis 1932, ce sont 27 Jeux Olympiques qui ont été assurés par la marque phare de Swatch Group. Cette fiabilité est soulignée par Raynald Aeschlimann, CEO et président d’Omega, qui était présent aux Jeux de Rio durant l'été 2016: «C’est un peu comme s’il fallait chronométrer 28 championnats du monde de manière simultanée, témoigne-t-il. Et tous les jours, nous devions être parfaits, prêts à résoudre tout problème éventuel, collecter et transmettre sans faille les données nécessaires aux sportifs et au public.»

Pour Nick Hayek, «c’est la manière dont nous mesurons une seconde qui va certainement changer à l’avenir», ajoutant que «tous les sports vont nécessiter des innovations, et notamment ceux qui exigent un chronométrage par transpondeur». La voile, l’athlétisme, figurent parmi nombre de sports exigeants en termes de chronométrage. Le domaine du photo-finishing (nombre d’images par seconde destinées à vérifier avec un maximum de précision l’ordre de passage de la ligne d’arrivée) offre également un potentiel certain. La sécurité des données et de leur transmission en tout temps, elle aussi, constituera un défi.

Interrogé sur son éventuel soutien à la candidature de Sion pour les J.O. d’hiver de 2026, Nick Hayek a précisé que son entreprise n’a pas vocation à s’associer à des villes. «Omega ne peut participer au processus de sélection. Pour demeurer un chronométreur crédible, nous ne nous mêlons pas du choix d’une ville. Mais personnellement, je vous dis volontiers tout le plaisir que j’aurais pour la Suisse et pour le Valais, si les J.O. s’y déroulaient ».

Alors que les trois prochains Jeux Olympiques auront lieu en Asie (Corée du Sud (hiver) en 2018, Tokyo (été) en 2020, et Pékin (hiver) en 2022), le gardien du temps des athlètes, lui, restera bel et bien à Bienne (BE).

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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